•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les enfants des Premières Nations beaucoup plus à risque d'attraper une maladie respiratoire

Deux enfants autochtones dans une maison. L'un est assis sur un lit de camp, l'autre dans un lit pour bébé.

Dans les quatre communautés visitées par l’équipe du Dr Kovesi, près de la moitié des maisons ne correspondaient pas aux standards canadiens de circulation d’air.

Photo : Reuters / POOL New

Radio-Canada

Une recherche menée par le pneumologue pédiatrique Tom Kovesi auprès d’enfants de quatre Premières Nations du nord de l’Ontario a démontré qu'ils souffrent 16 fois plus de maladies respiratoires que les autres petits Canadiens.

Un texte de Jody Porter de CBC

Tom Kovesi, médecin au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario, peut donc mieux expliquer les causes des maladies respiratoires à ses patients.

Avant la COVID-19, les gouttelettes n’étaient pas un concept bien connu, mais maintenant les gens savent plus ce que c’est, dit-il.

La population a aussi davantage conscience de la contagion dans les endroits fermés et restreints, ajoute le médecin. C’est donc plus facile de comprendre comment les maisons surpeuplées peuvent rendre des enfants malades.

Des recherches sur la santé respiratoire des enfants inuit ont déjà été menées au Nunavut, mais la recherche du Dr Kovesi est la première à se concentrer spécifiquement sur les enfants des Premières Nations.

La santé publique de l’Ontario reconnaît que les logements inadéquats rendent les Autochtones plus à risque de contracter le coronavirus et d’autres maladies telles que l’influenza. Aussi, selon la santé publique de l’Ontario, 40 % des Autochtones qui vivent dans les réserves habitent dans des maisons surpeuplées.

Si vous attrapez l’influenza à cause de l’air, ça peut se développer en pneumonie, explique le Dr Kovesi. Si vous éternuez dans une maison où la ventilation n’est pas bonne, tout le monde dans la maison risque de tomber malade.

Les très jeunes enfants sont particulièrement vulnérables. Chez les Premières Nations du nord de l’Ontario, c’est en moyenne 35 enfants sur 1000 qui développent des maladies respiratoires, mais dans certaines communautés ce nombre atteint 160 sur 1000. Dans le reste de l’Ontario, 10 enfants sur 1000 souffrent de maladies respiratoires.

La surpopulation et la mauvaise qualité de la ventilation sont aussi associées à la bronchiolite, qui peut être fatale pour les enfants, souligne Tom Kovesi.

Dans les quatre communautés visitées par l’équipe du Dr Kovesi, près de la moitié des maisons ne correspondaient pas aux standards canadiens de circulation d’air et seulement 15 % d’entre elles étaient équipées de ventilateurs récupérateurs de chaleur fonctionnels.

Cette étude est importante, croit le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Findler, dont les communautés ont participé à la recherche. Ça permet de documenter la faible qualité de l'air dans nos maisons et j'ai hâte de pouvoir utiliser ces informations pour améliorer les logements dans nos communautés.

Bâtir plus de maisons

Les études réalisées au Nunavut ont démontré que le nombre de maladies respiratoires diminuait de plus de 66 % lorsque le système de ventilation des maisons était amélioré.

D'abord, vous devez construire plus de maisons, ensuite il faut améliorer la ventilation

Dr Tom Kovesi, pneumologue pédiatrique

Le Dr Kovesi espère que la compréhension du public et les efforts gouvernementaux déployés pendant la pandémie pourront contribuer à l'amélioration des infrastructures dans les communautés autochtones. Ça serait tellement merveilleux, dit-il.

Le professeur de chimie de l'Université Carleton à Ottawa, David Miller, abonde dans le même sens. Il ajoute cependant que le type de maisons à construire est aussi à considérer. Spécialiste des contaminants domestiques tels que les moisissures, David Miller a pris part aux recherches menées dans les Premières Nations du nord-ouest de l'Ontario.

Un problème de santé publique énorme

La mauvaise qualité de l'air des maisons est pire que ce que M. Miller observe ailleurs au Canada et dans les Premières Nations, et quand elles sont mauvaises, elles sont pires que ce que nous voyons dans d'autres communautés, a déclaré M. Miller.

C'est un problème de santé publique énorme, dit le professeur Miller. Faire des études et dire qu'il y a un problème, ce n'est pas suffisant.

C'est facile de dire que c'est terrible. Nous devons maintenant comprendre comment bâtir des maisons appropriées pour ces communautés.

David Miller, professeur de chimie à l'Université Carleton

De nouvelles habitations ne peuvent être construites du jour au lendemain, c'est pourquoi l'équipe de recherche du Dr Kovesi tente aussi d'aider les familles autochtones à améliorer leurs maisons actuelles.

L'équipe a, entre autres, conçu des fiches d'information sur la façon de faire fonctionner les systèmes de ventilation et sur la manière traiter la moisissure. Elle a ensuite demandé l'aide des communautés pour les traduire en langues traditionnelles.

Et bien que les résultats de la recherche du Dr Kovesi soient en cours d'analyse, le pneumologue pédiatrique et son équipe ont déjà reçu un prix d’excellence national de Santé Canada.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !