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En 1960, les Premières Nations acquièrent le droit de vote au Canada

Le journaliste René Lévesque interviewe un ancien Autochtone de la région de Maniwaki au Québec.

Il y a 60 ans, les Premières Nations du Canada obtenaient le droit de voter aux élections fédérales.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En 1960, le gouvernement du premier ministre canadien John G. Diefenbaker accorde le droit de vote de manière inconditionnelle aux Premières Nations qui accueillent cependant cette réforme avec beaucoup de méfiance.

Un droit accordé qui crée beaucoup de méfiance

Cette année, les « Indiens » du Canada, premiers possesseurs du pays, se voient enfin accorder, sans ficelles ni restrictions, le privilège suprême du citoyen : le droit de vote.

Gaétan Barrette, 1960

Le 31 mars 1960, le gouvernement du premier ministre John G. Diefenbaker fait modifier la Loi électorale du Canada.

La réforme vise à donner aux « Indiens » inscrits le droit de vote aux élections fédérales.

En 1950, le premier ministre fédéral Louis Saint-Laurent avait songé à étendre le droit de vote aux Premières Nations.

Mais le processus avait été interrompu. L'importance du vote autochtone dans certaines circonscriptions électorales ayant pu favoriser la victoire de candidats de l’opposition...

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Premier plan, 28 février 1960

Le 28 février 1960, le journaliste René Lévesque présente à l’émission Premier plan, animée par Gaétan Barrette, un long reportage sur la condition autochtone. En voici un extrait.

Ce qui frappe dans le reportage de René Lévesque, c’est que l’élargissement électoral proposé par le gouvernement canadien suscite peu d’enthousiasme chez beaucoup de membres des Premières Nations.

Cette réticence face à cette réforme s’explique assez facilement.

Depuis 1867, les « Indiens » reconnus comme tels par la loi canadienne peuvent acquérir le droit de vote au fédéral.

Mais pour cela, ils doivent renoncer à leur statut. Cela implique un abandon de privilèges importants comme celui de résider dans les réserves « indiennes ».

En 1960, beaucoup au sein des Premières Nations hésitent à approuver la réforme électorale parce qu’ils ont peur de perdre en contrepartie leur statut « d'Indiens ».

Par ailleurs, la rédaction de la modification législative est enrobée d’un jargon légal qui ne facilite pas sa compréhension pour le commun des mortels.

Mais le maintien des droits autochtones est confirmé en entrevue au journaliste René Lévesque par le sous-ministre fédéral de la Citoyenneté et de l’Immigration responsable des Affaires autochtones, Laval Fortier.

Le reportage de René Lévesque par ailleurs montre à quel point les relations entre les Premières Nations et les non-Autochtones peuvent alimenter cette méfiance.

Méfiance envers la politique canadienne

En 1992, le Canada est plongé dans une profonde crise constitutionnelle que tente de régler le gouvernement du premier ministre Brian Mulroney.

Il propose un référendum sur ce qu’on appelle l’accord constitutionnel de Charlottetown auquel sont conviés à voter les électeurs des Premières Nations comme les autres Canadiens.

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Reportage du 26 octobre 1992

La journaliste Marie-Armelle Lafaury explique dans un reportage du 26 octobre 1992, jour de la tenue du référendum sur l’accord de Charlottetown, que très peu d’électeurs des Premières Nations ont participé à cette consultation.

Cela s’explique par le fait que plusieurs chefs de réserve, de même que plusieurs membres influents des communautés des Premières Nations, préconisent l’abstention électorale.

C’est le cas notamment du député manitobain autochtone Elijah Harper.

Ce dernier motive son mot d’ordre par le raisonnement que les Autochtones ont été peu consultés dans ce processus.

D’autres électeurs expliquent leur refus de voter parce qu’ils ne disposent pas d’assez d’information sur l’accord de Charlottetown.

Le 26 octobre 1992, Élections Canada a installé un bureau de vote dans la réserve de Red Sucker Lake, au Manitoba.

La liste électorale compte à cet endroit 296 inscrits. Or, seulement quatre participent au référendum.

Dans la communauté voisine d’Iron Lake, ce sont les électeurs non autochtones et métis qui se prévalent de leur droit de vote.

Le vote autochtone compte

Les électeurs autochtones sont de plus en plus nombreux au Canada et leur vote est déterminant dans certaines régions du pays.

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Téléjournal Alberta, 12 août 2015

C’est ce que démontre le journaliste Raphaël Bouvier-Auclair dans un reportage présenté à Téléjournal Alberta le 12 août 2015.

Lors des élections fédérales du 19 octobre 2015, les principaux partis politiques présentaient tous des candidats autochtones.

Dans une cinquantaine de circonscriptions électorales, la présence des électeurs des Premières Nations pouvait déterminer quel candidat remporterait le scrutin.

C’était notamment le cas dans une circonscription du centre de la ville d’Edmonton où s’était rendu le journaliste pour réaliser son reportage.

Mais pour avoir ce rôle, il aurait fallu que les électeurs autochtones votent en plus grand nombre.

Lors du scrutin fédéral du 2 mai 2011, seulement 45 % des électeurs des Premières Nations se sont prévalus de leur droit de vote, contre 60 % chez les électeurs non autochtones.

Ce faible taux de participation autochtone aurait permis au Parti conservateur de Stephen Harper d’obtenir un gouvernement majoritaire le 2 mai 2011.

Lors des élections fédérales du 19 octobre 2015, le taux de participation des Autochtones a bondi de 14 points selon Élections Canada.

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