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Port d’un masque autochtone pour l’anniversaire de l’ENFFADA : Legault critiqué 

Le premier ministre François Legault en compagnie de la ministre responsable des Affaires autochtones Sylvie d'Amours.

Le premier ministre François Legault a publié mercredi sur son compte Twitter une image de lui en compagnie de la ministre responsable des Affaires autochtones Sylvie d'Amours, disant souligner l'anniversaire du rapport de l'ENFFADA en arborant un masque confectionné par une couturière innue et une épinglette symbolisant les femmes autochtones disparues ou assassinées.

Photo :  Capture d’écran - Twitter

Les partis d’opposition à l'Assemblée nationale dénoncent une nonchalance et un manque d’imputabilité du premier ministre du Québec, qui a choisi, pour l’anniversaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), d'arborer un masque fabriqué par une Autochtone.

Il y a un an, le rapport de l’ENFADA a été rendu public. Pour souligner cet anniversaire, j’ai porté un masque confectionné par la couturière innue, Mathilda Fontaine, de Création Puamun, ainsi que l’épinglette symbolisant les femmes autochtones disparues ou assassinées, a écrit mercredi le premier ministre sur Twitter, omettant une lettre dans le nom de cette vaste enquête pancanadienne ayant entendu 2380 témoignages. 

C’est triste, c’est du radio-silence, déplore le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires autochtones, David Birnbaum.

Plan moyen de M. Birnbaum.

David Birnbaum, député libéral de D’Arcy-McGee, à l'Assemblée nationale, en juin 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le rapport fait un triste bilan de notre situation collective en ce qui a trait aux peuples autochtones [...] et il y avait un chapitre concernant le Québec avec 21 appels à l’action, rappelle l’élu libéral.

Il y a une nonchalance, un manque d’imputabilité. Le fait de ne rien faire pour souligner l’anniversaire indique que le gouvernement n’est pas à l’écoute

David Birnbaum, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires autochtones

C’est extrêmement décevant. Je n’ai rien contre le fait qu’on encourage les artisanes des Premières Nations, au contraire. Moi aussi j’ai un masque d’une femme innue de la communauté de Uashat, mais ce que les femmes de Uashat et de partout ont besoin, c’est pas juste qu’on achète leur artisanat, c’est qu’on ne lâche pas le morceau et que leurs droits soient reconnus, indique la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé.

Mme Massé lors d’une intervention à l’Assemblée nationale.

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire, à l’Assemblée nationale, à Québec, en juin 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Lorsqu’il a été déposé, ce rapport là, la ministre [Sylvie d’Amours, responsable des Affaires autochtones] n’a pas hésité à en reconnaître l’importance, mais après ça, les appels à la justice, à l’heure où on se parle, [...] c’est 0 pis une barre, ajoute celle qui est également porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’affaires autochtone.

Oui, il y a une une table de travail [...] mais [...] les Autochtones, vous ne les avez pas consultés [...] on ne peut plus tolérer ça, comme comportement colonial

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Cette semaine, des femmes autochtones ayant participé aux travaux de l’ENFFADA et l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador ont sommé Ottawa et les gouvernements provinciaux de passer de la parole aux actes, notamment en ce qui a trait aux 21 recommandations spécifiques au Québec.

Michèle Audette lors des auditions de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées à Richmond, en Colombie-Britannique.

Michèle Audette lors des auditions de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées à Richmond, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Les partis d’opposition reprochent au gouvernement Legault de ne pas avoir répondu tant à l'ENFFADA qu'à la majorité des recommandations du commissaire Jacques Viens. Le rapport Viens concluait, en septembre 2019, que les Autochtones sont victimes de discrimination systémique.

Pour le 1er anniversaire de la publication du rapport de l’ENFFADA, nous nous serions attendus à ce que le premier ministre fasse plus que simplement porter un masque spécial. Célébrer le talent et la créativité autochtone, c’est bien; agir pour répondre aux constats douloureux de l’ENFFADA et de la commission Viens, ça aurait été beaucoup mieux, réagit pour sa part Pascal Bérubé, chef parlementaire et porte-parole du Parti québécois en matière d’affaires autochtones.

Pascal Bérubé en mêlée de presse.

Pascal Bérubé, chef parlementaire et porte-parole du Parti québécois en matière d’affaires autochtones, lors d'une mêlée de presse à l'Assemblée nationale.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Nous devons nous assurer que les membres des Premières Nations, reconnues par le gouvernement de René Lévesque dès 1985, avec qui nous partageons la beauté du territoire québécois soient en sécurité, s’épanouissent et se sentent partenaires de l’avenir du Québec, ajoute le député de Matane.

À part une motion qui reconnaît l’importance de travailler vers la reconnaissance de la Déclaration de l’ONU sur l'autodétermination des peuples autochtones, il n’y a rien. Et c’est une motion qui a été proposée par l’opposition, et non par le gouvernement de la CAQ, insiste David Birnbaum.

Le gouvernement Legault avait d’abord refusé, à l’automne 2019, d'adhérer à cette déclaration. Puis la CAQ avait finalement voté en faveur d’une motion unanime, déposée par Québec solidaire, faisant en sorte de « reconnaître les principes et de s'engager à négocier la mise en oeuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et avec les Premières Nations et les Inuit ».

Québec solidaire (QS) et le Parti libéral du Québec (PLQ) reprochent également à François Legault d'avoir nui à plusieurs reprises aux relations de Québec avec les Premières Nations et les Inuit, notamment lors de son absence remarquée aux rencontres suivant les rapports de l’ENFFADA et de la commission Viens. 

Manon Massé estime que cette relation de confiance a aussi été brisée lors de la déclaration du premier ministre où il a dit que la présence « d’armes » sur le territoire de Kahnawake empêchait l’intervention de la Sûreté du Québec (SQ) dans la foulée de barricades en soutien aux chefs héréditaires wet’suwet’en.

Par voie écrite, l’attaché de presse de François Legault, Ewan Sauves, assure que l'adoption d'un plan d'action est une priorité pour le premier ministre et le gouvernement

Le cabinet de François Legault rappelle que deux rencontres de travail et deux rencontres techniques ont eu lieu au cours des derniers mois.

Une autre rencontre de priorisation conjointe devait avoir lieu le 16 mars dernier, mais dans le contexte de la COVID 19, elle a été remise, explique l’attaché de presse.

Ewan Sauves souligne aussi les excuses présentées au nom de l’État québécois aux Premières Nations et aux Inuit en octobre 2019, à la suite des deux rapports.

L’attaché de presse fait également valoir que la ministre Sylvie D’Amours pilote ces dossiers au nom du gouvernement et que la première de deux rencontres donnant suite aux commissions Viens et ENFFADA avait été organisée à son initiative.

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