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Des Premières Nations de la C.-B. maintiennent leurs frontières fermées

Des touristes au pied d'un totem dans l'archipel d'Haida Gwaii.

La pandémie a forcé de nombreuses communautés autochtones a fermé leurs frontières. C'est le cas des Haidas, dont l'archipel est normalement très achalandé pendant l'été.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada

Des communautés autochtones situées le long de la côte ouest, en Colombie-Britannique, ferment toujours leurs frontières aux visiteurs, malgré les impacts économiques, afin de protéger leurs membres d’une potentielle éclosion de coronavirus.

Les nations du conseil tribal Nuu-chah-nulth, la nation Heiltsuk ainsi que la nation Haida ont toutes restreint l’accès à leur territoire en raison de la pandémie dès le mois de mars.

Bien sûr qu’il y a des conséquences négatives, mais nos directeurs et nos chefs ont dit que ce sont les gens qui priment sur l’économie, explique la présidente du conseil tribal Nuu-chah-nulth, Judith Sayers.

Je crois que tout le monde réalise lentement les impacts économiques, ajoute-t-elle. Mais nous souhaitons d’abord protéger nos membres.

Les 14 Premières Nations de l’île de Vancouver qui composent le conseil tribal Nuu-chah-nulth ont mis en place différentes mesures afin d’empêcher les gens de l’extérieur de se rendre dans leurs communautés.

La Première Nation Ahousaht a nommé certains de ses membres pour qu’ils patrouillent leur territoire et assurent le respect des mesures.

Les Ahousaht ont aussi annoncé au début juillet que leur territoire, qui comprend des parcs provinciaux, allait demeurer fermé aux touristes tant est aussi longtemps qu’il n’y aura pas de vaccin, d’antisérum ou de traitement pour la COVID-19.

De leur côté, les Tla-o-qui-aht, qui résident près de Tofino, arrêtent les véhicules provenant de l’extérieur afin de convaincre leurs occupants de faire demi-tour.

Selon Mme Sayers, ce qui inquiète les communautés, c’est la capacité de dépister et de contrôler une éclosion potentielle de COVID-19.

Beaucoup de nos communautés sont isolées et les tests de dépistage ne sont pas facilement accessibles.

Judith Sayers, présidente du conseil tribal Nuu-chah-nulth

Les fermetures ont engendré certains conflits entre des groupes autochtones et des entreprises. Dans l’archipel d’Haida Gwaii, la nation Haida empêche les non-résidents qui arrivent par traversier d’entrer.

La nation a également demandé à deux pourvoiries de retarder leur réouverture.

Nous sommes une communauté tissée serrée. Je pense que lorsque nous aurons un cas de COVID-19, ça va se propager rapidement, soutient le conseiller en chef du village haida de Old Massett, Duffy Edgars.

M. Edgars soutient que plusieurs pourvoiries respectent l’état d’urgence décrété par la nation Haida, mais il se dit irrité par celles qui veulent tout de même rouvrir.

C’est irrespectueux, dit-il. Ces grosses pourvoiries s’installent ici et font tout ce qu’elles veulent.

Les fermetures ont des conséquences qui varient selon les communautés.

Chez la nation Heiltsuk, un grand événement de pêche annuel a dû être annulé. Quelque 700 personnes travaillent pour cet événement qui rapporte beaucoup à la communauté chaque année.

Notre communauté donne d’abord priorité à la santé et à la sécurité avant l’économie, souligne la conseillère en chef de la nation Heiltsuk, Marilyn Slett. Mais c’est certain que cette annulation nous touche durement.

Une meilleure coopération du gouvernement réclamée

Les leaders des différentes Premières Nations voudraient que le gouvernement provincial collabore davantage avec eux.

C’est très frustrant, insiste Marilyn Slett. Nous n’avons pas beaucoup de temps, on doit s’asseoir et réfléchir avant d’être frappé par une deuxième puis une troisième vague.

Pour Mme Slett, une partie du problème réside dans le fait que de nombreux politiciens provinciaux encouragent la reprise des activités touristiques.

On voit de plus en plus de trafic sur la côte, il y a beaucoup plus d’embarcations récréatives, et c’est très inquiétant pour notre communauté.

Marilyn Slett, conseillère en chef de la nation Heiltsuk

Les nations du Nuu-chah-Nulth, la nation Heiltsuk et la nation Tsilhqot'in ont émis un communiqué commun en juin dans lequel elles critiquaient les plans de déconfinement du gouvernement provincial et son manque de consultation auprès des Premières Nations.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique assure vouloir travailler avec les communautés autochtones.

Beaucoup de communautés qui dépendent du tourisme peuvent à nouveau accueillir des visiteurs de manière sécuritaire, soutient une porte-parole du ministère des Relations avec les Autochtones et de la Réconciliation, Sarah Plank.

Mais nous reconnaissons aussi que de plus petites communautés isolées sont encore inquiètes de la présence de touristes, ajoute la porte-parole.

Mme Plank affirme aussi qu’une rencontre devrait avoir lieu entre le gouvernement et les différentes Premières Nations de la province.

Avec les informations de La Presse canadienne

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