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Histoires de femmes, de luttes et de vie

Couverture d'un livre

''Elles se relèvent encore et encore'' est signé Julie Cunningham et illustré par Meky Ottawa.

Photo : Éditions Hannenorak

Si la rentrée culturelle autochtone a été chamboulée par la pandémie de coronavirus, les sorties littéraires, elles, se poursuivent presque normalement avec la publication, ces jours-ci, de plusieurs ouvrages par ou sur les Autochtones, dont Elles se relèvent encore et encore (Les histoires de résilience de femmes autochtones), de Julie Cunningham.

Rita, Linda, Selena, les prénoms sont fictifs, mais pas l’existence de ces trois femmes et des huit autres qu’a rencontrées l’autrice dans le cadre de sa recherche doctorale.

Alors coordonnatrice du réseau DIALOG, le Réseau de recherche et de connaissances relatives aux peuples autochtones, Julie Cunningham souhaitait se pencher sur les réalités spécifiques aux femmes autochtones, des trajectoires qui avaient pu conduire des femmes à l’itinérance ou à en sortir.

En collaborant avec le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or et le Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Julie Cunningham a eu accès à ces femmes âgées de 27 à 60 ans et à leurs histoires à la fois si semblables et pourtant uniques.

Elles ont toutes en commun d’avoir grandi dans des familles qui ont été traversées par les effets des politiques coloniales, que ce soit leur passage dans les pensionnats indiens ou dans des systèmes de protection de la jeunesse, selon leur province d’origine et, pour certaines, leur placement dans des familles non autochtones.

C’est l’effet direct des grandes politiques qui visent l’assimilation et qui se traduisent directement par l’expérience de vie communautaire et le changement radical que ça a causé, explique Julie Cunningham.

Dans le livre, une certaine Monique explique pourquoi elle a voulu livrer son témoignage : Je veux que le cercle vicieux s’arrête. Pour changer le cours des choses, j’ai choisi de prendre la parole et de raconter mon histoire. Je veux qu’un plus grand nombre de gens comprennent pourquoi les femmes autochtones comme moi aboutissent dans la rue.

Assise en cercle à l’intérieur d’un shaputuan, Monique raconte sa vie, ses malheurs, ses souffrances liés à des traumatismes plus grands que sa seule existence : Je sais qu’il y a un lien entre les agressions que ma mère a endurées au pensionnat, celles que j’ai vécues dans ma famille et dans les familles d’accueil, et celles qu’ont subies mes filles. Elle raconte aussi son chemin vers la guérison et ses espoirs.

J’ai voulu replacer leur narration dans un contexte qui fait du sens, qui rend hommage aux pratiques spirituelles, traditionnelles autochtones en matière de guérison, dit Julie Cunningham, d’où l’idée d’imaginer toutes ces femmes ensemble sous la tente traditionnelle qu’est le shaputuan, aux côtés d’une aînée qui leur sert de guide.

Une autre femme, Odette, déclare quant à elle : J’ai vu un thérapeute autochtone qui m’a demandé de réfléchir à une image qui me représenterait. L’image d’un vieil arbre, tout desséché : c’est ce qui m’est venu à l’esprit. C’est là qu’un déclic s’est produit. C’est à ce moment-là que j’ai décidé qu’il fallait que ma vie change.

L’histoire que raconte Odette, tout comme les récits des autres intervenantes, résonneront chez les femmes autochtones, mentionne l’autrice. C’était d’ailleurs un de ses objectifs, celui de permettre aux personnes autochtones de prendre leur place et de parler de leurs histoires, mais on veut que le livre soit lu par des non-autochtones aussi.

Les illustrations de Meky Ottawa ponctuent l’ouvrage. L’artiste multidisciplinaire a su  « rendre visible la résilience de ces femmes », se réjouit Julie Cunningham.

Publié aux éditions Hannenorak, les profits générés par la vente du livre seront remis au Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or et au Foyer pour femmes autochtones de Montréal.

Toujours chez Hannenorak

Dans la collection jeunesse de Sylvain Rivard intitulée C'est la terre qui m'habille, un septième titre trilingue vient de paraître : La mitaine / The Mitten / Mitcikawin.

L'album jeunesse 8tlokaw8ganal / Légendes de la conteuse w8banaki, signé Nicole O'Bomsawin, avec des illustrations de Sylvain Rivard, fait un tour d'horizon de la mythologie w8banaki. Il sortira le 22 septembre.

Le 6 octobre, la traduction d'un roman de l'autrice crie Dawn Dumont, réalisée par Daniel Grenier, doit paraître sous le titre La course de Rose. On y suit le personnage de Rose Okanese qui, après quelques revers de la vie, décide de participer à un marathon organisé dans sa communauté. Le chaos s'installe toutefois peu à peu après le réveil d'un vieux démon, le Windigo. Dawn Dumont a publié son premier roman, On pleure pas au bingo, à l'automne dernier. Ce dernier a également été traduit par Daniel Grenier.

Le 27 octobre paraîtra le premier ouvrage de Jocelyn Sioui, homme de théâtre et marionnettiste wendat. Dans Mononk Jules, il raconte la vie du militant wendat Jules Sioui d'un point de vue très personnel.

Une couverture de livre avec une photo de son autrice.

L'ouvrage de An Antane Kapesh, la première auteure innue.

Photo : Tirée de la page Facebook de Mémoire d'encrier

La maison d’édition Mémoire d’encrier n’est pas en reste. Le 26 août, elle faisait paraître Qu’as-tu fait de mon pays?  Tanite nene etutamin nitassi? Une fable philosophique d'An Antane Kapesh qui raconte l’histoire de la dépossession des peuples autochtones et les abus du système colonial. L’ouvrage est édité et préfacé par l’autrice Naomi Fontaine. Il a été traduit de l’innu-aimun par José Mailhot.

Autre parution récente, cette fois chez Les Herbes rouges, (Nouvelle fenêtre) Okinum, un texte de théâtre signé Émilie Monnet, qu'elle a monté pour la première fois sur une scène en 2018. Ce spectacle solo doit partir en tournée, cette fois dans sa version anglophone, d'ici quelques mois. Okinum veut dire barrage en langue anishnabemowin et se veut une réflexion sur la notion de nos barrages intérieurs.

Expérience immersive en trois langues, Okinum invite au théâtre un pouvoir cérémoniel. Émilie Monnet s’élève au-dessus du barrage pour célébrer ses ancêtres et la force du rêve qui l’habite. C’est par la mémoire que passe la guérison, peut-on lire dans le descriptif de l'ouvrage.

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