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Au Brésil, l'exploitation minière menace les terres autochtones de déforestation

Des travaux de construction dans la forêt amazonienne.

Quelque 160 000 kilomètres carrés de terres autochtones protégées dans l'Amazonie pourrait disparaître en raison de l'exploitation des ressources, selon une étude menée par des chercheurs de l'Université de Sao Paulo.

Photo : afp via getty images / Nelson Almeida

Radio-Canada

Une proposition du gouvernement brésilien de permettre l'exploitation minière sur les terres autochtones protégées en Amazonie pourrait y entraîner une déforestation sur une superficie plus grande que celle de l’Angleterre, concluent des chercheurs de l’Université de Sao Paulo, dans une étude publiée vendredi dans la revue scientifique One Earth.

Cette déforestation aurait des conséquences directes pour les communautés autochtones, mais elle aurait également des impacts sur l'ensemble de la société. La planète entière serait touchée, a déclaré l'ingénieure en environnement et principale auteure de l'étude, Juliana Siqueira-Gay.

Une déforestation aussi importante pourrait notamment réduire de 5 milliards de dollars par année les profits mondiaux liés aux produits forestiers.

Un projet de loi présenté au Congrès brésilien en février propose d'ouvrir les terres autochtones d'Amazonie aux mines, aux centrales hydroélectriques, aux projets pétroliers et gaziers et à l'élevage.

Malgré les objections des communautés autochtones vivant sur ces terres, ce projet de loi est soutenu par un grand nombre de membres du Congrès, dont les plateformes politiques sont axées sur les industries agricoles et minières.

Les organisations autochtones les plus importantes du Brésil ont déjà contesté cette loi, estimant qu'elle représente un non-respect des normes nationales et internationales qui protègent les droits fondamentaux des Autochtones.

Dans la récente étude, les chercheurs ont examiné ce qui se passerait si tous les gisements minéraux connus de l'Amazonie brésilienne étaient exploités.

L'étude a non seulement déterminé l'ampleur probable de la déforestation, mais aussi les dommages qui pourraient être causés par la création d'usines de transformation, de routes et d'autres infrastructures de transport pour les minéraux.

De tels changements pourraient toucher 160 000 kilomètres carrés de forêt, une superficie plus grande que celle de l'Angleterre.

Par ailleurs, ce projet de loi du Congrès a vu le jour malgré l'existence d'environ 4600 gisements d'or, de cuivre, de minerai de fer et d'autres minéraux pour la plupart inexploités en dehors des territoires autochtones de l'Amazonie, selon le Geological Survey of Brazil.

Il n'est pas nécessaire d'exploiter les terres autochtones protégées compte tenu des ressources disponibles au Brésil en dehors des zones protégées, a affirmé Mme Siqueira-Gay.

Compte tenu des dommages économiques résultant d'une telle expansion à l'intérieur des terres autochtones, cela n'en vaut pas la peine.

Juliana Siqueira-Gay, principale auteure de l'étude

Malgré l'interdiction d'exploitation minière toujours en vigueur sur les territoires autochtones protégés, les grandes sociétés minières nationales et internationales ont, depuis les années 1990, déposé auprès de l'Agence nationale des mines du Brésil des centaines de demandes d'analyse de gisements sur des terres autochtones.

L'étude publiée vendredi recense des activités d'exploitation minière illégales déjà en cours sur 148 territoires autochtones.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a promis d'intégrer les quelque 900 000 Autochtones du Brésil dans l'économie en exploitant les richesses minérales et le potentiel agricole commercial de leurs 462 territoires protégés.

La plus importante organisation autochtone brésilienne, l'APIB, a déclaré que le nouveau projet de loi signale surtout la volonté de servir les intérêts économiques du gouvernement de Bolsonaro.

L'étude de l'Université de Sao Paulo signale également que cette législation ne garantit pas que les communautés autochtones pourraient accorder leur consentement libre, préalable et éclairé sur tout développement sur leurs terres, comme établi par la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Les membres du gouvernement Bolsonaro n'ont pas donné suite aux demandes répétées d'entrevue afin de commenter les résultats de cette étude.

Avec les informations de Reuters

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