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La mort d'un caribou forestier sème la consternation à Lac-Simon

Un caribou forestier.

Il ne reste qu'une poignée de caribous forestiers dans la région de Val-d'Or.

Photo : Gilles Morin

La Presse canadienne

Les membres de la Nation Anishinabe de Lac-Simon, en Abitibi, dénoncent l'inaction du gouvernement du Québec et du ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP), à la suite de la mort récente de l'un des sept caribous forestiers de la harde de Val-d'Or.

Un caribou meurt, la culture anishinabe aussi, peut-on lire dans le communiqué rendu public par le Conseil de Lac-Simon jeudi après-midi. Nous pouvons affirmer que cette espèce est [sur] le point de disparaître de notre écosystème et que, malheureusement, les jeunes anishnabek ne pourront associer à leur identité tout ce qui implique Adik – caribou en langue anishnabe –, pourtant un grand symbole dans la tradition.

Les Anichinabés de Lac-Simon dénoncent les décisions précipitées du ministre Pierre Dufour, qui a annoncé seulement en février dernier la mise en enclos des caribous restants. Selon eux, le ministère savait depuis plus d'un an que la harde avait moins de dix membres. Ils croient que si le ministre avait suivi leurs recommandations, la harde ne serait pas dans un si piteux état.

J'ai l'impression qu'on joue avec le temps en espérant que l'espèce s'éteigne au plus vite, commente la cheffe Adrienne Jérôme.

Un problème politique, selon les Anichinabés

Dans une lettre envoyée au ministre Dufour en janvier dernier, la cheffe Jérôme formulait une série de recommandations pour tenter de sauver la harde. Une seule recommandation a été mise en application, en l'occurrence un moratoire sur la coupe forestière dans le secteur où vit le caribou.

Le territoire est cependant nettement trop petit pour la harde, explique Geneviève Tremblay, biologiste pour le compte de la communauté de Lac-Simon. Contrairement à l'orignal, le caribou forestier aime les vieilles forêts, où il peut se nourrir et surtout être à l'abri de ses prédateurs.

La cheffe Jérôme croit aussi qu'un problème politique empêche les Anichinabés d'agir concrètement pour préserver la harde. Nous avions signé une entente avec le fédéral en 2018, une entente de plus de 1,2 million de dollars, fait-elle valoir. À cause d'une mésentente entre les niveaux de gouvernement, nous n'avons pas pu dépenser tout l'argent pour maintenir la population de caribous forestiers.

Geneviève Tremblay attend toujours l'enclos de grande taille promis par le ministre Dufour en février dernier.

L'appel d'offres n'est même pas encore lancé, déplore la biologiste. Ce n'est donc pas demain la veille que cet enclos sera construit. Ce n'est pas un projet que l'on réalise à la va-vite.

Les Anichinabés demandaient aussi une restauration de l'habitat et l'introduction de jeunes caribous. Avec un cheptel aussi faible, impossible de restaurer la harde sans l'addition de jeunes caribous en provenance de régions contiguës, explique Mme Tremblay. Ces actions sont retardées depuis deux ans, faute d'accord avec le MFFP.

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