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Des environnementalistes autochtones davantage violentés dans le monde

Des Autochtones lors d'une manifestation.

Au Brésil, les peuples autochtones s'opposent notamment à l'exploitation des ressources naturelles sur leurs territoires.

Photo : Reuters / Ueslei Marcelino

Les militants autochtones qui se battent pour améliorer la qualité de l’environnement sont plus souvent victimes de violences ou d’assassinats, révèle une nouvelle étude à laquelle a participé un chercheur de l’Université McGill.

L’étude en question, publiée dans Global Environmental Change, précise que malgré le caractère habituellement pacifique des mesures de protestation des manifestants, ceux-ci sont victimes de violences dans 18 % des cas, et de meurtre dans 13 % des cas.

Les questions d’exploitation des ressources minières et d’occupation des territoires autochtones suscitent aussi davantage de conflits (une fois sur cinq) que les autres types de conflits environnementaux, souligne l’étude.

« Dans 20 % des conflits environnementaux, les militants font face à des accusations criminelles, à des amendes, à des poursuites et à des peines de prison. Dans 18 % des cas, ils sont victimes de violence physique et dans 13 % des cas, ils sont assassinés. Lorsque des Autochtones sont concernés, ces chiffres atteignent des taux de 27 % pour les accusations criminelles, de 25 % pour la violence et de 19 % pour les meurtres », mentionne-t-on dans les résultats des travaux.

Des populations aux aguets

Les Autochtones font aussi partie des groupes qui se mobilisent le plus dans le cadre de conflits environnementaux, aux côtés des militants aux revenus les plus faibles. Exploitation des combustibles fossiles, exploitation minière à ciel ouvert, plantations industrielles d’arbres et barrages hydroélectriques sont tout autant de projets contre lesquels les populations pauvres ou autochtones vont s’organiser et contester.

« On parle ici de collectivités pauvres et de populations autochtones qui veulent défendre leur gagne-pain et leurs possessions », précise Leah Temper, chercheuse au Département des sciences des ressources naturelles de l’Université McGill.

« Cette étude devrait donner matière à réflexion aux Canadiens, puisque les entreprises canadiennes sont surreprésentées dans la base de données sur les conflits environnementaux que nous avons consultée; elles sont en cause dans 8 % des cas analysés », ajoute-t-elle.

L’Environmental Justice Atlas (EJAtlas), qui recense les conflits mettant en cause une « plus grande justice environnementale », dispose d’une liste d’au moins 150 cas concernant des entreprises minières canadiennes, « ce qui range ces compagnies dans le groupe des pires contrevenants aux droits environnementaux et aux droits de la personne du monde », mentionne encore Mme Temper.

Toujours selon l'EJAtlas, les conflits environnementaux recensés se concentrent surtout en Asie du Sud-Est, en Europe de l'Est, mais aussi le sud du Mexique, l'Amérique centrale et la région de la cordillière des Andes, en Amérique du Sud, toutes des régions où l'on trouve plusieurs populations autochtones.

Au Canada, les conflits environnementaux impliquant des Autochtones sont nombreux; l'un des plus récents exemples, toujours en cours, est celui du gazoduc Coastal GasLink, un projet de l’entreprise TC Énergie qui l’oppose notamment à une partie de la Première Nation wet’suwet’en.

Le conflit en question a entraîné une série de blocages ferroviaires au début de l’année, à la grandeur du pays.

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