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Une nouvelle campagne pour apprendre les langues autochtones en chuchotant

Un train circule et l'on peut lire le mot : nikatshipanu.

Le conseil jeunesse de Montréal autochtone a lancé la campagne Chuchoteurs autochtones, une idée inspirée par le concept ASMR.

Photo : Facebook/Native Montreal

Radio-Canada

Avec son nouveau projet Chuchoteurs autochtones, le conseil jeunesse de Montréal autochtone appelle les membres des communautés à s’enregistrer en murmurant un mot ou une phrase dans leurs langues, une initiative pour promouvoir celles-ci et partager leur beauté.

Un texte de Jessica Deer, de CBC

Cette campagne s’inspire des techniques apaisantes appelées ASMR (l’abréviation anglaise d'Autonomous Sensory Meridian Response) qui jouissent d’une certaine popularité sur les réseaux sociaux. Ces vidéos, où l’on entend des gens chuchoter ou enregistrer des bruits, sont censées déclencher une sensation d’apaisement ou de bien-être.

J’adore l’ASMR. Chaque fois que j’en regarde, je me sens reposée et ça m’aide à m’endormir, témoigne Kijâtai Veillette-Cheezo, l’une des membres du conseil jeunesse de Montréal autochtone, en entrevue à CBC.

Comme je suis vraiment anxieuse ces temps-ci, je regarde des contenus ASMR et j’aimerais voir une plus grande représentation autochtone au sein des communautés ASMR, ajoute-t-elle.

Le conseil jeunesse de Montréal autochtone est composé de 10 jeunes Autochtones âgés de 16 à 30 ans qui résident dans la grande région de Montréal. Ces jeunes ont pour mandat de développer chaque année un projet qui aura une incidence sur la vie de leurs pairs vivant en zone urbaine, explique Meropi Deligiannis, une travailleuse sociale de Montréal autochtone.

Une autre façon de se retrouver

La pandémie est venue bousculer les plans de Montréal autochtone, forçant son conseil jeunesse à modifier sa campagne pour l’axer sur les réseaux sociaux. De là est née l’idée d’employer les méthodes ASMR au profit de l’apprentissage des langues autochtones.

C’est la saison des pow-wow en ce moment. C’est la saison où l’on se rassemble, où l’on se retrouve, souligne Kijâtai Veillette-Cheezo. Mais en raison de la COVID-19, ces événements n’auront pas tous lieu, précise-t-elle.

Autour de moi, les gens sont tristes de ne pas pouvoir revoir les leurs, et je partage ce sentiment. Nous voulions trouver une façon de rejoindre tout le monde, de leur faire savoir qu’ils ne sont pas seuls et que nous pouvons faire quelque chose ensemble.

Kijâtai Veillette-Cheezo

Kijâtai Veillette-Cheezo, dont la famille est établie dans la communauté de Lac-Simon, est en voie de réapprendre l’ojibwé, une langue parlée par les communautés algonquines du Québec.

Pour le projet Chuchoteurs autochtones, Kijâtai Veillette-Cheezo s’est enregistrée en train de murmurer le mot adjidjimoc, qui veut dire écureuil.

Voir cette publication sur Instagram

Le Conseil Jeunesse de Montréal Autochtone a lancé Chuchoteurs Autochtones, inspiré du concept ASMR. En utilisant les techniques ASMR, notre objectif est d'atteindre notre communauté avec un contenu qui détendra, rassurera et inspirera des sentiments de sécurité en partageant la beauté et l'imagerie des langues autochtones. Nous vous invitons à prendre une pause dans votre journée pour vous concentrer sur votre réponse sensorielle individuelle à ces vidéos. Nous réalisons que c'est aussi un excellent moyen d'apprendre de nouveaux mots tout en renouant avec la culture et nos traditions orales. Nous respectons l'importance des mots et devons les préserver. Impliquez-vous et partagez vos mots avec nous ! Enregistrez votre voix en chuchotant un mot ou une phrase dans votre langue tout en capturant l'essence de sa signification avec une image. Téléchargez sur instagram, facebook avec #Chuchoteursautochtones et inclure le mot, sa signification et votre nation et / ou communauté dans la description. Tous les participants participeront à un tirage au sort pour gagner plusieurs prix, des cartes-cadeaux Sequoia de 50 $. Nous choisirons les gagnants le 30 juillet, 2020. Chuchoteurs dans le vidéo « Quelque chose qui avance lentement » en Innu-Aimun « Écureui » en Anishnabe « Lac » en Atikamekw Montréal Autochtone a aussi des cours de langue! Pour plus d'informations, visitez: www.nativemontreal.com

Une publication partagée par Native Montreal (@native_montreal) le

Johnny Boivin, lui aussi membre du conseil jeunesse, a dû mener des recherches sur sa propre langue, l'innu-aimun, avant d’arrêter son choix sur le mot nikatshipanu. Dans la vidéo qu’il a réalisée avec sa femme, un train passe lentement sur un chemin de fer.

C’est un mot qui évoque quelque chose qui va lentement ou qui avance lentement, explique Johnny Boivin, avant de préciser qu’il ne parle pas couramment l'innu-aimun.

Johnny Boivin espère que la campagne suscitera un engouement au Québec et même à l’extérieur des frontières. Il se dit ravi à l’idée d’entendre d’autres langues autochtones parlées d’un bout à l’autre de l’Amérique du Nord.

La représentation des communautés autochtones est très importante, et nous avons lancé un projet tellement unique, dit-il. Certains prononceront un mot à voix haute dans leur propre langue pour la première fois. Ce sera génial de pouvoir partager [ce savoir] avec les autres et de les aider à apprendre quelques mots.

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