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75 M$ d’Ottawa : enthousiasme prudent et poursuite judiciaire maintenue

Montage photo du Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec visant à rappeler aux Autochtones en milieu urbain de ne pas hésiter à demander de l'aide.

Montage photo du Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec visant à rappeler aux Autochtones en milieu urbain de ne pas hésiter à demander de l'aide.

Photo : Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec

Plus de deux mois après l’éclosion de la pandémie au pays, l’annonce d’un investissement supplémentaire de 75 M$ pour les services dans les centres urbains ou hors réserve est bien accueillie, mais non sans une certaine appréhension des organismes communautaires autochtones.

Ce montant supplémentaire vise à financer des services considérés urgents comme la sécurité alimentaire, le soutien aux aînés ou aux jeunes en difficulté.

Les 15 millions [initiaux] étaient vraiment insuffisants c’est pour cela qu’on accueille cette nouvelle avec beaucoup d’enthousiasme, mais avec prudence, car on ne connaît pas les modalités de versement encore, explique Tanya Sirois, la directrice générale du Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec.

Ottawa a d'abord alloué 305 millions aux communautés autochtones pour lutter contre la pandémie, dont 15 millions pour les services hors réserve ou dans les centres urbains.

De ce montant, les 107 centres d'amitié et associations provinciales/territoriales du pays se sont partagé 3,75 millions de dollars.

L'équipe du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or poursuit ses opérations, malgré la pandémie de COVID-19.

L'équipe du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or poursuit ses opérations, malgré la pandémie de COVID-19.

Photo : Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or

Voyant les demandes en services s’accroître, les centres d’amitié autochtones ont fait des demandes répétées, ces dernières semaines, pour obtenir plus de financement.

Des représentants du Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec, mais aussi du Congrès des peuples autochtones (CPA), ont notamment fait valoir le 13 mai leurs besoins criants auprès du Comité permanent des affaires autochtones et du développement du Grand Nord, lors d’une réunion virtuelle.

La journée a culminé lorsque le CPA a annoncé sa décision d’intenter une poursuite en Cour fédérale contre Ottawa pour avoir fourni une aide jugée inadéquate durant la pandémie.

La poursuite n’est pas tombée, elle n’est pas caduque. Le conseil d’administration du Congrès des peuples autochtones se réunira demain (vendredi) et pourrait statuer sur la question, indique Carlos Godoy, l’attaché de presse de l’organisation.

Selon le CPA, les modalités de l’annonce financière demeurent floues.

Nous ne savons toujours pas le quand et le comment du déploiement du programme de financement. De quelle manière l’argent sera-t-il distribué? Selon quels critères? À quels organismes? Nous attendons impatiemment des détails du cabinet du ministre Miller, ajoute-t-il.

Le Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec, qui existe depuis plus de 40 ans, voit toutefois dans cette annonce une forme de reconnaissance attendue depuis longtemps, envers l’importance des services offerts hors réserves. Les gestionnaires des 11 centres d’amitié autochtones québécois demeurent toutefois sur leurs gardes.

Il y avait un angle mort dans les 305 millions

Édith Cloutier, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or

Ce sont des milliers de personnes qui reçoivent de l’aide dans nos centres ouverts 7 jours sur 7, à travers notre livraison de boîtes alimentaires, nos services psychosociaux, etc. [...] C’est un pas important, intéressant, mais il faut voir comment le gouvernement va déployer ça, souligne Édith Cloutier, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or.

Tanya Sirois à la tête du regroupement québécois des centres d'amitié estime que le gouvernement fédéral invoque trop souvent des raisons politiques pour refuser du financement aux organismes communautaires.

Selon la directrice générale, l'amélioration des relations entre Ottawa et les conseils de bande est un dossier à part qui doit être dissocié du financement voué aux services de première ligne.

Le gouvernement du Canada a un peu de difficulté à différencier ces deux aspects. L’un ne doit pas effacer l’autre, ces deux chantiers sont extrêmement importants, mais il ne doivent pas être mélangés, conclut-elle.

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, a pour sa part salué la nouvelle sur Twitter rappelant que plus de la moitié de la population autochtone vit en milieu urbain.

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