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L’Ontario met un terme aux alertes à la naissance

Un professionnel de la santé tient dans ses bras un bébé.

Les mères racisées sont les plus touchées par ces alertes à la naissance, particulièrement les femmes noires et autochtones.

Photo : getty images/istockphoto / leoniepow

Radio-Canada

Le gouvernement de l’Ontario somme les services de protection de l’enfance de cesser d’avoir recours à la pratique controversée des « alertes à la naissance », qui leur permet de signaler les cas dans lesquels ils jugent que les nouveau-nés sont en danger et ainsi de retirer les bébés à leur mère.

Les services de protection à l’enfance devront donc cesser de recourir à cette pratique au plus tard le 15 octobre prochain.

Les mères racisées sont les plus touchées par ces alertes à la naissance, particulièrement les femmes noires et autochtones, a reconnu la ministre associée déléguée au dossier de l'Enfance et à la Condition féminine, Jill Dunlop.

Le ministère ne fait pas un suivi assidu de ces alertes, a indiqué la ministre Dunlop, mais dans la dernière année, 442 enfants ont été séparés de leur mère au cours d’une période allant de 7 jours à 12 mois suivant la naissance. De ce nombre, 50 % des décisions sont imputées au personnel médical.

Ce n’est pas la totalité des cas qui sont le résultat d’une alerte à la naissance, mais ça donne un aperçu de la fréquence à laquelle les nouveau-nés sont pris en charge en Ontario, a souligné Jill Dunlop.

Selon les chiffres de l'Ontario Native Women's Association (ONWA), 450 enfants sont enlevés à leur mère chaque année en raison de ces alertes.

Selon la ministre Dunlop, la fin des alertes à la naissance démontre la volonté du gouvernement de lutter contre le racisme systémique dans les services de protection à l’enfance.

Lors du dépôt de leur rapport en juin 2019, les commissaires de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées avaient appelé à mettre un terme à cette pratique.

Le gouvernement souhaite une approche basée davantage sur la collaboration entre les services de protection de l’enfance et les parents afin de ne pas séparer les familles, a fait savoir Mme Dunlop.

La ministre a estimé que les alertes pouvaient être un obstacle pour les mères qui devraient recevoir des soins, et qui redoutent que leur enfant leur soit enlevé.

Un changement essentiel

L’annonce du gouvernement a été saluée par l'ONWA, qui a rappelé le travail acharné des femmes autochtones pour mettre un terme à cette pratique.

Pour l’ONWA, la fin de cette pratique est un changement essentiel qui permettra vraisemblablement de réduire le nombre d’enfants autochtones pris en charge par les services de protection de l’enfance.

Cette annonce marque une nouvelle étape dans la lutte contre la violence et la discrimination envers les femmes autochtones en Ontario, a déclaré l’ONWA.

Les idées préconçues sur la capacité des mères autochtones à élever leurs propres enfants sont inacceptables.

L'Ontario Native Women's Association, dans un communiqué

L’Association ontarienne des sociétés d'aide à l'enfance, qui s’est elle aussi réjouie de la décision du gouvernement de Doug Ford, s’est engagée à lutter contre les biais inconscients qui nuisent au système de protection de la jeunesse.

La cheffe de la direction de l’Association, Nicole Bonnie, a reconnu que les alertes à la naissance causaient du tort, en particulier aux familles racisées ainsi qu’à celles les moins nanties ou qui vivent avec des problèmes de toxicomanie ou de santé mentale.

Nous sommes en faveur d'une approche basée sur la prévention et l’intervention rapide, a-t-elle dit. Notre objectif est de fournir aux familles les services nécessaires afin de les rendre plus fortes, tout en nous assurant de la santé et du bien-être des enfants.

Bien que le gouvernement du Manitoba se soit engagé à mettre fin aux alertes à la naissance, la mise en œuvre de cette promesse a été retardée en raison de la pandémie. La Colombie-Britannique a quant à elle mis un terme à cette pratique l’an dernier.

Avec les informations de Laura Howells, de CBC

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