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Kokom Scrunchies : l'entreprise de Mya, 9 ans

Une dame autochtone pose avec sa fille à la table de cuisine.

Mya Beaudry et sa maman Marcie Portelance sont derrière la boutique en ligne Kokom Scrunchies.

Photo : Instagram / @kokom_scrunchies

Gabrielle Paul

Avec près de 6000 abonnés sur Instagram, la boutique en ligne Kokom Scrunchies (qui signifie Les chouchous de grand-mère) connaît un succès fulgurant. Pourtant, il s’agit de l'initiative d’une toute jeune entrepreneure, Mya Beaudry, une Anishinabe de Kitigan Zibi âgée de 9 ans.

Avec l’aide de sa maman Marcie Portelance, elle fabrique des accessoires pour les cheveux, comme des chouchous et des foulards, qu’elle vend depuis quelques mois sur le web.

La boutique Kokom Scrunchies tire son nom des types de tissus utilisés pour fabriquer les chouchous puisqu'ils rappellent ceux qu'utilisent les grand-mamans autochtones pour leur artisanat.

Depuis le lancement de leur site web en mars, la jeune entrepreneure et sa mère sont envahies de commandes.

Nous recevons de nombreuses commandes chaque semaine, dit Marcie Portelance, qui travaille toujours à temps plein. J'aide Mya, mais toute la famille met la main à la pâte. Son père et son grand frère cousent eux aussi des chouchous.

Une idée liée aux pow-wow

La culture et les traditions sont très importantes aux yeux de la jeune Mya, souligne sa maman.

D’ailleurs, elle a eu l’idée de fabriquer des chouchous pour les cheveux, l’an dernier, alors qu’elle se préparait à participer à une cérémonie spéciale lors d’un pow-wow de solstice d’été, cérémonie pour laquelle Mya devait amasser des cadeaux à offrir.

J’adore les chouchous pour les cheveux, dit Mya. Nous avions des tissus à la maison, j'ai donc regardé des vidéos sur YouTube pour savoir comment faire et j'ai commencé à en fabriquer pour les donner pendant le pow-wow.

Mya ne savait pas coudre à ce moment-là, mais elle a vite appris pour pouvoir fabriquer ses chouchous. C'était un peu difficile au début, admet-elle. Il y avait beaucoup d'étapes à suivre et je faisais quelques erreurs.

Avant je ne pensais pas être capable de faire tout ça, mais en fait ça se passe bien.

Mya Beaudry

Aujourd'hui, la machine à coudre n'a plus de secrets pour elle. Mya est une personne très créative, dit sa mère. Elle a toujours de nouvelles idées qu'elle veut essayer, donc elle va à la machine à coudre et elle fait des essais.

Au départ, Mya ne pensait pas vendre ses chouchous. C'est lorsque sa mère a publié une photo de ses créations sur Instagram et que des gens ont souhaité les acheter que Kokom Scrunchies a été lancée.

C'est devenu une façon de financer sa participation au pow-wow, mais lorsque nous avons atteint les fonds nécessaires, Mya a décidé d'en faire une entreprise, explique la maman.

Des chouchous pour les cheveux et un foulard aux motifs de fleur.

Mya Beaudry et sa mère vendent des accessoires pour cheveux comme des chouchous et des foulards.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Tous les dimanches à midi, le duo mère-fille met en ligne une nouvelle édition limitée de chouchous que les habitués de la boutique attendent religieusement.

Ces modèles exclusifs partent très rapidement, dit Marcie Portelance. Mais nos modèles originaux sont disponibles en permanence.

Un chouchou pour cheveux à motifs autochtones.

Le chouchou Kokom Koreen, une édition limitée nommée en l'honneur de la grand-mère de Mya.

Photo : Instagram / @kokom_scrunchies

Mya donne un nom spécial à chaque type de chouchou qu’elle crée. Sur son site web, on peut donc se procurer des chouchous nommés Kokom Anna, Kokom Laura ou encore Kokom Wanda.

Ce sont des noms de femmes autochtones que Mya connaît ou qu'elle admire, dit Mme Portelance.

Une popularité croissante sur les réseaux sociaux

Kokom Scrunchies reçoit l'appui et le soutien de milliers d'internautes, au grand plaisir de Mya et de sa mère.

Ça me rend très très contente de voir que les gens achètent les choses que je fais, mais ça me rend encore plus contente de savoir qu’ils les utilisent pour vrai, se réjouit Mya.

Les gens nous disent de très belles choses, ajoute-t-elle. Les gens nous envoient aussi des vidéos ou des photos de leurs chouchous.

Elles reçoivent parfois des questions concernant l’appropriation culturelle.

Des personnes nous demandent si elles peuvent porter nos produits si elles ne sont pas Autochtones et nous leur disons que bien sûr elles peuvent. C'est pour tout le monde.

Marcie Portelance

La pandémie n’a pas freiné le succès de Kokom Scrunchies. Les mesures sanitaires ont par contre obligé Mya et sa mère à se procurer leur matériaux en ligne.

C’est plus difficile parce que je ne peux pas toucher la texture des tissus, explique Mya. C’est arrivé que nous avons reçu des tissus et qu’ils n’étaient pas assez doux pour faire les chouchous.

Mya Beaudry et Marcie Portelance ont d'ailleurs fabriqué quelques masques, mais elles ne peuvent les offrir en permanence, malgré les nombreuses demandes de leurs clients.

Les gens oublient parfois que nous faisons ça à la maison, à notre table de cuisine, tout est fait à la main, précise la maman.

Mya espère pouvoir offrir bientôt de nouveaux produits tels que des serre-tête. Elle a également commencé à s’exercer au perlage.

La jeune entrepreneure encourage tous les autres jeunes Autochtones à aller de l’avant avec les projets qu’ils ont en tête.

Il faut suivre ses rêves et ses buts, dit-elle. Il ne faut pas être timide et s’il y a une opportunité devant nous, il faut la prendre.

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