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Obésité : reconnaître les effets du stress et de l'exclusion chez les Autochtones

Une femme regarde la mer qui s'étend devant elle.

« Il y a une forte relation entre le stress, la santé et l’obésité », peut-on lire dans l’étude réalisée par plus d’une soixantaine de médecins et de spécialistes de la santé.

Photo : Getty Images / ozgurdonmaz

Dans ses nouvelles lignes directrices, Obésité Canada insiste sur les spécificités qui peuvent expliquer les problèmes de surpoids dans les communautés autochtones du pays, citant le stress et les inégalités causés par le racisme systémique et les contrecoups de la colonisation.

Dans la mise à jour de ses lignes directrices – une première depuis 2006 –, Obésité Canada plaide pour la reconnaissance de l’obésité comme une maladie et encourage les professionnels de la santé à revoir leur approche.

Contrairement au guide publié il y a 14 ans, celui qui vient de paraître dans le Journal de l'Association médicale canadienne identifie des dynamiques distinctes dans le traitement des problèmes d’obésité chez les Autochtones.

« Il y a une forte relation entre le stress, la santé et l’obésité », peut-on lire dans la publication cosignée par plus d’une soixantaine de médecins et de spécialistes de la santé.

Les causes de l’obésité sont complexes, chaque personne ayant des antécédents qui lui sont propres et qui peuvent expliquer les problèmes d’embonpoint, et certains facteurs personnels et historiques peuvent inclure les effets de la colonisation et des pensionnats autochtones, notent les chercheurs.

Chez les non-Autochtones comme chez les Autochtones, l’obésité coexiste et interagit avec d’autres problèmes de santé physique et mentale, aigus et chroniques, mais aussi avec des facteurs sociaux, culturels, environnementaux et comportementaux complexes, ajoutent-ils.

Dans les cas des membres de communautés autochtones, ce fardeau peut être encore plus difficile à porter, analysent-ils.

Le fardeau des morbidités concomitantes est souvent plus important chez les personnes autochtones que pour le reste de la population canadienne. Il découle des inégalités sociales qui ont été perpétuées par la colonisation.

Extrait de « L’obésité chez les adultes : un guide des lignes directrices »

Certains patients autochtones vivent avec cette stigmatisation depuis toujours, ce qui peut avoir un « effet cumulatif sur l’obésité ». C’est donc dire que les problèmes d’obésité peuvent être causés par les réponses qu’ont ces personnes « aux facteurs de stress omniprésents dans leur vie », explique-t-on.

Au nombre des facteurs que les professionnels de la santé devraient prendre en compte lorsque vient le temps de prodiguer des soins à des membres de communautés autochtones souffrant d'obésité, les chercheurs évoquent un problème systémique d'inégalités, qui se manifeste notamment dans le système de santé et de services sociaux.

Ces iniquités ont une influence sur la sécurité alimentaire, par exemple, en raison des salaires plus bas qui sont le résultat d'un manque d'accessibilité aux études et de coûts alimentaires élevés dans les régions urbaines et éloignées, soulignent les auteurs.

Combattre ses idées préconçues

Parmi les recommandations formulées par les auteurs du guide, il est suggéré aux professionnels de la santé de reconnaître les expériences de stress vécues par le patient, qui peuvent provoquer certains problèmes de santé et d'obésité. Les spécialistes de la santé devraient tenter de trouver avec leur patient une façon de réduire ledit stress, note-t-on.

Des traumatismes et des deuils peuvent notamment être en cause dans certains cas. Il est alors du ressort du spécialiste de la santé de mieux comprendre ces problèmes et leurs conséquences.

Les professionnels de la santé sont également invités à remettre en question leurs perceptions et à combattre leurs idées préconçues sur les Autochtones, qui sont le fruit du racisme systémique, écrivent les auteurs du rapport.

Les chercheurs préconisent aussi un meilleur accès aux ressources pour les personnes souffrant d'obésité dans les communautés autochtones. Ces services, disent-ils, devraient être publics et abordables.

Selon des chiffres parus en 2019 dans l’Étude sur l’alimentation, la nutrition et l’environnement des Premières Nations (EANEPN), 66 % des adultes issus des Premières Nations au Québec sont aux prises avec des problèmes d’obésité, comparativement à la moyenne nationale, qui se situe à 25 %.

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