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Feux en Amazonie : le Cacique Raoni dénonce les « mensonges » de Bolsonaro

Le chef autochtone Cacique Raoni est assis sur une chaise dans ses habits traditionnels.

Le Cacique Raoni dénonce les déclarations qu'a faites le président Bolsonaro devant l'Assemblée générale de l'ONU mardi.

Photo : Getty Images / AFP / Carl de Souza

Agence France-Presse

Le Cacique brésilien Raoni Matuktire, un des défenseurs les plus emblématiques de la forêt amazonienne, a vivement critiqué samedi le président brésilien Jair Bolsonaro, qui avait accusé les Autochtones d'être à l'origine des incendies qui dévastent une partie de l'Amazonie.

Le président d'extrême-droite a provoqué une controverse mardi lors d'un discours devant l'Assemblée générale annuelle de l'ONU.

Défendant son bilan environnemental, il a déclaré que les incendies qui ont détruit d'importantes portions de la forêt tropicale ont été provoqués par des fermiers autochtones ayant recours à des techniques traditionnelles de brûlis itinérants.

Les environnementalistes, qui assurent de leur côté que les incendies ont pour objectif de dégager des terres pour la puissante agroindustrie brésilienne, se sont empressés de réfuter les déclarations du président Bolsonaro

Ils ont été rejoints par le chef de 90 ans Raoni Metuktire, du peuple Kayapo, connu pour voyager dans le monde entier pour tenter de sensibiliser aux menaces pesant sur l'Amazonie.

Jair Bolsonaro a déclaré à la télévision que les indigènes incendiaient la planète. C'est un mensonge, les agriculteurs sont ceux qui provoquent les incendies, a affirmé Raoni à des journalistes lors d'une visite dans la ville de Sinop pour un examen médical, selon le site G1.

Quelques agriculteurs endommagent la forêt, la nature. Ce sont eux qui mettent le feu à la planète, a ajouté le Cacique.

Le chef indigène est la dernière personnalité en date à accuser le président brésilien de tordre la réalité dans ses discours, dans lesquels il minimise le plus souvent les dommages provoqués à l'Amazonie en assurant que le Brésil est la victime d'une brutale campagne de désinformation.

Le pays est confronté à une vague de déforestation depuis la prise de fonction de M. Bolsonaro en janvier 2019. Durant la première année de son mandat, la déforestation a progressé de 85,3 % avec un record de 10 123 kilomètres carrés, soit l'équivalent du Liban.

Pour l'année en cours, le rythme est en repli de 5 %, même si le nombre d'incendies a augmenté pour sa part de 12 %, avec un total de 71 673 départs de feux recensés.

Au sud de l'Amazonie, le Pantanal, une des plus importantes régions humides dans le monde, a également été victime de nombreux incendies cette année, avec pas moins de 16 119 départs, un record alors que l'année n'est pas terminée, détruisant plus de 10 % des zones humides.

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