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Une femme autochtone meurt à l'hôpital de Joliette dans des circonstances troubles

La patiente a mis en ligne une vidéo sur Facebook dans laquelle elle demande de l'aide avant de mourir.

Une femme dans un lit d'hôpital.

Joyce Echaquan s'est filmée avec son téléphone cellulaire et a lancé des appels à l'aide, en direct sur Facebook.

Photo : Facebook

Radio-Canada

Des membres de la communauté atikamekw de Manawan sont inquiets du traitement réservé à une femme qui est morte à l’hôpital de Joliette lundi, peu de temps après s’être filmée en direct sur Facebook. Dans sa vidéo, elle déclare avoir été surmédicamentée.

Selon des proches de Joyce Echaquan, une femme atikamekw dans la mi-trentaine, la patiente est morte après que le personnel médical eut tenté des manœuvres de réanimation cardiaque.

Peu de temps auparavant, elle avait activé son cellulaire, elle l'a mis en direct, explique Reginald Echaquan, un cousin de Joyce. Elle criait, elle demandait qu’on vienne la chercher parce qu'on était en train de la droguer.

Dans la vidéo diffusée en direct sur Facebook, Mme Echaquan appelle à l'aide à maintes reprises. Venez m’aider, ils me droguent, dit-elle. On peut l'entendre crier et prononcer des mots inintelligibles.

Vers la fin de la vidéo, des infirmières ou des préposés viennent au chevet de Mme Echaquan. On va s’occuper de toi parce que tu n'es pas capable de t’occuper de toi, dit l'une d'entre elles.

Un autre s'en prend à Mme Echaquan et tient des propos dégradants et racistes à son égard.

T'es épaisse en câlisse, peut-on entendre de la part d'un membre du personnel de soutien.

Des amis et des proches de Mme Echaquan ont assisté à la scène sur Facebook et ont pu enregistrer la vidéo. Depuis, la séquence a été partagée sur plusieurs comptes.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Une femme autochtone meurt à l'hôpital de Joliette dans des circonstances troubles

Pamela Dubé Ketish, qui était de passage à l'hôpital en même temps que Mme Echaquan, sa cousine, raconte avoir entendu les cris de Joyce. Elle dit avoir été en état de choc en apprenant son décès.

Joyce avait des problèmes cardiaques, explique Pamela Dubé Ketish. Elle disait qu'on lui avait donné beaucoup de morphine.

Joyce Echaquan était traitée au Centre hospitalier de Lanaudière, à Joliette, depuis samedi pour des problèmes d'estomac, selon sa cousine. Après avoir passé un moment sur une civière, dans un couloir, elle a été amenée en salle d'isolement, affirme-t-elle.

Joyce avait un état de santé fragile, son cœur était fragile, dit de son côté Reginald Echaquan. Son mari disait qu’elle ne devait pas prendre de morphine à cause de son cœur.

C’est inacceptable, ce qui s’est passé, renchérit Evangeline Bellemare, qui est très proche de la famille Echaquan.

En direct sur Facebook, Mme Bellemare a suivi le fil des événements. C’est elle-même qui a fait la vidéo, elle disait qu’elle était surmédicamentée. Elle avait une réaction allergique à la morphine. Les minutes qui ont suivi, c’est là qu’elle est décédée, dit-elle.

Le conseil de bande « outré »

En soirée, le conseil de bande de Manawan a réagi et était outré : Nous en avons assez de vivre du racisme auprès des services publics. Personne ne devrait être traité ainsi. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour que ces gestes ne soient plus jamais commis. J’offre mes condoléances aux familles et aux proches de notre consœur partie trop tôt, a déclaré le chef Paul-Émile Ottawa, par voie de communiqué.

Le mari de Joyce Echaquan et son beau-frère doivent se rendre à l'hôpital de Joliette lundi soir. Ils ont avisé la Sûreté du Québec et la police de la communauté atikamekw de Manawan.

De son côté le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a déclaré via Twitter que les événements choquants entourant la mort tragique de Joyce Echaquan doivent faire l'objet d'une enquête approfondie et complète.

Joyce Echaquan était mère de 7 enfants.

Dans une déclaration transmise par courriel, le CISSS de Lanaudière dit d'abord offrir ses condoléances à la famille et aux proches de Mme.

La Direction a été informée aujourd'hui de la situation et si ce qui nous est rapporté est vrai, c'est inacceptable. Nous devons faire enquête afin de faire la lumière sur les événements survenus au cours de la journée et prendre les mesures nécessaires selon les résultats de l'analyse, ajoute Pascale Lamy, directrice des affaires institutionnelles et des relations publiques du CISSS.

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