•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les derniers jours d'une Autochtone ont été teintés par le racisme, disent ses proches

Un homme pose à gauche de sa mère âgée dans une cuisine.

Jason Allard soutient que sa mère, Carole Dawson, a subi de mauvais traitements à l'hôpital où elle est décédée.

Photo : Facebook

Radio-Canada

Des proches de Carole Dawson, une aînée autochtone de la Colombie-Britannique qui a succombé à la COVID-19, affirment qu’elle a été victime de discrimination à l’hôpital où elle était traitée avant sa mort.

Un texte d'Angela Sterritt, de CBC

Mme Dawson est décédée le 21 juin dernier à l’âge de 72 ans. Elle avait contracté le coronavirus alors qu’elle séjournait à l’hôpital Holy Family de Vancouver, où une éclosion de la maladie a été signalée le 9 juin. Elle y recevait des soins pour des blessures qu’elle avait subies après avoir été frappée par un autobus en 2018.

Membre de la Première Nation Dzawada'enuxw, elle était connue au sein de sa communauté pour avoir lutté pour faire reconnaître les droits des Autochtones en matière de santé.

Le fils de Carole Dawson, Jason Allard, soutient que sa mère a été victime de mauvais traitements et de discrimination à l’hôpital Holy Family parce qu’elle était une Autochtone.

Le regroupement Providence Health Care qui gère l’hôpital Holy Family dément les allégations de M. Allard, mais affirme les prendre au sérieux.

M. Allard affirme entre autres que, pendant son séjour à l’hôpital, sa mère a parfois été laissée seule sur la toilette pendant des heures en attente d’une infirmière.

Je pense que le racisme était en cause. Mais ma mère ne souhaitait pas trop faire de vagues.

Jason Allard

Récupérer le corps en moins d'une heure

Jason Allard affirme également que l’hôpital a exigé qu'il recueille le corps de sa mère dans un délai de moins d’une heure, seulement quelques minutes après avoir appris son décès, alors qu’il était 1 h 30 du matin.

Je ne comprenais pas, dit M. Allard. C’était très frustrant d’être forcé de trouver une maison funéraire en si peu de temps et en pleine nuit, alors que ma mère venait tout juste de mourir.

Ce genre d’exigence auprès d’une famille en deuil n’est pas une pratique courante, soutient l’avocate Isobel Mackenzie, qui œuvre depuis 20 ans auprès d’aînés en maison de soins.

Ce serait une erreur de procéder de la sorte, estime-t-elle. La question est aussi de savoir ce que fait l’hôpital quand la famille ne peut pas s’occuper du corps.

Le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique confirme qu’il n’y a pas de nouveaux protocoles dans tels cas, malgré la pandémie.

Jason Allard précise qu’un autre membre du personnel l’a plus tard appelé pour lui présenter des excuses.

Des effets personnels disparus

De plus, M. Allard soutient que le personnel de l'hôpital lui a remis quatre sacs poubelles remplis des effets de sa mère, mais que certains objets, dont des bijoux traditionnels et des appareils électroniques, n'y étaient pas.

Jason Allard l'a signalé à l'hôpital à plusieurs reprises et on lui a toujours répondu que ces objets avaient été jetés par le personnel chargé du ménage.

Marianne Nicolson, une amie de la famille qui a aidé M. Allard à effectuer les arrangements funéraires de sa mère, dit avoir elle aussi été témoin de cet incident. Je n'en revenais pas et j'étais fâchée qu'il se fasse traiter comme ça, affirme-t-elle.

Isobel Mackenzie souligne que les centres de soins de santé emballent généralement les effets personnels des patients dans des boîtes et que le personnel doit faire preuve de compassion et de sensibilité.

C'est un aspect qui doit être amélioré dans le système, surtout lorsqu'il est question de fin de vie, dit l'avocate.

CBC a contacté le Providence Health Care afin de vérifier ces allégations et, trois jours plus tard, Jason Allard a reçu un message l'informant que les objets de sa mère avaient été retrouvés.

La réponse du regroupement Providence Health Care

Le Providence Health Care corrobore l'histoire de Jason Allard dans une lettre qui lui a été remise.

Le regroupement y déclare que l'égarement des biens de Mme Dawson pourrait être dû à la confusion qui s'est installée à l'hôpital en raison de la pandémie, mais que de plus amples vérifications seront faites.

Dans une déclaration à CBC, le Providence Health Care a déclaré qu'il était au courant d'allégations inquiétantes concernant le traitement et les soins d'une résidente de l'hôpital Holy Family.

Nous prenons toutes ces allégations très au sérieux, écrit-il. Les allégations sont traitées par notre Bureau de la qualité des soins aux patients.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !