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Course à la chefferie du PQ : les propositions des candidats aux nations autochtones

De gauche à droite : Sylvain Gaudreault, Paul St-Pierre Plamondon, Guy Nantel et Frédéric Bastien.

De gauche à droite : Sylvain Gaudreault, Paul St-Pierre Plamondon, Guy Nantel et Frédéric Bastien.

Photo : Radio-Canada/La Presse canadienne

Quelle sera la place qu'occuperont les communautés autochtones au Québec advenant la victoire de la formation péquiste? Qui plus est, dans un Québec qui pourrait devenir indépendant?

Entre les propositions sur l'identité et le territoire, celles concernant les enjeux autochtones feront indéniablement partie de la course au leadership du Parti québécois (PQ).

Interrompues en raison de la pandémie, les campagnes des candidats ont officiellement repris en juin, bousculant l'échéancier de la course. Membres et sympathisants pourront participer au vote, par Internet ou par téléphone, du 5 au 9 octobre. Le candidat vainqueur sera annoncé au dernier jour du scrutin.

De l'adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones à la représentativité des Premières Nations à l'Assemblée nationale, voici les propositions des quatre candidats à la chefferie du Parti Québécois.

Sylvain Gaudreault

Pour Sylvain Gaudreault, le dialogue avec les communautés autochtones doit être amorcé bien avant la tenue d'un référendum. Le député de Jonquière, dont le mandat a été renouvelé 4 fois depuis 2007, assure que des discussions ont déjà été lancées.

Une fois élu à la tête du PQ, il entend continuer de préparer le terrain en amont en maintenant le dialogue avec les communautés, tout en poussant pour l'adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones à l'Assemblée nationale.

S'il remporte ses élections, en 2022, Sylvain Gaudreault compte inviter les Premières Nations à corédiger le projet de loi permettant la mise en oeuvre de la Déclaration, en s'inspirant de la Colombie-Britannique.

Ce plan de match doit permettre que tout soit déjà convenu avant d'entamer les démarches menant à la souveraineté, explique le candidat.

Je ne veux pas que ça se fasse en vase clos ou en silo.

Sylvain Gaudreault

Quand le jour sera venu de proposer aux Québécois de devenir un pays, le PQ pourra ainsi présenter un projet élaboré en collaboration avec les Premières Nations, au sein duquel celles-ci auront des leviers pour prendre en charge leur développement, ajoute-t-il.

Toutes ces discussions devront toutefois avoir lieu en gardant une chose en tête : il sera impératif de respecter l'intégrité du territoire du Québec; c'est la condition de base, souligne Sylvain Gaudreault.

Dans un Québec indépendant, il faudra contourner la Loi sur les Indiens, qu'il juge paternaliste, comme le gouvernement provincial a pu le faire par le passé en signant des ententes avec les Cris, les Inuit et les Naskapis, explique le candidat. « Si on condamne la Loi sur les Indiens, qu’on dit que c’est un héritage colonialiste, alors on va s’organiser au Québec pour faire ça différemment. »

Guy Nantel

Du même avis que son adversaire, Guy Nantel juge que la Loi sur les Indiens est une loi rétrograde et totalement paternaliste. Selon lui, elle est directement à la source d’un paquet de problèmes sociaux, de criminalité et de santé chez les Autochtones.

Celui qui a pris une pause de sa carrière d'humoriste pour se lancer dans la course à la direction du PQ entend donc établir un dialogue d’égal à égal entre le gouvernement et les 11 Premières Nations du Québec. Et pour ce faire, Guy Nantel a dans l'idée de conclure avec chacune d'entre elles une entente équivalente à la Convention de la Baie-James ou à la paix des braves.

M. Nantel compte aussi marcher dans les pas de René Lévesque en proposant la création d'un forum parlementaire qui permettrait aux communautés autochtones d'avoir un lien direct avec les élus.

Il faut avoir un forum parlementaire [...] à l'année, et pas juste quand il y a des crises; qu'on se parle de manière permanente.

Guy Nantel

Nous aurons alors la chance de mieux comprendre les enjeux auxquels font face les peuples autochtones tout en [...] leur faisant part de nos attentes, de notre vision du monde et de nos aspirations en tant que peuple qui, comme eux, souhaite accéder à une plus grande autodétermination, explique-t-il dans sa plateforme.

Guy Nantel propose également de faire reconnaître le droit à l'autodétermination interne des Autochtones d'ici en faisant adopter par l'Assemblée nationale, une fois élu comme premier ministre du Québec, la déclaration onusienne sur les droits des peuples autochtones.

Paul St-Pierre Plamondon

Premier candidat à avoir dévoilé une série de mesures à ce chapitre en février, Paul St-Pierre Plamondon veut lui aussi faire adopter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et mettre sur pied un forum parlementaire autochtone au sein de l’Assemblée nationale.

S'il prend les rênes de la province, PSPP compte établir un dialogue de nation à nation; il entend rejeter le régime de tutelle envers les peuples autochtones au profit d'un nouveau régime de partenariat au sein d’un Québec indépendant.

Le candidat, qui avait déjà tenté sa chance lors de la course au leadership de 2016, estime que les communautés autochtones ont tout intérêt à participer à l'indépendance du Québec.

J’ai été le premier à le dire dans la course : la seule solution pour les peuples autochtones, c’est notre indépendance!

Paul St-Pierre Plamondon

Inutile d'attendre que le fédéral intervienne pour modifier la Loi sur les Indiens, a-t-il lancé lors du débat du 26 août; une fois indépendants, les Québécois devront avoir l’honnêteté et la maturité de reconnaître [les communautés autochtones] comme nations, a-t-il ajouté.

Dans sa plateforme, Paul St-Pierre Plamondon explique que chaque nation qui le désire pourrait choisir de se libérer de la Loi sur les Indiens, et ainsi élaborer le régime politique avec lequel elles désireraient vivre leurs relations avec un Québec indépendant.

Concrètement, M. St-Pierre Plamondon s'engage à plaider pour la modification du système électoral, notamment en proposant l'ajout de circonscriptions électorales autochtones. Il promet également de faire de la préservation des langues autochtones l'un de ses objectifs.

Frédéric Bastien

Historien de formation, Frédéric Bastien est d'avis que le racisme systémique n'existe pas au Québec. Rejetant la tendance qu'ont certains, selon lui, à noircir le passé [et] le bilan du Québec sur les questions autochtones, M. Bastien en a contre la désinformation qui dépeint le Québécois en oppresseur terrible.

Rien n'est parfait, insiste-t-il, mais le Québec devrait s’enorgueillir des relations qu'il a entretenues jusqu'ici avec les Premières Nations.

La France a été une puissance coloniale qui a traité avec respect les nations autochtones et nous sommes les héritiers de ça.

Frédéric Bastien

Selon lui, le premier ministre du Québec doit s'inscrire dans une longue tradition, soit celle de traiter les nations autochtones comme des partenaires, dans le respect.

Le candidat est en faveur de l'adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones à l'Assemblée nationale, pourvu que ces discussions se fassent dans le respect de l’intégrité territoriale du Québec. Ça peut être un geste symbolique, ajoute-t-il.

Sous un gouvernement péquiste qu'il dirigerait, Frédéric Bastien veut appuyer l'amélioration de la gouvernance autochtone et faciliter l'offre des services aux communautés. À l'opposé de MM. Nantel et St-Pierre Plamondon, M. Bastien n'estime pas qu'il est nécessaire de créer un forum parlementaire dédié aux Autochtones, l'Assemblée des Premières-Nations du Québec-Labrador assurant déjà ce rôle, selon lui.

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