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Un aîné micmac crée 22 tableaux pour les familles des victimes de la tuerie en Nouvelle-Écosse

L'artiste Joe Michael et un montage de plusieurs de ses oeuvres.

L'artiste Joe Michael, un ancien policier de la GRC, espère que ses oeuvres aideront les familles des victimes de la tuerie d'avril dernier en Nouvelle-Écosse à passer au travers des moments difficiles.

Photo : CBC/Courtoisie Joe Michael

Radio-Canada

Joe Michael, un aîné micmac de la Première Nation de Sipekne'katik, en Nouvelle-Écosse, a porté pendant 25 ans l’uniforme d'officier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Touché comme plusieurs par la tragédie qui a secoué sa province en avril, il a décidé de préparer un cadeau pour les familles et les proches des victimes.

Pendant 13 heures, du 18 au 19 avril, 22 personnes ont été tuées, pour la plupart par arme à feu, le long d’un parcours s’étendant sur environ 150 kilomètres.

Joe Michael a créé 22 peintures qui contiennent des éléments ou des symboles des enseignements traditionnels micmacs, qui, espère-t-il, aideront les familles à guérir et à se remettre de la perte de leurs proches.

« Les peintures semblaient jaillir [d’elles-mêmes] », a-t-il expliqué. « [Dès que] je finissais une image, une autre me venait à l’esprit. À partir de ce moment, l’effet boule de neige s’est mis en branle. »

Plus tard cette année, lorsque les mesures pour arrêter la propagation de la COVID-19 seront réduites et que les gens pourront se rassembler en plus grand nombre, il espère rencontrer les familles pour partager ses peintures et les inviter à participer à des cérémonies traditionnelles micmaques. Il a d’ailleurs partagé ses coordonnées sur son site web, au cas où des proches des victimes voudraient communiquer avec lui.

« [Les Micmacs] comprennent et nous voulons partager nos enseignements, notre guérison. Nous voulons aider », a-t-il souligné.

Habitué des tragédies

Joe Michael, connu à l'échelle internationale pour la fabrication artisanale et la peinture de bâtons de parole – des objets utilisés dans de nombreuses cultures des Premières Nations –, a affirmé qu'il consultait les informations sur la tuerie et les différentes scènes de crime, tôt le 19 avril, lorsqu'il a commencé à ressentir une sensation de malaise « dans [son] cœur, dans [ses] tripes ».

Officier de la GRC dans de nombreuses collectivités de la Nouvelle-Écosse pendant 25 ans, Joe Michael concède avoir été témoin de plusieurs moments difficiles. En 2014, lorsque trois agents de la GRC ont été tués lors d'une fusillade à Moncton, au Nouveau-Brunswick, on lui avait demandé de se rendre dans la province pour honorer les victimes et leurs familles lors de cérémonies micmaques, a-t-il rappelé. Pour l’occasion, il avait fabriqué des bâtons de parole pour les épouses des trois agents tombés sous les balles d’un tueur.

« J'ai regardé certaines des images que j’avais mises sur un bâton de parole et j'ai commencé à peindre », a-t-il confié. « Je laisse mon esprit être guidé par mes mains. »

L'oeuvre créée par Joe Michael en hommage à la gendarme Heidi Stevenson, tombée sous les balles d'un tireur lors de la tuerie d'avril 2020 en Nouvelle-Écosse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'oeuvre créée par Joe Michael en hommage à la gendarme Heidi Stevenson, tombée sous les balles d'un tireur lors de la tuerie d'avril 2020 en Nouvelle-Écosse.

Photo : Courtoisie Joe Michael

Le premier tableau qu'il a terminé, a-t-il dit, était celui de la gendarme Heidi Stevenson, qui a été tuée lors de la fusillade. Bien qu'il ait travaillé pour la GRC de la Nouvelle-Écosse en même temps qu’elle, Joe Michael a affirmé qu'il ne la connaissait pas personnellement, mais qu'elle avait déjà fait tout en son possible pour s'occuper d'un membre de sa famille qui avait eu des problèmes avec la justice.

« Les histoires que j'ai entendues d'elle... elle était une membre [de la GRC] très respectée. Elle était bienveillante et a toujours aidé les gens », a-t-il dit.

Joe Michael a encadré sa peinture d’Heidi Stevenson avec une plume d'aigle, un grand honneur dans la pratique culturelle micmaque.

L’artiste a dit espérer que chaque famille ressentirait un lien avec l’un des 22 tableaux et le ramènerait à la maison. Il a par contre l'intention d’offrir le tableau de Stevenson à sa famille.

D’après un texte de Nic Meloney, CBC News.

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