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Quand la recherche tient compte des jeunes Autochtones

Une jeune Anichinabée de Lac-Simon pêche alors que le soleil se couche.

Les capsules sont une initiative du Comité aviseur jeunesse de la Chaire-réseau jeunesse autochtone.

Photo : Capture d’écran - YouTube / CRJ Autochtones

Gabrielle Paul

Le Comité aviseur jeunesse de la Chaire-réseau jeunesse autochtone a décidé de lancer une série de capsules mensuelles portant sur le bien-être des jeunes Autochtones pendant la pandémie.

Ne pouvant plus poursuivre ses projets habituels en raison de la pandémie de COVID-19, le comité, composé de jeunes Autochtones de quatre nations différentes, souhaitait tout de même remplir son rôle d'éducation et de sensibilisation.

La première capsule mise en ligne pour le mois d’août est intitulée Notre bien-être en temps de confinement.

Certains jeunes du comité y présentent comment le confinement se passe pour eux, le stress que ça a pu leur causer et ce qu'ils font pour se sentir mieux.

Le but des capsules, c'est d'accueillir les autres dans notre monde. C'est une belle plateforme pour transmettre la réalité des jeunes, dit la coordonnatrice de la Chaire-réseau jeunesse autochtone, Véronique Picard, une Wendat de Wendake.

Au début de la pandémie, on se réunissait régulièrement sur Zoom et on s'est rendu compte qu'on prenait de plus en plus de temps pour se demander comment ça allait. On avait le besoin de se parler de ce qu'on faisait pour se sentir mieux, raconte-t-elle.

Le comité a également eu des discussions à propos du slogan ça va bien aller, régulièrement scandé pendant la pandémie.

[Ce slogan] fonctionne seulement si tu es privilégié. Moi, j’ai la chance d’être privilégiée, mais ce n’est pas nécessairement la réalité dans ma communauté, dit Fabienne Théoret-Jérôme, une Anichinabée membre du comité consultatif jeunesse.

Un retour vers le territoire

La capsule du mois d'août commence avec Fabienne Théoret-Jérôme. On peut la voir en forêt en train de pêcher avec ses parents.

J'ai pu aller facilement en territoire pendant le confinement, se réjouit-elle. Ça a rendu mon amour du territoire encore plus grand et j'étais contente de voir ma communauté y retourner de plus en plus.

La coordonnatrice Véronique Picard prend également part à cette première capsule. Elle a, elle aussi, partagé ses moments en territoire.

Pour moi, être en territoire, ça met tout ça sur pause. On sait que [la pandémie] existe, mais ça prend moins de place. Ça permet de revenir à ce qui compte, confie Mme Picard.

À l'Anichinabée Kijâtai Veillette-Cheezo, aussi chargée du montage des capsules, le confinement a permis de passer du temps à l'extérieur, de jardiner et de cuisiner des aliments frais en compagnie de sa mère.

Une fille autochtone et sa mère s'enlacent.

Kijâtai Veillette-Cheezo a passé le confinement avec sa mère.

Photo :  Capture d’écran - YouTube / CRJ Autochtones

Avant la pandémie, je mangeais beaucoup [au] restaurant, dit-elle. Avec le confinement, je cuisine plus. Je sais ce que je mets dans mon corps, ça fait du bien.

Même si les membres du comité ont des perspectives différentes, pour plusieurs, les moments passés dehors et le rire font partie de leur définition du bien-être.

Le rire, c’est très autochtone, constate Fabienne Théoret-Jérôme. Les Anichinabés, on a un humour simple des fois, mais on rit beaucoup. C’est ça aussi la guérison.

Une prochaine capsule portant sur l’identité

Pour le mois de septembre, le comité diffusera une capsule sur l’identité. Le format de cette capsule sera différent de celui de la première, puisqu’il s’agira d’une discussion entre les membres du comité sur leur vision de l’identité.

L'identité, c'est quelque chose de complexe et de fragile, mais c'est intéressant puisqu'on a accès à la perspective de différents jeunes de différentes nations, dit Véronique Picard.

Kijâtai Veillette-Cheezo et Fabienne Théoret-Jérôme ont toutes les deux un parent autochtone et un parent québécois.

Il y avait beaucoup d'émotion [pendant la discussion], affirme Kijâtai Veillette-Cheezo.

La double identité, ça a été difficile pour moi, ajoute-t-elle. Je me sentais toujours comme si je n'avais pas le droit d'être qui je suis.

C’est difficile être autochtone, dit quant à elle Fabienne Théoret-Jérôme. Beaucoup d'entre nous ont des problèmes avec leur identité et avec un syndrome de l'imposteur.

Faut parler de ça, même si c'est difficile. Il faut parler de colonisation. C'est important pour guérir et pour que ça change.

Fabienne Théoret-Jérôme

Je crois que nous avons réussi à déconstruire des préjugés au fil de cette discussion, soutient Véronique Picard.

Cette prochaine capsule sera partagée sur la page Facebook de la Chaire-réseau jeunesse autochtone (Nouvelle fenêtre) au cours du mois de septembre.

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