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La Nation des Cris de Tataskweyak rejette l’injonction contre le blocage au projet Keeyask

Des hommes et des femmes bloquant une autoroute avec des pancartes de protestation.

Des membres de la Nation des Cris de Tataskweyak bloque l'autoroute 280 qui mène au chantier de la centrale Keeyask.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des membres des quatre Premières Nations du nord du Manitoba qui sont partenaires dans le projet de centrale Keeyask se sont montrés solidaires mercredi quand la cheffe de la Nation des Cris de Tataskweyak a reçu une injonction contre un blocage, document qu’elle a prestement déchiré.

Hydro-Manitoba avait obtenu une injonction contre les membres de la Nation des Cris de Tataskweyak qui bloquent la route 280 menant au site de la centrale hydroélectrique Keeyask.

Ces derniers craignent que les travailleurs d’Hydro-Manitoba amènent la COVID-19 dans leur communauté.

La cheffe Doreen Spence a déchiqueté l’injonction [et] l’a jetée à terre, raconte le conseiller de bande Tataskweyak Nathan Neckowa, qui ajoute que d'autres ont suivi en mettant les bouts de papier déchirés dans le feu. « C'était très puissant, ce qu'a fait notre cheffe », dit-il.

Les membres de la Première Nation située dans le nord de la province bloquent l’unique route qui mène à la centrale hydroélectrique en construction depuis la semaine dernière afin d’empêcher un changement de quart des ouvriers qui était prévu pour mardi.

Un deuxième barrage a été érigé mardi par la Première Nation de Fox Lake, bloquant lui aussi l’accès au chantier.

Les Premières Nations War Lake et York Factory se sont jointes aux deux autres partenaires lorsque la Nation des Cris de Tataskweyak a reçu l’injonction mercredi soir.

Les gouvernements s'expriment

Les premiers ministres du Manitoba et du Canada se sont tous deux prononcés jeudi sur les blocages.

Bien que le premier ministre provincial Brian Pallister s’avoue impressionné par le leadership des Premières Nations manitobaines et que ces dernières aient réussi jusque-là à écarter la COVID-19 de leurs communautés, il stipule que les Premières Nations doivent respecter la liberté de circulation ainsi que l’avis du médecin hygiéniste en chef de la province.

Nous devons respecter l’État de droit.

Brian Pallister, premier ministre du Manitoba

Justin Trudeau a, lui, souligné que les conversations entre les leaders autochtones et non autochtones doivent progresser de façon à protéger les Canadiens et à permettre un retour progressif à la normalité.

Chaque communauté doit prendre des décisions pour assurer la protection de ses membres, mais je pense qu’il existe plusieurs moyens pour y parvenir, dit-il.

Le premier ministre Trudeau a ajouté que tous les gouvernements doivent travailler ensemble afin d'assurer la sécurité de tous les Canadiens, dans la mesure du possible, tout en reconnaissant que certaines communautés et certains individus sont plus vulnérables.

Quant à lui, M. Neckoway estime que le prix est trop élevé pour se retirer et affirme que le quatuor de Premières Nations continuera à bloquer les chemins d’accès au chantier Keeyask.

Nous allons persévérer. Nous comprenons que notre message se fait entendre, dit-il.

Je sais que les gens dans le nord du Manitoba, et même d’autres à travers le Canada, commencent à entendre notre message, et ils nous encouragent à continuer, affirme-t-il.

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