•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La fête nationale du Québec, l’occasion de célébrer de nation à nation

Un garçon brandit un drapeau du Québec.

Pour la fête nationale du Québec, plusieurs chefs autochtones invitent au dialogue entre nations. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

À l’occasion du 24 juin, date de la fête nationale du Québec, plusieurs chefs autochtones transmettent leurs bons vœux aux Québécois, tout en soulignant l’importance de valoriser la culture, l’histoire et les valeurs des Premières Nations.

Ces appels à la diversité et au dialogue sont d’ailleurs lancés quelques jours seulement après la Journée nationale des peuples autochtones, le 21  juin, et dans un contexte renouvelé de dénonciation du racisme et de la violence policière.

Le grand chef de Kanesatake, Serge Otsi Simon, n’a d’ailleurs pas spécialement le cœur à la fête. « On est en train de changer la date pour une fête qui reconnaît plus notre culture; on reconnaît la bataille de Beaver Dams, en Ontario, en 1813, où des guerriers de Kanesatake, Kahnawake et Akwesasne se sont battus auprès de l’armée britannique pour repousser une invasion américaine » durant la Guerre de 1812.

Lorsque vient le temps de transmettre un message aux Québécois, le chef Simon se fait hésitant. « Pour les Québécois, hum… simplement reconnaître qu’au Canada, comme les Autochtones, les Québécois sont minoritaires. Il faudrait reconnaître que nos cultures sont distinctes à l’intérieur de l’Amérique du Nord, et que chacun a le droit de célébrer sa fierté. »

M. Simon souhaite ainsi « une bonne Saint-Jean, et un meilleur dialogue et une meilleure relation entre nos deux sociétés, autochtone et québécoise ».

Son de cloche similaire du côté d’Adrienne Jérôme, chef du Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon, en Abitibi.

Mme Jérôme rappelle que les Autochtones ont eux aussi « leur culture, leurs traditions, leurs valeurs qui sont enseignées aux enfants ».

Nous avons aussi la fierté. Nous sommes nés Autochtones et nous en sommes bien fiers, malgré les problèmes… Je pense que nous sommes tous pareils, a-t-elle ajouté.

Rappeler les liens du passé

Si les Autochtones et les Québécois forment un ensemble de nations, leur histoire est toutefois interreliée depuis des siècles. C’est d’ailleurs ce que rappelle, pour sa part, le grand chef de Wendake, Konrad Sioui.

Pour souhaiter bonne fête à l’ensemble des Québécois, il faut avant tout se remémorer l’histoire et retourner au sein de l’alliance franco-indienne que nous avons mise en place, ensemble, présidée par ma nation, la nation Huron-Wendat, mentionne-t-il.

L’alliance en question remonte au 18e siècle, et a entre autres servi au cours de la guerre de la Conquête (1753-1763), lors de laquelle les Anglais firent le siège de Québec, avant de remporter la bataille des Plaines d’Abraham. Le conflit a pris fin en 1763, avec la cession de ce qui était alors la Nouvelle-France au Royaume-Uni.

Notre alliance est toujours forte – c’est la plus vieille alliance en Amérique du Nord. Il faut que cette alliance soit prise en compte dans chacune de nos rencontres, chacune de nos discussions. Il faut la frotter, la shiner, comme on dit en anglais, pour ne pas qu’elle rouille, pour qu’elle reluise. Les Québécois, les Premières Nations, nous sommes ensemble depuis toujours, depuis le premier jour que vous êtes arrivés, poursuit M. Sioui.

Pour ce dernier, il s’agit d’une question de « reconnaissance mutuelle, de respect mutuel, de réconciliation, si l’on veut se réconcilier ».

« Bonne fête à nos frères, nos sœurs, de toutes les couleurs, de toutes les nationalités, peu importe leur origine, sans distinction », conclut-il.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, lui, avait déjà invité la population québécoise dans son ensemble à « réfléchir sur nos relations, à nous accepter tels que nous sommes, les uns et les autres ».

Cet appel de Ghislain Picard, transmis sous la forme d’une lettre ouverte publiée à l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, précisait que la démarche ne visait pas « à se pointer du doigt, mais plutôt à se demander comment, concrètement, nous pouvons améliorer notre façon de vivre ensemble, dans le respect mutuel ».

« Les tentatives de camouflage politique ne doivent pas empêcher les citoyens, individuellement et collectivement, de voir la réalité en face et de tenter de corriger ce qui ne va pas », a-t-il ajouté, en écorchant au passage, sans les nommer, les différents paliers de gouvernement.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Autochtones

Société