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Les Innus prennent connaissance de l'entente historique avec Rio Tinto

Mine de fer à ciel ouvert de l'Iron Ore à Schefferville, en 1977.

Le site de la mine de l'Iron Ore à Schefferville, en 1977.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Les Innus de Uashat mak Mani-utenam et de Matimekush-Lac John ont commencé à participer à des séances d’information sur la vaste entente survenue avec la minière qui, si elle est officiellement signée, mettrait fin à 70 ans de conflit.

Distribution de dépliants à chaque maisonnée, campagne sur les réseaux sociaux, rencontres en petits groupes ou réunions dans des salles communautaires, les deux conseils de bande tentent de rejoindre le plus d’Innus possible ces jours-ci.

Des rencontres se sont amorcées dans des salles communautaires pouvant accueillir une cinquantaine de personnes, moyennant des règles strictes en raison de la COVID-19. Une première réunion s’est déroulée mardi à Uashat. Une seconde a eu lieu jeudi, à Mani-utenam (15 km à l'est de Uashat).

Vous savez, cette entente ce n’est pas juste : on donne notre consentement [aux activités de l’entreprise], on accepte des excuses et on nous envoie un chèque... Ce qu’on présente à la communauté, c’est le travail de plusieurs années où nous affirmons nos droits, explique Jean-Claude Therrien-Pinette, le chef de cabinet du chef de Uashat mak Mani-utenam Mike Mckenzie.

Cette entente est honorable sur le plan du partage de bénéfices, mais aussi en matière d’emploi, de formation, d’opportunités d’affaires et de protection de l’environnement, précise monsieur Therrien-Pinette.

La signature officielle de cette entente sur 50 ans requiert toutefois, au préalable, des rencontres et des discussions dans chaque communauté pour en expliquer les détails.

C’est un processus de travail qu’on a mis en place pour avoir un dialogue communautaire, souligne le chef de cabinet.

Si l’accord est signé, il mettrait fin à 70 ans de conflit avec la minière ainsi qu'au litige judiciaire amorcé en 2013, qui s’est rendu devant le plus haut tribunal du pays.

Construit au début des années 1950, ce qu’on a appelé le mégaprojet d’IOC comprend de nombreuses mines à ciel ouvert ou des installations industrielles connexes dans les secteurs de Schefferville, Sept-Îles et Labrador City ainsi que plus de 600 kilomètres de chemin de fer entre Terre-Neuve-et-Labrador et la Côte-Nord.

En 2013, les Innus de Uashat mak Mani-utenam, les Innus de Matimekush-Lac John, plusieurs chefs et des conseillers autochtones représentant des familles ont intenté une poursuite de 900 millions de dollars, alléguant avoir été victimes d'expropriation, de politiques discriminatoires, et soutenant être toujours dans l’incapacité de pouvoir jouir librement de leur territoire.

Une entente de type ERA

L’entente négociée avec Rio Tinto-IOC est de type ERA, soit un accord sur les répercussions et les avantages. Depuis les années 2000, ce type d'accord permet aux communautés autochtones d’établir une relation de gré à gré avec les minières.

Les ententes ERA comprennent un dédommagement, mais elles assurent aussi que les communautés autochtones pourront tirer profit des activités d’une entreprise sur leurs territoires traditionnels.

Ces dernières années, quatre ententes de type ERA avec les compagnies Cliff, Tata Steel, ArcelorMittal et Labrador Iron Mines ont par exemple permis aux Innus de Uashat et de Mani-utenam de recevoir des redevances sur le minerai extrait ou d’obtenir un pourcentage des ventes.

D'autres exemples

En 2005, la communauté d'Attawapiskat, en Ontario, a conclu une entente avec la minière De Beers pour sa mine de diamants Victor. Chaque année, 2 millions de dollars sont versés dans un fonds en fiducie.

Les Inuit de la région de Kivalliq, au Nunavut, reçoivent des redevances de 12 % sur les profits nets de la mine d'or de Meadowbank, de la minière Agnico Eagles, ce qui représentait 2,3 millions de dollars en 2011.

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