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Les commerces de Kahnawake et de Kanesatake restent fermés malgré le déconfinement

Une cycliste près d'une des entrées principales du parc d'Oka.

Les points de contrôle installés aux deux entrées du parc d’Oka par les Mohawks de Kanesatake seront bientôt retirés.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Alors que certains détaillants ont été autorisés à rouvrir à partir de lundi dans la grande région de Montréal, les deux communautés mohawks de la région n'assouplissent pas encore les restrictions.

Les entreprises de Kanesatake, au nord-ouest de Montréal, resteront fermées et les points de contrôle continueront de restreindre l'accès à la zone aux non-résidents.

« Nous resterons fermés et en sécurité jusqu'à ce que nous le jugions nécessaire », a déclaré le propriétaire du dispensaire de cannabis Green Devil , Clifton Nicholas.

Même si M. Nicholas a affirmé qu'il était impatient de rouvrir son entreprise, il a justifié le délai supplémentaire en affirmant vouloir réduire le risque pour sa santé ou celle de sa communauté.

« J'ai travaillé dur pour bâtir cette entreprise. Il y a beaucoup de fierté et d'argent en jeu et la voir stagner là-bas, c’est juste... », a-t-il confié, sans terminer sa phrase.

« Il y a un désir d'ouverture, mais je ne veux pas être celui qui amène cette maladie dans la communauté. Je ne veux pas cette responsabilité sur mes épaules, je ne veux pas nuire à quiconque. »

Un panneau annonçant que l'accès à Kahnawake est limité aux résidents de la communauté.

L'accès à Kahnawake est présentement limité aux résidents et aux travailleurs essentiels.

Photo : Conseil des Mohawks de Kanhawake

Depuis la mi-avril, des postes de contrôle ont été installés autour de Kanesatake. Robert Bonspiel, porte-parole de l'Unité d'intervention d'urgence de Kanesatake, a déclaré que tous ces postes resteront en place, à l'exception des deux qui sont installés aux entrées du parc d'Oka. « Nous essayons de ne mettre personne en colère », a-t-il poursuivi.

« Notre but n’est pas de faire une déclaration politique. Nous n'essayons pas de faire autre chose que de protéger nos aînés et notre population vulnérable. »

Robert Bonspiel a rappelé que les autorités de Kanesatake surveillaient également de près les décisions qui seront prises par la communauté de Kahnawake, au sud de Montréal.

« Nous nous alignons davantage sur notre communauté sœur [de Kahnawake] que sur toute autre communauté », a-t-il averti.

« Je pense que l'approche de Kanesatake a plus à voir avec la communauté, les aînés et les personnes vulnérables que celle du Québec. Je ne dis pas que leur plan est mauvais, mais le nôtre est différent et notre point de vue est lui aussi différent.

« Nous savons ce qui est le mieux pour notre communauté »

De son côté, la communauté de Kahnawake reste fermée aux non-résidents et ceux qui se retrouvent sur le territoire continueront à faire face à des amendes de 1500 $. À ce jour, 305 constats d’infraction ont été délivrés par les Peacekeepers.

Le groupe de travail de Kahnawake pour contrer la COVID-19 a provisoirement fixé au 1er juin une date pour réduire les restrictions et rouvrir les entreprises qui peuvent permettre une distance physique sécuritaire.

Le commissaire à la sécurité publique de Kahnawake, Lloyd Phillips, a déclaré que certains membres de la communauté se sont dits préoccupés par le fait que cette date soit trop hâtive.

Lloyd Phillips, le commissaire à la sécurité publique du Conseil Mohawk de Kahnawake.

Lloyd Phillips, le commissaire à la sécurité publique du Conseil Mohawk de Kahnawake.

Photo : CBC / Jessica Deer

« Nous savons ce qui est le mieux pour notre communauté », a-t-il estimé. « Ce qui nous rend vulnérables nous rend également forts. »

Chaque entreprise de Kahnawake sera inspectée par le groupe de travail avant de recevoir le feu vert des autorités pour rouvrir ses portes.

« Nous espérons que cela atténuera certaines des préoccupations des membres de la communauté », a affirmé Lloyd Phillips.

« Nous comprenons que certaines personnes s'inquiètent de l'ouverture hâtive, de l'arrivée de nombreux étrangers dans la communauté et de la possibilité d’une propagation [de la COVID-19], mais nous avons toujours dit, dès le premier jour, que la science ouvrirait la voie. »

Des règles par et pour les Autochtones de la communauté

Jessica Hernandez prépare activement la réouverture de sa boutique Nicia's Accessories, un magasin de fournitures de perles et d'artisanat. D’ici le 1er juin, le commerce sera inspecté par le groupe de travail.

« C'est dans l'intérêt de la communauté », a-t-elle souligné, en référence aux exigences spécifiques de Kahnawake en matière de lutte contre la COVID-19.

« Il est important que les communautés autochtones aient leurs propres règles et modalités sur la façon d'ouvrir ou de ne pas ouvrir leur communauté. »

Mme Hernandez a affirmé que l'une des raisons pour lesquelles elle veut rouvrir son commerce est son inquiétude quant à la santé mentale des gens face à la pandémie. Elle estime que le perlage pourrait offrir de l'aide.

« S'ils veulent que les gens restent à la maison, les gens ont besoin de choses à faire – non seulement pour ne pas s'ennuyer mais aussi pour leur santé mentale », a-t-elle confié.

« Le perlage est une sorte de médication. Avec toutes les distanciations sociales et l'isolement, il est important que les gens aient des choses [à faire] qui vont les aider à s'en sortir. » 

D’après un texte de Jessica Deer, CBC News.

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