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Racisme et maltraitance : « On ne voit pas ça tous les jours, on interviendrait »

Des femmes tiennent un portrait de Joyce Echaquan.

Les manifestants ont demandé que justice soit rendue relativement à la mort de Joyce Echaquan, cette femme autochtone de 37 ans décédée dans des circonstances troubles lundi à l'hôpital de Joliette.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le PDG du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière, Daniel Castonguay, assure que la communauté soignante du Centre hospitalier de Lanaudière est « consternée » par ce qu’elle a entendu dans la vidéo tournée par Joyce Echaquan, morte sur son lit d’hôpital.

La totalité des gens à qui je parle depuis les dernières 72 heures sont consternés, trouvent inacceptables les propos qu’ils ont entendus. Ils sont à la même place que la population. Tout le monde s’unit pour dire qu’on ne voit pas ça tous les jours, on interviendrait, avance M. Castonguay en entrevue mercredi à l’émission Tout un matin.

Vous comprendrez qu’il n’y a personne qui voit ça dans son quotidien

Daniel Castonguay, PDG, CISSS de Lanaudière

La femme atikamekw de 37 ans, qui laisse dans le deuil sept enfants, est morte dans des circonstances troubles lundi. Avant son décès, elle s’est filmée sur son lit d’hôpital. La vidéo rend compte de propos racistes tenus à son égard par du personnel soignant. La tragédie a soulevé une vague d’indignation depuis.

Une infirmière a été congédiée et une enquête se poursuit pour déterminer si d’autres membres du personnel sont à réprimander. Nous sommes à colliger l’ensemble des données pour voir quelles sont les actions que l’on prendra ultérieurement au cours des prochaines heures et des prochains jours, a également indiqué Daniel Castonguay.

À savoir si le syndicat défend l’infirmière renvoyée, le PDG du CISSS fait valoir que : notre syndicat est à la même place que toute la population, il a entendu les bandes comme nous.

« On n’avait pas ce genre de plainte »

Depuis la mort de la mère atikamekw de la communauté de Manawan, des voix s’élèvent pour dénoncer le racisme systémique dans les services publics au Québec, mais plus précisément à l’hôpital de Joliette.

Lors d’une vigile tenue mardi soir à la mémoire de Joyce Echaquan, des participants autochtones ont raconté des expériences de racisme et de mauvais traitement vécus dans l’établissement.

Notamment, la directrice du centre d’amitié autochtone de Lanaudière, Jennifer Brazeau, rapporte en avoir beaucoup entendu parler. [L’hôpital de Joliette] voudrait le présenter comme un cas isolé, ce ne l’est pas, lance-t-elle en parlant du décès de Joyce Echaquan.

Interrogé sur ces dénonciations, Daniel Castonguay soutient avoir pris connaissance des témoignages qui ressortent depuis le décès de la femme autochtone. Je les ai entendus comme vous et c’est très inquiétant. On n’avait pas ce genre de plainte. On est d’accord que c’est sournois, on l’a vu dans les médias, a-t-il déclaré.

Il y a des plaintes qui nous arrivent parfois d’attitudes et comportements, et peuvent venir de notre centre hospitalier et on agit à chaque fois, c’est pas nécessairement ciblé sur la communauté de Manawan. (...) Maintenant de dire que systématiquement lorsque c’est quelqu’un qui vient de la communauté que ça se vit à l’hôpital de Joliette, non pas du tout, et on a aussi dans nos équipes des gens très humains, axés sur la communauté, explique le gestionnaire. 

Il annonce toutefois des travaux de concert avec la communauté atikamekw de Manawan. Ce partenariat qu’on veut mettre, c’est de s’assurer qu’on vit bien les deux communautés ensemble et que les gens ne sentent aucun effet qui soit, peu importe de quelle ethnie ils proviennent.

Pour leur part, les libéraux réclament la démission de la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours, en lien avec la gestion de cette affaire.

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