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Brutalité policière : des étudiants universitaires de partout au pays en grève

Une murale sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal sur laquelle on peut lire: «Black Lives Matter. C'est l'temps que ça change».

Le meurtre de George Floyd a ravivé les dénonciations de racisme systémique, y compris au Canada.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Des étudiants universitaires de partout au pays ont décidé de sécher les cours, les 9 et 10 septembre, afin d'exprimer leur soutien au mouvement Black Lives Matter et dénoncer la brutalité policière envers les communautés noires et autochtones du Canada.

Au cours de ces deux journées de grève, ces étudiants, rejoints par les professeurs, chargés de cours, chercheurs et autres employés de différentes facultés au pays, sont invités à participer à un programme de cours diffusés en vidéoconférence, en ligne, par des membres de l’Université de York, de l’Université de Toronto, de l’Université Ryerson ou encore de l’Université OCAD.

La professeure mi’kmaq Bonita Lawrence, l'avocate et activiste mi'kmaq Pam Palmater, l'écrivaine et chercheuse crie Megan Scribe, la professeure émérite de la nation Oneida Eileen Antone et le poète cri Billy-Ray Belcourt figurent au programme.

Au nombre des cours proposés, on retrouve notamment une conférence sur le mouvement 1492 Land Back Lane, dont les manifestants ont récemment érigé des barricades afin de contrer un projet immobilier à Caledonia, en Ontario.

Un autre cours s’intéresse à l'historique des rapports entre les communautés autochtones et les corps policiers, tandis qu’un séminaire s’attarde à la réponse des nations autochtones face au mouvement de résistance des communautés noires.

De Vancouver à Montréal, des facultés ont appelé leurs étudiants à se joindre au mouvement #ScholarStrikeCanada (grève des étudiants canadiens) en assistant aux séminaires, donnés uniquement en anglais. Pour la journée du 9 septembre seulement, la plateforme a enregistré plus de 30 000 vues, selon Min Sook Li, co-organisatrice du mouvement au Canada.

Le temps de deux jours, nous prenons une pause de notre enseignement et de nos tâches administratives pour organiser des séminaires en ligne sur la brutalité policière et la violence dans nos communautés, dans une perspective à la fois historique et contemporaine, peut-on lire dans la déclaration signée par plus de 1200 professeurs et chargés de cours à travers le pays.

Inspiré d’un mouvement qui a vu le jour aux États-Unis, dans la foulée des grèves des joueurs de la NBA et de la WNBA contre le racisme systémique et la brutalité policière, #ScholarStrikeCanada réclame la fin de la violence policière contre les Noirs et demande de porter une attention particulière à la violence coloniale contre les Autochtones.

Si les États-Unis ont pleuré la mort de Jacob Blake, de George Floyd ou encore de Breonna Taylor aux mains des services de police américains, le Canada a lui aussi son lot de victimes racisées, comme D’Andre Campbell, Rodney Levi, Ejaz Choudry et Chantel Moore.

Les participants au mouvement de grève dénoncent aussi le manque de transparence et de reddition de comptes du côté de la police dans la mort de Regis Korchinski Paquet.

Une jeune femme brandit une pancarte où il est écrit « Defund the police » devant un officier torontois.

Les participants réclament une diminution des fonds accordés aux corps policiers.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Les étudiants et professeurs profitent de ces jours de grève pour afficher leur soutien aux appels de définancement des corps policiers et demandent que « les ressources soient redistribuées aux communautés noires, autochtones, racisées, queer et trans ».

L’appel à l’action inclut le retrait des forces policières sur les campus universitaires et la reconnaissance de la sous-représentation des Noirs et des Autochtones au sein des facultés canadiennes.

Les signataires en profitent pour réclamer la mise en branle d'efforts significatifs pour recruter, admettre [au sein des programmes], retenir et encadrer les étudiants noirs, autochtones et racisés au premier cycle comme dans les cycles supérieurs.

À Montréal, la Faculté des beaux-arts de l'Université de Concordia a décidé de se joindre au mouvement. Ces deux journées sont l’occasion pour nous tous, à Concordia, de réfléchir au racisme systémique et à une façon de travailler mieux, ensemble, pour créer une société plus juste et un avenir plein de réelles possibilités pour tous, estime Anne Whitelaw, doyenne associée de la recherche à la Faculté.

C’est un moment important qui nous permet de poursuivre nos discussions sur le racisme et le rôle essentiel que les universités doivent jouer pour le combattre, ajoute-t-elle.

Des professeurs de l'Université de Montréal, de l'Université McGill et de l'Université du Québec à Trois-Rivières ont aussi décidé de suspendre leurs cours par solidarité.

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