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Projet minier à Saint-Michel-des-Saints : les Atikamekw exigent d’être consultés

Paul-Émile Ottawa, chef de Manawan, et Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw.

Paul-Émile Ottawa, chef de Manawan, et Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw

Photo : Radio-Canada

Le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) et le Conseil des Atikamekw de Manawan (CDAM) dénoncent d'avoir été écartés des consultations formelles du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) au sujet du projet minier Matawinie dans la région de Saint-Michel-des-Saints.

Ce rapport est incomplet [...] ils ont besoin d’avoir le point de vue de la Nation Atikamekw [...] c’est de la négligence, soutient Constant Awashish, le grand chef de la Nation Atikamekw.

Tant le grand chef Awashish que Paul-Émile Ottawa, le chef de la communauté de Manawan, disent ne pas s’expliquer comment Québec et les membres du BAPE ont pu d’abord accepter la demande de tenir des audiences à Manawan, puis la refuser durant la pandémie.

Les deux jours d’audience prévus en février ont été suspendus en raison des difficultés personnelles de l’un des participants. Une deuxième date devait être fixée, selon les chefs, puis la pandémie a frappé le pays.

Les gens doivent comprendre que ce projet-là doit se faire avec les Atikamekw. Sans les Atikamekw, ça ne marche pas, affirme Paul-Émile Ottawa.

Loin de s’opposer au projet minier visant la production de 100 000 tonnes de graphite par année, les Atikamekw souhaitent être consultés en vertu de leur droit ancestral sur ce territoire non cédé.

Paul-Émile Ottawa souligne que la Nation Atikamekw voit même ce projet d'un bon oeil. La Nation Atikamekw a d'ailleurs signé une entente d'avant-projet avec l'entreprise Nouveau Monde Graphite. L'objectif, selon les chefs, était d’être partie prenante des travaux et d’assurer à la communauté des emplois de qualité au moyen d'un programme qui devait être mis sur pied.

On a l’impression d’être les seuls à avoir été de bonne foi… Ce n’est pas facile avec le promoteur. Tantôt il dit oui, après il change d’idée, déplore le chef Ottawa.

Plusieurs arrêts de la Cour suprême balisent la reconnaissance du territoire ancestral. L’affaire Delgamuukw, datant de 1997 et concernant des chefs héréditaires wet’suwet’en, détermine notamment certains critères pour démontrer qu’une nation détient des droits sur un territoire non cédé. La communauté doit ainsi prouver qu’elle occupait ce territoire avant la proclamation de la souveraineté britannique.

En 2014, la Cour suprême a rendu une décision dite historique concernant la Nation Tsilhqot’in, toujours en Colombie-Britannique, qui reconnaît pour la première fois un titre autochtone ancestral sur un territoire.

Dans une étude de faisabilité dévoilée en décembre 2018, le promoteur fait lui-même état des parties prenantes au projet, dont Saint-Michel-des-Saints, Saint-Zénon, le Conseil de la Nation Atikamekw, le Conseil des Atikamekw de Manawan et la MRC de Matawinie.

C’est un manque de sensibilité.

Constant Awashish

Jugeant qu’ils n’ont pas bénéficié d’une tribune partiale et équitable pour partager leurs préoccupations, les Atikamekw demandent à Québec d'intervenir immédiatement pour prolonger les travaux du BAPE.

La crise est venue chambarder tout notre modus operandi pour qu’on puisse voyager à l’extérieur de la communauté, avec les gens impliqués, les chefs, les aînés, les membres du conseil [...] et pour les gens du BAPE c’était aussi impossible de venir dans nos communautés, explique Constant Awashish.

Deux poids, deux mesures?

Les chefs font valoir que d’autres projets ont été mis en veilleuse durant la pandémie. Notamment, la suspension des travaux du BAPE concernant le projet d’usine gazière de GNL Québec ainsi que le délai accordé au BAPE dans le cadre du projet de la ligne d’interconnexion des Appalaches-Maine.

Ce qui est désolant, c’est que le Québec était sur pause [...] pourquoi pour nous ça n'a pas été comme ça?, questionne Paul-Émile Ottawa.

Selon le site Internet du BAPE, le rapport final doit être remis au ministre québécois de l’Environnement, Benoit Charette, au plus tard le 26 mai. Il sera rendu public dans les 15 jours suivants.

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