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Évacuation d'urgence du Foyer pour les femmes autochtones de Montréal

Le Foyer pour femmes autochtones de Montréal a dû fermer en raison d'une éclosion de COVID-19. Un premier appel à l'aide aux autorités de la santé avait été ignoré.

La directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal (FFAM), Nakuset.

La directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal (FFAM), Nakuset.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Le Foyer pour femmes autochtones de Montréal vient de vivre une véritable course contre la montre. Des employés ont, un à un, contracté la COVID-19 ses derniers jours, nécessitant un transfert d’urgence des femmes et des enfants qui y logeaient. 

Je n’ai jamais eu à fermer le refuge, et je n’aurais jamais pensé avoir à le faire, explique sa directrice générale, Nakuset. 

Au début, tout allait bien. Nous avions même créé deux groupes de travail avec les employés. L’un était confiné pour pouvoir remplacer le premier groupe en cas d’éclosion, relate-t-elle.

Mais l’éclosion est plus importante que prévu. Elle survient entre la fin du mois de mars et le début du mois de mai.

Ça a commencé par un employé, puis deux le lendemain, puis trois, puis sept. Nous avons déployé le plan pour remplacer le premier groupe, mais ça ne fonctionnait plus, j’ai dû rapatrier d’ex-employés, puis à la fin, je n’avais presque plus personne., raconte Nakuset.

Le travail devient de plus en plus exigeant, car les femmes et les enfants sont désormais confinés dans leur chambre et ont besoin qu’on leur livre des repas.

La moitié des employés de l’organisme contractent le virus. Les autres sont rongés par l’apparition de symptômes potentiels et l’inquiétude.

Le 14 mai, Nakuset appelle le CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal pour demander du matériel et du personnel de soutien d’urgence.

Ils m’ont dit que nous allions avoir toutes les ressources demandées [masques, gants, produits de nettoyage] et du personnel pour nous aider ainsi qu’un hôtel pour transférer les femmes et les enfants, mais en fin de journée, j’ai eu un appel pour me dire que finalement, tout cela n’était pas considéré comme nécessaire et de continuer ce qu’on faisait, déplore-t-elle.

Le refuge qui habituellement fonctionne avec au moins 7 employés (intervenants psychosociaux, cuisinier, administrateurs, réception, etc.) ne compte que 1 à 3 personnes par jour pour tout faire.

J’avais le cœur brisé, je ne comprenais pas pourquoi on ne nous aidait pas

Nakuset, directrice générale de Foyer pour femmes autochtones de Montréal

Parallèlement préoccupée par l’absence de dépistage pour les personnes en situation d'itinérance au square Cabot, elle qui est également directrice de Résilience Montréal, elle tire la sonnette d’alarme auprès de deux travailleurs sociaux avec qui elle collabore depuis le début de la pandémie.

Frappés par l’urgence de la situation et la lenteur de la fonction publique à y répondre, les deux travailleurs sociaux Emily Brunton et Simon Beauregard contactent leur supérieure, Annie Arevian, selon Nakuset, cheffe des services psychosociaux généraux au CIUSS. Cette dernière décide d’agir tout de suite, contournant la décision initiale de la santé publique, pour transférer les femmes et les enfants dans un hôtel de Montréal.

Ils m’ont dit : on a l’espace, on est prêts pour le déménagement!, explique Nakuset, qui louange leur aide.

Nakuset joint immédiatement son complice chez Résilience Montréal, David Chapman, qui trouve un véhicule pour effectuer le transfert. En moins d’une demi-heure, les femmes et les enfants plient bagage. 

Préférant ne pas révéler combien de résidents ont pu contracter le virus, par mesure de confidentialité, elle assure que tout le monde va bien.

C’est vraiment dur à gérer, voir ses collègues tomber malades… et se demander quand sera son tour

Nakuset, directrice générale de Foyer pour femmes autochtones de Montréal

Elle prépare désormais la réouverture du refuge pour la fin du mois de mai, non sans certaines appréhensions.

Il n’y a pas de garantie qu’il n’y aura pas une deuxième vague. Ce que je retiens, c’est qu’il y a beaucoup d’administration et que c’est une histoire de juridiction, dit-elle.

Si cela n’avait été d’employés sur le terrain qui se sont battus pour nous, nos demandes seraient tombées dans de sourdes oreilles, conclut-elle.

Ayant retrouvé une partie de ses employés, dont certains devront passer un deuxième test pour s'assurer qu'ils n'ont pas la COVID-19, Nakuset se dit convaincue de pouvoir rouvrir en toute sécurité une fois le bâtiment décontaminé.

Elle somme toutefois la santé publique de garder en tête le besoin imminent d’aide si une deuxième vague survient et le besoin de ressources matérielles... qui se fait toujours attendre.

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