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Dissensions au sein du Conseil Mohawk de Kanesatake

Le grand chef du Conseil Mohawk de Kanesatake, Serge Otsi Simon.

Le grand chef du Conseil Mohawk de Kanesatake, Serge Otsi Simon

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Le conseil de bande de Kanesatake est une nouvelle fois dans l’impasse. Le 22 juillet, près d'une centaine de citoyens ont voté en faveur d'un vote de défiance symbolique envers le grand chef Simon et la vice-cheffe, Patricia Meilleur, lors d’une assemblée officieuse.

Entre 80 et 100 personnes se sont rassemblées à l’initiative de membres du gouvernement traditionnel, soit le Rotinonhseshá:ka ne Kanehsatà:ke (peuple de la maison longue), pour discuter de dossiers concernant les droits ancestraux de la communauté. À l’issue de cette réunion, les participants ont en majorité voté en faveur d’une motion de défiance symbolique envers le grand chef Serge Otsi Simon et la vice-cheffe Patricia Meilleur.

Les citoyens reconnaissent qu’il ne s’agit pas d’une motion contraignante, mais nous leur demandons de se soumettre à un processus formel de vote de défiance, indique l’un des instigateurs du rassemblement, Jeremy Teiawenniseráhte Tomlinson, dans une communication écrite envoyée aux membres du conseil de bande ainsi qu’à des élus des ordres municipal, provincial et fédéral.

Si vous vous opposez à ce processus, nous vous invitons à venir rencontrer en personne la communauté pour amorcer un dialogue et expliquer vos positions de façon transparente, avec une ouverture d’esprit [...] Les gens de Kanesatake veulent du changement dans la gouvernance, peut-on lire. 

Une réunion illégitime, dit le conseil de bande

Qualifiant la réunion d'illégitime, quatre membres du conseil de bande signent une déclaration publiée vendredi dans laquelle ils assurent faire de leur mieux pour promouvoir l’avancement de la communauté, tout en reconnaissant que des écarts divisent les membres.

Le grand chef Serge Otsi Simon, la vice-cheffe Patricia Meilleur, le chef Garry Carbonnell ainsi que le chef John Canatonquin soutiennent que les efforts constants déployés pour dénigrer et cibler le grand chef et la vice-cheffe sont absolument faux et ne reposent pas sur des traditions ou [des] enseignements.

Les quatre élus indiquent que le chef Victor Bonspille et la cheffe Valerie Bonspille ont été exclus de cette déclaration en raison d’actions qui seront communiquées et détaillées à la communauté dans une lettre séparée.

Le Conseil Mohawk de Kanesatake allègue également que le groupe s’étant réuni le 22 juillet aurait fait allusion au recours à la force.

Absolument pas. C’était un discours paisible, insiste Jeremy Teiawenniseráhte Tomlinson. Il y avait des aînés, des jeunes, des professionnels, il n’y a eu aucune menace, dit-il.

Même son de cloche chez Wanda Gabriel, qui participait aussi à la réunion.

C’est la première fois depuis longtemps que je n’avais pas vu autant de monde, avec autant de diversité, tout en respectant la distanciation sociale, affirme-t-elle.

Selon cette professeure adjointe de travail social à l’Université McGill, la méfiance envers les élus du conseil de bande a monté d’un cran ces dernières semaines.

Mme Gabriel déplore le manque de transparence et de communication du conseil de bande sur des questions d’ordre administratif et financier, et sur les négociations entourant les droits ancestraux avec le gouvernement fédéral.

Le conseil refuse de nous rencontrer pour répondre à des questions importantes sur la vie de notre communauté, malgré un document de 16 pages que nous avons envoyé avec des questions. Le vote de non-confiance, ça dépasse la question du longhouse [peuple de la maison longue]. On est en pandémie et il y a des actions qui sont inexplicables, notamment concernant la gestion administrative, dit-elle.

Un employé du conseil de bande qui participait à la réunion, mais qui ne souhaite pas révéler son identité, soutient également qu’elle s’est déroulée de façon pacifique, sans qu'aucun recours à la force ne soit évoqué.

Certains élus du conseil font preuve de manque de transparence. Les négociations entourant les revendications territoriales, le financement, l’administration, l’embauche… je peux vous dire que la frustration est très grande, dit-il.

Nous appelons tous les Kanesata'kehró:non, quelles que soient leurs croyances ou affiliations, à assumer leurs responsabilités et à poser les gestes nécessaires pour rétablir des relations saines, et à s'engager dans un dialogue constructif, ouvert et respectueux. Les atmosphères toxiques et l'intimidation constante doivent changer, concluent les quatre chefs du conseil de bande en faveur de la déclaration.

Jeremy Teiawenniseráhte Tomlinson indique pour sa part que les citoyens mécontents envisagent de faire circuler une pétition dans les prochains jours.

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