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Les défis de traduire les spiritualités autochtones

À gauche, une dame qui porte des lunettes et un veston noir. À droite, la couverture du livre The Knowledge Seeker : Embrassing Indigenous Spirituality de Blair Stonechild.

Mirella Tarmure Vadean travaille depuis un an à la traduction en français d'un livre du professeur et auteur Blair Stonechild, membre de la nation des Saulteaux.

Photo :  courtoisie / Mirella Tarmure Vadean

Gabrielle Paul

L'auteure et professeure Mirella Tarmure Vadean travaille à la traduction en français d'un essai de Blair Stonechild, membre de la Première Nation des Saulteaux de Muscowpetung, en Saskatchewan, pour les Éditions Hashtag de Montréal. Il s'agit d'une première pour Mme Vadean, qui n'hésite pas à le qualifier de « voyage initiatique ».

Ce n'est pas moi qui ai trouvé cet essai, c'est cet essai qui m'a trouvé. Dès la première lecture, j'ai su que j'allais le travailler, lance Mme Vadean.

The Knowledge Seeker : Embrassing Indigenous Spirituality de Blair Stonechild (traduit par Celui qui cherche à savoir : s’ouvrir à la spiritualité autochtone) est d'abord paru en 2016. Il s'agit du premier ouvrage autochtone qui paraîtra aux Éditions Hashtag de Montréal.

Dans cet essai, Blair Stonechild raconte l'histoire et la spiritualité des peuples autochtones du Canada à travers le récit de sa propre vie, de son arrivée au pensionnat à sa carrière de professeur à l'Université des Premières Nations, en Saskatchewan, en passant par ses études à l'Université McGill.

Ce cadre de l'histoire personnelle ça donne une couleur, dit Mme Vadean. Le langage est très simple, ce n'est pas un essai académique, c'est pour tout le monde.

Un monde derrière les mots

D'origine roumaine, Mirella Tarmure Vadean détient deux maîtrises en littérature et un doctorat de l'Université Concordia. Elle est maintenant professeure au ministère de l'Immigration et de la Francisation du Québec.

Malgré son expertise, traduire l'essai de Blair Stonechild a tout de même représenté certains défis pour elle.

C'est un travail minutieux afin de bien préserver l'idée centrale des concepts. J'étais très soucieuse de bien les restituer.

Mirella Tarmure Vadean

Les concepts spirituels tirés de la langue des Saulteaux ne sont pas toujours faciles à illustrer en français, remarque-t-elle.

Le concept du mal, par exemple, c'est une phrase dans la langue autochtone, ce n'est pas un seul mot, souligne l'auteure. C'est tout un monde qu'il y a derrière chaque mot.

Il y a un double filtre, ajoute-t-elle. Le mot en langue autochtone a d'abord dû être traduit vers l'anglais et maintenant vers le français. Il ne faut pas en perdre le sens.

Mirella Tarmure Vadean a contacté Blair Stonechild pour s'assurer de bien traduire les concepts auxquels il fait référence dans son essai. Il a été très ouvert, très gentil et bienveillant. Je n'aurais pas pu faire ce travail sans lui, se réjouit-elle.

Apprendre de leur sagesse

À travers son travail de traduction, Mme Vadean dit avoir découvert une spiritualité très très mature.

[La spiritualité autochtone] est favorable et respectueuse de la diversité et de l'altérité, et elle est basée sur la paix et le bien-être individuel et communautaire

Mirella Tarmure Vadean

Dans son essai, Blair Stonechild revendique une plus grande présence des concepts spirituels autochtones dans les cursus scolaires à travers le pays.

Mme Vadean a d'ailleurs elle-même commencé à appliquer le concept des cercles de partage dans ses cours, pendant lesquels les étudiants prennent la parole à tour de rôle pour poser leurs questions et donner leurs impressions. La pensée s'organise différemment lors de ces cercles, remarque-t-elle. Elle devient non hiérarchique.

Il y a certainement des leçons à tirer des philosophies et des spiritualités autochtones, insiste Mirella Tarmure Vadean.

Elle cite en exemple les sept vertus que les Saulteaux considèrent comme importantes : le respect, le courage, la générosité, l'honnêteté, l'humilité et la sagesse.

Nous avons tout intérêt à apprendre de leur sagesse, soutient Mirella Tarmure Vadean. Ce sont ces vertus que nous devrions voir dans notre système d’éducation.

Les Autochtones ne sont pas des gens d'ailleurs, ce sont des gens d'ici, il faut se tourner vers eux, ajoute-t-elle.

Celui qui cherche à savoir : s’ouvrir à la spiritualité autochtone paraîtra à l’automne 2021 au sein de la collection Notifications des Éditions Hashtag.

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