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Le festival autochtone Innu Nikamu vibrera... sur écran géant

Le groupe Kashtin performe devant des centaines de personnes au festival Innu Nikamu en 2019.

En 2019, la performance de Kashtin avait été l'un des moments forts du 35e Festival Innu Nikamu, à Maliotenam.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Marcil

Les organisateurs du Festival Innu Nikamu sur la Côte-Nord croyaient devoir annuler l’événement cette année... jusqu’à ce qu’une idée originale émerge : le présenter sur grand écran comme au ciné-parc.

Pris au dépourvu en raison de la pandémie et de l’impossibilité de faire venir des artistes habitant à l’extérieur de Maliotenam, à cause du confinement, les organisateurs avaient d'abord renoncé à la 36e édition.

Puis on s’est dit, non… il faut le faire! Mais qu’est-ce qu’on pourrait faire? Et on a eu l’idée d’improviser un genre de studio, raconte le directeur de la programmation, Kim Fontaine.

Kim Fontaine, directeur de la programmation, Festival Innu Nikamu.

Kim Fontaine, directeur de la programmation du Festival Innu Nikamu.

Photo : Guy Bois

De fil en aiguille, avec deux fois moins de financement, le studio est devenu une salle intérieure où se produiraient des artistes.

Puis les organisateurs ont eu une autre idée : diffuser les prestations sur Internet, mais aussi sur écran géant, sur le site même du festival, pour permettre à des dizaines de familles d’y assister dans leurs véhicules.

On va faire ça sur deux fins de soirées, entre 17 h et 23 h. On a eu l’aide de la Fabrique culturelle (une plateforme numérique produite par Télé-Québec) pour l’équipement. Ce sera diffusé à la radio de CKAU et les gens vont aussi pouvoir l’écouter sur Facebook en direct, affirme Kim Fontaine.

Ainsi, les 31 juillet et 1er août, une dizaine d'artistes se succéderont tour à tour dans une salle fermée : Petanpan, Scott-Pien Picard, Florent Vollant, Mishta-Shipu, Andrew Penashue & Bryan André, Kashkun, Maten, Passeken, Ninan et Innutin. Des pauses entre chaque formation permettront de désinfecter les lieux.

Une bannière du Festival Innu Nikamu

Une bannière du Festival Innu Nikamu

Photo : Guy Bois

Les artistes sont hyper contents. Ils ont perdu environ 80 % de leur travail, ils sont contents d’avoir une chance de renouer, confie Kim Fontaine.

Selon les organisateurs, si la programmation est davantage masculine cette année, c’est en raison des restrictions imposées durant la pandémie au moment de la planification de l’événement.

Les organisateurs souhaitaient par exemple inviter Elisapie Isaac ou Laura Niquay, mais disent avoir dû se résoudre à une programmation plus locale.

La pandémie nous a freinés par rapport aux artistes qu’on voulait inviter

Kim Fontaine, directeur de la programmation

Des vidéos diffusées durant les pauses permettront toutefois de mettre en valeur d’autres auteurs-compositeurs-interprètes, assure Kim Fontaine.

La région étant désormais déconfinée, le directeur de la programmation invite tous les Québécois à participer à cette 36e édition, virtuellement ou... dans leur voiture!

Pour les gens de la communauté, c’est pratiquement l’événement de l’année. Le festival permet de voir des artistes, d’être entre amis. C’est un moment de partage et on crée aussi des échanges, depuis quelques années, entre artistes autochtones et non autochtones, explique-t-il.

Au fil des ans, se sont ainsi succédé des artistes comme Louis-Jean Cormier, Zachary Richard, Vincent Vallières ou Simple Plan. 

Chaque année, le festival se déroule sur le site des vestiges du pensionnat Notre-Dame, où de jeunes Innus de la Côte-Nord ont été placés loin de leur familles, entre 1952 et 1970. 

En 2017, le réalisateur du long métrage Innu Nikamu : chanter la résistance, Kevin Bacon Hervieux, qui est également directeur artistique du festival, soulignait à Espaces autochtones que l’événement est aussi un moment de guérison et de réconciliation.

Ce grand rassemblement musical cofondé par Florent Vollant, a d'ailleurs su attirer annuellement des milliers de visiteurs et a permis d’importantes retombées économiques pour la région.

C’est une belle opportunité le festival si des gens sont de passage dans la région. Ce ne sera peut-être pas la même vibe, mais ça peut inciter des gens à revenir nous voir l’année prochaine, conclut Kim Fontaine.

En 2019, le long métrage Innu Nikamu : chanter la résistancea remporté le prix Iris du meilleur film documentaire au Gala Québec Cinéma.

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