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Le grand chef de Kahnawake, Joe Norton, est mort

Plan moyen de Joe Norton, devant des arbres.

Joseph Tokwiro Norton a été grand chef de la communauté de Kahnawake de 1980 à 2004 et depuis 2015.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Tête dirigeante de la communauté autochtone de Kahnawake pendant plus de 30 ans, le grand chef Joe Norton n'est plus. Il est décédé vendredi à l'âge de 70 ans.

M. Norton s'est éteint entouré de sa famille vers 20 h 30, a annoncé le Conseil mohawk de Kahnawake dans un communiqué.

Il avait fait une chute, plus tôt dans la journée et avait été transporté dans un état critique à l'hôpital, est-il précisé.

Joe Norton avait connu des ennuis de santé, ces derniers temps, mais il était prévu qu'il se rétablisse complètement. Il avait d'ailleurs repris le travail, tout récemment.

Les détails de ses funérailles seront annoncés ultérieurement.

Autrefois monteur d’acier, Joseph Tokwiro Norton a été membre du conseil de bande de Kahnawake à partir de 1978, puis grand chef de 1980 à 2004, année durant laquelle il a quitté la vie politique pour des raisons personnelles, ainsi que de 2015 jusqu’à maintenant. Il a été réélu par acclamation en 2018.

M. Norton avait fait de l'éducation et de l'entrepreneuriat ses grandes priorités.

Ses qualités de leader et de négociateur ont souvent été saluées. Il a notamment été l'un des récipiendaires des Prix nationaux d'excellence décernés aux Autochtones en 2002, dans la catégorie Service public.

Sous son leadership, Kahnawake a connu une croissance sans précédent dans de nombreux domaines, en particulier le développement économique et la lutte pour restaurer et accroître l'autonomie [de la communauté].

Le Conseil mohawk de Kahnawake, dans un communiqué

Le Conseil mohawk de Kahnawake souligne également que les choix de la communauté n'ont pas toujours coïncidé avec ceux des gouvernements provincial et fédéral, ajoutant que M. Norton en retirait une grande fierté.

Un nationaliste

Plan rapproché de Joe Norton.

Joe Norton en octobre 1999.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Considéré comme un nationaliste mohawk, Joe Norton était en poste lors de la crise d'Oka en 1990. Ses talents de négociateur avaient grandement contribué à mettre fin à la crise.

Dans une récente entrevue à Espaces autochtones, il affirmait être resté traumatisé par l’un des moments charnières de la crise, quand le 28 août 1990, des femmes, des enfants et des aînés tentant de fuir Kahnawake avaient été pris pour cibles par une foule en colère, qui leur a lancé des pierres et des débris. J’étais stupéfait, à en avoir mal au cœur. C’était la preuve de comment les gens peuvent être racistes et horribles, a-t-il dit.

M. Norton est à l'origine de la loi interdisant aux couples mixtes de vivre à Kahnawake, adoptée dans les années 1980 mais appliquée peu souvent. La Cour supérieure du Québec a annulé une partie de la loi en mai 2018, estimant qu'elle enfreignait la Charte canadienne des droits et libertés. Les questions qui font partie intégrante de notre identité n'ont pas d'affaires devant les tribunaux extérieurs, a-t-il rétorqué.

Il y a deux ans, il a refusé plus de 3 millions de dollars du gouvernement du Québec, qui souhaitait acquérir quelque 85 hectares de terres inutilisées en bordure de l'autoroute 30 pour les donner à la communauté de Kahnawake. Il appréciait le geste du gouvernement sortant de Philippe Couillard, le voyant comme un geste de réconciliation, mais il a expliqué que la communauté considérait déjà ces terres comme siennes : Nous n'achetons pas de terres pour régler les griefs fonciers. […] C'est une question de principe.

Plus tôt cette année, M. Norton était des chefs qui ont lancé un appel au dialogue afin de mettre fin aux contestations autochtones le long du réseau ferroviaire du Canada pour dénoncer le projet Coastal GasLink. Des membres de sa communauté ont participé au mouvement en installant une barricade sur les voies du Canadien Pacifique.

Plan moyen de Joe Norton, devant le logo de l'Assemblée des Premières Nations.

Joseph Norton lors d'une conférence de presse à Ottawa, en février dernier.

Photo : Reuters / Patrick Doyle

Également homme d’affaires, Joe Norton a été propriétaire, actionnaire ou consultant dans plusieurs entreprises, notamment dans le secteur du jeu en ligne, surtout après le tournant du millénaire.

Il a fait les manchettes en 2007, quand des fraudes ont été mises au jour au sein d’une entreprise de casinos en ligne lui appartenant. Il a alors assuré que celles-ci avaient été commises avant qu’il n’en fasse l’acquisition et que les employés fautifs avaient été congédiés.

Condoléances des élus canadiens

J’apprends avec tristesse le décès du grand chef de Kahnawake, Joseph Tokwiro Norton qui a servi pendant 30 ans, a écrit sur Twitter le premier ministre François Legault. J’offre mes plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et toute la communauté.

Sur Twitter, la chef de l'opposition officielle Dominique Anglade a offert ses condoléances à la famille. Trente ans au service de sa nation. C'est avec tristesse que j'ai appris le décès du grand chef Joe Norton. Un homme qui a contribué grandement au développement de sa communauté. Sincères condoléances à la famille.

La mairesse de Montréal a également souligné l'apport du chef Norton pour sa communauté. La communauté de Kahnawake et la nation mohawk viennent de perdre un grand homme en la personne de Grand Chef Norton. Joe Norton a été un allié de MTL sur le chemin de la réconciliation, a souligné Valérie Plante.

Mes plus sincères condoléances à la famille et aux amis du Grand chef Joe Norton, ainsi qu’à tous les Kahnawa’kehró: non, a pour sa part commenté le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller.

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