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Politique d’interpellation du SPVM : accueil réservé chez les organismes autochtones

L'épaule d'un policier avec un écusson du SPVM.

Point de presse sur le racisme au SPVM.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada

La nouvelle politique d’interpellation du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) présentée mercredi n’apparaît pas comme une solution durable pour mettre fin au racisme systémique et au profilage racial, selon des organismes qui travaillent auprès des peuples autochtones.

Le directeur de Montréal Autochtone, Philippe Tsaronséré Meilleur, est satisfait que le SPVM reconnaisse le racisme systémique, mais il considère que ses récents engagements sont superficiels.

Cette politique est simplement du rattrapage et est insuffisante, a-t-il écrit à Espaces autochtones.

La directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Nakuset, abonde dans le même sens. 

Le SPVM apparaît comme déconnecté des problématiques. La politique ne nomme pas les communautés concernées par le profilage racial. Le terme ‘’ethnoculturel’’ [utilisé dans la politique] c’est très large.

Elle déplore aussi que la politique soit appliquée à partir de l’automne. Pourquoi pas maintenant?, demande-t-elle.

Le directeur de Montréal Autochtone Philippe Tsaronséré Meilleur note également qu’il a toujours été requis des policiers de spécifier les motifs de leurs arrestations. Or, nous apprenons qu'il n’y avait aucune politique interne, aucune documentation, aucune imputabilité, et évidemment aucune conséquence pour les officiers fautifs, écrit-il.

M. Meilleur croit que des caméras sur personne, une révision des procédures d'embauche pour éliminer les candidats racistes et/ou ayant des tendances discriminatoires ou d'abus de pouvoir seraient de meilleures solutions que la politique présentée cette semaine.

La vice-présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ) Mary Hannaburg souligne de son côté que cette politique est un bond devant et ça montre une bonne volonté du SPVM.

Le SPVM semble ouvert à faire des changements, ça devrait être un exemple pour les autres forces de police, ajoute-t-elle.

Mais il faut impliquer davantage les organisations autochtones, précise-t-elle. C’est important d’avoir des relations positives, il faut être impliqué pour ça.

Une ligne téléphonique de dénonciation

Le Foyer pour femmes autochtones de Montréal avait déjà proposé au SPVM de mettre sur pied une ligne téléphonique où il serait possible aux citoyens de dénoncer les cas de profilage racial, soutient sa directrice générale, mais que cette proposition avait été refusée.

Comment peuvent-ils savoir si leur politique fonctionne s’ils ne peuvent pas comptabiliser de manière efficace les cas de profilage?, se demande Nakuset.

Face au refus du SPVM, le Foyer compte mettre en place sa propre ligne de dénonciation du profilage racial.

Il est temps que les personnes de couleur, que les Autochtones, aient une voix. Nous serons là pour les accompagner, dit Nakuset.

Nakuset précise que le Foyer est en attente de financement avant de pouvoir procéder au lancement de cet outil et d’une campagne de sensibilisation.

Avec des informations de Valérie Boisclair.

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