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Police et femmes autochtones : la collaboration plutôt que la répression

Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ)

Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ)

Photo : Catou MacKinnon /CBC

Une intervention policière au square Cabot à Montréal le 3 mai s’est soldée par une plainte envers le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Une plainte mais aussi une main tendue pour une meilleure collaboration avec les organisations autochtones.

Il aura fallu plusieurs heures de discussions entre David Chapman, le coordonnateur de Résilience Montréal, un refuge pour sans-abri, et une femme de la nation crie en détresse psychologique, avant que celle-ci n’accepte qu’il fasse venir une ambulance.

Au lieu d'une ambulance, 17 policiers du SPVM, dont l’escouade canine, se sont présentés sur les lieux.

L’intervention a été vivement dénoncée par Nakuset, la directrice du centre Résilience Montréal et du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, qui a déposé une plainte le 5 mai contre le SPVM.

De son côté, Viviane Michel, la présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ), considère cette intervention d’une ampleur exagérée et demande une nouvelle fois la collaboration du SPVM avec les organisations autochtones pour que cela cesse.

Comment ça se fait que lorsque t’appelles pour avoir des services d’ambulance, c’est plutôt la police qui se pointe?, se demande Mme Michel.

Est-ce qu’on parle de profilage racial? Est-ce qu’on parle de discrimination parce que c’est une femme autochtone?, s’inquiète la présidente de FAQ, qui se dit dépassée par la situation.

Mme Michel rappelle que la discrimination systémique et les violences structurelles et institutionnelles envers les Autochtones, et plus particulièrement les femmes, ont été au cœur des témoignages de la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (CERP), de même qu’à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA).

On a dénoncé dans les deux commissions justement l’accès à la justice qui n’est pas adapté aux femmes autochtones ou bien qui n’est pas pris au sérieux, et ça, c’est un bel exemple qu’on peut voir aujourd’hui, précise-t-elle. Rien n’a été réglé malgré les commissions d’enquête et les recommandations faites, dit Mme Michel. On ne s’est toujours pas assis pour essayer d’établir quelque chose pour éviter des événements de ce genre.

Formation et sensibilisation

FAQ demande une meilleure collaboration avec le SPVM afin d’élaborer des protocoles d’intervention auprès des femmes autochtones et prendre des mesures radicales afin d’éradiquer le profilage racial.

En octobre dernier, rappelle Viviane Michel, on avait les conclusions d’un rapport indépendant où l’on pouvait lire que "les femmes autochtones constituent un groupe particulièrement ciblé par les interpellations [policières]". On parlait de 11 fois plus de risques de se faire interpeller que des femmes blanches. On touche encore à la discrimination et au profilage racial, insiste-t-elle.

Des interventions de ce genre nous font nous poser encore plus de questions, dit Viviane Michel, qui aimerait que l’on s’occupe de la protection et de la sécurité des femmes autochtones comme tout être humain.

FAQ compte suivre les développements dans cette affaire et analyse les démarches qui pourraient être entreprises.

Une demande d'entrevue a été faite au SPVM, qui a répondu être actuellement en processus d'analyse de la situation et donc ne pas être en mesure, pour le moment, de nous accorder cette entrevue.

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