•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Erin O'Toole promet une « approche sérieuse » pour la réconciliation avec les Autochtones

Le nouveau chef du Parti conservateur du Canada veut se concentrer sur le potentiel économique autochtone

Le nouveau chef conservateur, Erin O'Toole, debout derrière un lutrin durant un point de presse.

Le nouveau chef conservateur, Erin O'Toole, a présenté sa première conférence de presse mardi.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le nouveau chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Erin O'Toole, entend tracer une nouvelle voie dans la relation du fédéral avec les peuples autochtones. Une relation qui, selon lui, a été gâchée par le recours des libéraux au symbolisme plutôt qu'à l'action.

Vous allez voir une approche sérieuse de la réconciliation sous [la gouverne d’]un premier ministre O'Toole, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse tenue mercredi.

Je n'ai pas vu une approche sérieuse de la part de M. Trudeau, et ce, malgré une rhétorique optimiste. Je veux voir de l'action et un mouvement positif.

Un proche conseiller d’Erin O'Toole a déclaré que la relation entre la Couronne et les peuples autochtones était une priorité pour le nouveau chef. Le conseiller affirme que l'approche de M. O'Toole dans ce dossier sera basée sur trois principes simples : être présent, écouter et établir un dialogue ouvert.

Erin O'Toole a déjà noué des relations au sein des communautés d'affaires autochtones. Il a également été le seul candidat à la direction du PCC à participer à un entretien avec le chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, dans le cadre de son balado Ahkameyimok.

Au cours de cette discussion de 45 minutes, Erin O'Toole a confié que, pour lui, la réconciliation signifie la participation maximale des Autochtones à l'économie, ainsi qu’une collaboration et un partenariat avec les communautés.

Perry Bellegarde

Perry Bellegarde, chef de l'Assemblée des Premières Nations.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Perry Bellegarde a pour sa part souligné que la volonté de M. O'Toole de participer à son balado en dit long sur son désir d’être présent pour les dirigeants autochtones.

Si le travail d'Erin O'Toole est de rendre la tente bleue suffisamment grande pour inclure tout le monde au Canada, y compris les membres des Premières Nations, alors il doit construire sa relation avec les Premières Nations – comme c’est le cas pour tous les partis [politiques].

O'Toole vante sa relation avec la chef de sa circonscription

Durant l’entrevue entre Erin O’Toole et Perry Bellegarde, celui qui était alors candidat à la chefferie du PCC a évoqué sa relation avec la chef Kelly LaRocca, de la Première Nation des Mississaugas de Scugog Island – la seule communauté autochtone de sa circonscription, Durham – comme exemple de sa volonté d’établir des liens.

Cette volonté semble être un changement par rapport au prédécesseur d'Erin O'Toole, Andrew Scheer, qui n'avait pas de relations étroites avec les douze chefs de sa circonscription de Regina—Qu'Appelle. Il avait aussi été hué lors d'une assemblée des chefs de l'APN après avoir été incapable de dire comment son approche vis-à-vis des enjeux autochtones serait différente de celle de l'ancien premier ministre conservateur Stephen Harper.

La chef LaRocca a confirmé à CBC News qu'elle connaissait M. O'Toole depuis 2012. Elle a décrit leurs interactions comme étant agréables, même si les deux ne sont pas toujours d'accord.

Par exemple, elle affirme avoir lu le programme de campagne de M. O'Toole et conclu qu’il devrait être plus clair quant à ses ambitions pour l'économie autochtone. En concentrant l'économie autochtone en périphérie de la réconciliation, Erin ne m'a pas clairement expliqué comment aborder de nombreux autres problèmes très importants.

La chef LaRocca aimerait voir un plan venant d’Erin O'Toole quant à la façon de traiter la surreprésentation des Autochtones dans les systèmes de justice pénale et de protection de l'enfance, les taux élevés de suicide et de toxicomanie dans les communautés autochtones, le manque d'Internet haute vitesse dans les régions éloignées et le problème du racisme systémique, en particulier au sein de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Dans sa plateforme, Erin O'Toole a déclaré qu'il voulait garantir l’accès à l'eau potable à toutes les communautés autochtones, faire avancer de nouveau les règlements liés aux revendications et aux titres territoriaux, ainsi que s'attaquer au coût élevé de la nourriture dans le Nord.

Mais la chef de la Première Nation des Mississaugas de Scugog Island aimerait voir plus de propositions de la part du nouveau chef du PCC – y compris une proposition visant à donner suite aux 94 appels à l'action issus de la Commission de vérité et réconciliation. Celle-ci qui a été créée sous le gouvernement Harper pour documenter l'histoire et l'héritage du système des pensionnats du Canada.

Pourquoi la relance de l'économie autochtone serait-elle la panacée aux effets intergénérationnels des pensionnats et de toutes les autres politiques coloniales? s’est-elle questionnée.

Je me demande s'il s'agit de poursuivre une économie d'extraction des terres et des ressources […] qui ne servira qu'à aliéner davantage les peuples autochtones à ce qui compte le plus pour eux.

Préoccupé par la déclaration des Nations unies

Erin O'Toole a déclaré qu'il n'était pas un grand admirateur de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), qui établit des normes internationales sur la manière dont les États traitent les peuples autochtones.

Il estime que la Cour suprême a fixé une barre plus élevée sur le devoir de consulter que ce qui est recommandé dans la DNUDPA. L’actuel gouvernement libéral a promis de présenter un projet de loi pour mettre en œuvre la Déclaration au Canada.

La dernière fois qu’un projet de loi d'initiative parlementaire visant à mettre en œuvre la DNUDPA avait été présenté aux Communes, les conservateurs avaient voté contre. Il était par la suite mort au Sénat avant les plus récentes élections fédérales.

À l’époque, la principale préoccupation des conservateurs était l'impact possible d'une clause sur la nécessité d'un consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones afin de faire avancer des projets touchant les ressources naturelles.

Le député néo-démocrate Romeo Saganash.

Le projet de loi C-262 de Romeo Saganash pour le respect de la déclaration de l’ONU sur les droits des autochtones a été bloqué au Sénat.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le chef de l’APN, Perry Bellegarde, a réitéré que l’adoption de la DNUDPA constitue un élément important de la réconciliation. La Déclaration est, selon lui, le meilleur moyen d'équilibrer l'économie et l'environnement afin que les communautés puissent créer des emplois de manière durable.

Il estime que le consentement libre, préalable et éclairé apportera la certitude et la stabilité économiques dans le pays une fois que la Déclaration sur les droits des peuples autochtones sera pleinement approuvée. Mais selon lui l'opposition conservatrice à la DNUDPA n'est pas une pierre d’achoppement lorsqu'il s'agit des relations entre l'APN et le Parti conservateur du Canada.

Le porte-parole conservateur pour les relations entre la Couronne et les Autochtones, Jamie Schmale, a déclaré que la Cour suprême du Canada devrait être l'instance qui définit le consentement libre, préalable et éclairé.

Nous ne sommes pas totalement en désaccord avec la DNUDPA, a-t-il rappelé. Nous croyons que la réconciliation doit avoir lieu. Nous ne pensons pas que quiconque au Canada devrait avoir un droit de veto sur [...] un grand projet d'infrastructure. C'est pourquoi nous demandons une définition de la Cour suprême sur la signification exacte ce qu’est le consentement libre, préalable et éclairé [dans ce dossier].

D’après un texte d’Olivia Stefanovich, CBC.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !