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Justice pour Joyce, ont scandé les Autochtones à Joliette

Une femme tient le portrait de Joyce Echaquan et une chandelle.

Quelques centaines de personnes ont tenu une veillée à la chandelle en l'honneur de Joyce Echaquan, mardi soir, près de l'hôpital de Joliette, où cette femme autochtone est décédée dans des circonstances troubles.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une foule d’environ 350 à 400 personnes est venue se recueillir mardi soir devant le Centre hospitalier de Lanaudière, à Joliette, au lendemain du décès d’une Atikamekw. Les personnes présentes ont rappelé au gouvernement de François Legault qu’elles en avaient assez de l’injustice vécue par les Autochtones.

Fini le racisme, justice pour Joyce, justice pour les peuples autochtones, ont scandé les participants à la vigile tenue devant l’hôpital où est décédée tragiquement Joyce Echaquan lundi.

Ils étaient venus de partout au Québec, des gens de différentes nations et des Québécois, pour rendre un dernier hommage à la jeune femme et pour témoigner leur soutien à la famille éplorée.

Politiciens, artistes ou simples citoyens, ils tenaient à être présents pour signifier leur ras-le-bol.

Merci à Joyce

Plusieurs personnes ont pris la parole, dont Viviane Michel, la présidente de Femmes autochtones du Québec. J’interpelle les gouvernements, le gouvernement Legault, qui dit qu’il n’y a pas de racisme au Québec, voilà un bel exemple et on ne veut plus que ça se reproduise.

Vivian Michel s’est aussi permis de dire merci à Joyce [Echaquan] parce que c’est le début, dit-elle, à dire non, fini le racisme! Elle interpelle le gouvernement et les élus en leur demandant de faire le ménage qui s’impose.

La mère de Joyce s’est également adressée à la foule, elle a demandé que ça s'arrête, faisant référence au racisme qu’a subi sa fille avant de mourir.

Je suis souvent venue ici, dit une des participantes à la vigile, Desneiges Petiquay, en faisant référence à l’hôpital de Joliette. Ça fait plusieurs années que je ne viens plus parce qu’il m’est arrivé des affaires ici.

Elle raconte qu’un jour, alors qu’elle était à l’urgence, on a tenté de lui injecter de la méthadone en la traitant de droguée, alors que je n’ai jamais pris de la drogue.

Des personnes tiennent une banderole sur laquelle on peut lire : Justice pour Joyce.

Des gens ont manifesté pour demander justice mardi après la mort de Joyce Echaquan, cette femme autochtone décédée dans des circonstances troubles à l'hôpital de Joliette. Une infirmière a notamment été congédiée.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans la foule, plusieurs personnes ont des histoires du genre à raconter. Directrice du centre d’amitié autochtone de Lanaudière, installé à quelques rues de là, Jennifer Brazeau en a elle aussi entendu beaucoup. [L’hôpital de Joliette] voudrait le présenter comme un cas isolé, ce ne l’est pas, dit-elle en parlant du décès de Joyce Echaquan.

Elle salue le courage de cette dernière, qui a voulu se filmer pendant un moment de détresse, ça a mis une lumière sur quelque chose que plus personne ne peut nier.

Ce n’est pas la première fois que le racisme tue, précise le chanteur innu Florent Vollant, qui tenait à être présent lors de cette veillée aux chandelles pour exprimer sa solidarité. Il faut le dire, c’est un meurtre. On a assisté à une mort.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Colère et indignation suite à la mort d’une femme autochtone

Ça ne s’arrêtera pas là

De mon vivant, c’est la première fois que je vois une mobilisation aussi rapide du côté des nations atikamekw et innue, dit Michèle Audette, l’ancienne commissaire de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Elle aussi a fait la route pour apporter son soutien et dénoncer une situation devenue intolérable.

Le député fédéral du Bloc québécois, Gabriel Ste-Marie, a rappelé qu’il y a tout juste un an la commission Viens déposait son rapport et ses 142 recommandations.

Il a demandé justice en précisant que ça ne prend pas juste des enquêtes de pacotille qui vont être tablettées encore une fois. Il faut que ça change, il faut que ce drame soit le dernier, ça n’a plus sa place du tout.

Amnistie internationale et la Ligue des droits et libertés étaient également sur place pour offrir leur soutien à la famille et aux Atikamekw.

Outre la vigile tenue à Joliette, des Anichinabés, des Innus et d’autres nations ont eux aussi organisé des événements dans leur communauté pour dire non au racisme.

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