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Le Canada ne fait pas mieux que les États-Unis, disent des militants autochtones

Sur le manteau de l'homme se trouve un drapeau du Canada à l'envers sur lequel on peut lire « Pas de Canada sans Premières Nations ».

Le Canada est loin d’être un exemple de vertu, selon l’auteure et ancienne professeure à l’Université Trent, Lynn Gehl, une Anichinabée de l’Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada

Si les États-Unis doivent maintenant faire face à l'héritage raciste de leurs équipes sportives, le Canada n'a pas de quoi se réjouir, notent des experts autochtones.

L’équipe de la Ligue nationale de football de Washington a annoncé cette semaine qu'elle abandonnait son nom et son logo, considérés depuis longtemps comme offensants pour les membres des communautés autochtones.

Face à cela, les Canadiens pourraient avoir tendance à penser que les droits des Autochtones sont beaucoup mieux reconnus dans leur pays que chez leurs voisins du sud.

Au Parlement canadien, 10 des 338 députés sont des Autochtones, alors qu'au Congrès américain, 4 des 535 membres le sont.

Les dossiers autochtones font souvent les manchettes ces dernières années au Canada, bien que ces questions fassent couler peu d’encre aux États-Unis. Le gouvernement de Justin Trudeau a également fait des questions autochtones des priorités, ce qui n'est pas le cas de l'administration de Donald Trump.

Mais le Canada est loin d’être un exemple de vertu par rapport aux peuples autochtones, selon l’auteure et ancienne professeure à l’Université Trent Lynn Gehl, une Anichinabée de l’Ontario.

On ne peut pas comparer les États-Unis et le Canada pour bien faire paraître le Canada. C’est dangereux de faire ça. En fait, ça ne rend pas service au combat contre le racisme.

Lynn Gehl, auteure anichinabée

Mme Gehl souligne que deux commissions, soit la Commission de vérité et réconciliation et l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées, ont conclu que le Canada avait commis un génocide.

Le Canada n’est pas non plus immunisé contre les équipes sportives au nom et à l’esthétique racistes, dit Lynn Gehl.

Elle cite en exemple les Eskimos d’Edmonton, l’une des équipes de football canadiennes les plus populaires. Depuis longtemps, des groupes autochtones réclament qu'elle change de nom, un terme qui est offensant pour les Inuit.

Les États-nations utilisent le sport, comme le football, le soccer ou le hockey, pour façonner une cohésion citoyenne, explique Mme Gehl. Les symboles qui sont utilisés deviennent donc des outils puissants pour générer une conscience et un récit collectifs.

Si les États-nations permettent aux équipes sportives d’utiliser des symboles racistes, ça donne la permission aux citoyens d’être racistes,

Lynn Gehl, auteure anichinabée

Le Canada s’est construit cette image de "gentil gars du nord", souligne le militant et juriste sioux Chase Iron Eyes. Au Canada, les nations autochtones ont de plus en plus de tribunes. Donc, l’État a l’air plus gentil. Mais le racisme est tout aussi insidieux et meurtrier.

Le combat au Canada n'est pas différent de celui aux États-Unis. Nous essayons tous d'écrire un nouveau contrat social. Les nations autochtones veulent leur indépendance.

Chase Iron Eyes, militant et activiste sioux

Le Canada est une économie capitaliste, tout comme les États-Unis. Il veut des ressources et il est mené par les entreprises, ajoute-t-il.

C'est la pression d'investisseurs majeurs comme FedEx et Nike qui a poussé l'équipe de football de Washington à abandonner son nom et son logo.

Pour M. Iron Eyes, il ne fait aucun doute que ce changement rapide est motivé par des intérêts financiers plutôt que par un souci social.

Le capitalisme est exposé à ses racines, dit-il. Même si ça semble être une victoire symbolique, ça pourrait éventuellement être positif pour notre libération intellectuelle et spirituelle, au Canada et aux États-Unis.

Chase Iron Eyes souligne également une autre grande victoire pour les Autochtones.

La semaine dernière, la Cour suprême des États-Unis a reconnu que la majorité du territoire à l'est de l'État de l'Oklahoma est un territoire autochtone promis à la nation Creek lors de la signature d'un traité avec le gouvernement en 1866.

Pour le juriste et activiste, il s'agit de progrès indéniables.

Cela aura des conséquences réelles, dit-il. Les Américains et les Canadiens qui ne veulent pas voir les Premières Nations vivre dans la misère et la pauvreté absolues doivent aider à faire pression sur le gouvernement pour mettre fin à ce système oppressif.

Avec les informations de La Presse canadienne

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