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Les Aigles d’Ahuntsic balaient les « Indiens »

Deux équipes de football collégial s'affrontant

Les Indiens d'Ahuntsic affrontant les Gaillards du Cégep de Jonquière en 2018.

Photo : Courtoisie Dominick Béland

C’est terminé pour les « Indiens » du collège Ahuntsic. Les 14 équipes sportives du Collège changent d’appellation et se nomment maintenant les Aigles d’Ahuntsic.

Un processus d’« autochtonisation » entamé il y a 18 mois par la direction de l’établissement d’enseignement, en collaboration avec l’organisme « d’éducation sur les réalités autochtones » Mikana, a permis de franchir cette nouvelle étape qui s’est soldée par un scrutin.

La majorité des voix, composées d’étudiants-athlètes et de membres d’un comité mis en place pour le changement d’identité, ont choisi les Aigles, nom que les équipes sportives arboreront dès la rentrée 2020-2021.

Un nouveau logo sera également dévoilé d’ici l’automne.

L’aigle est vif, majestueux et puissant. Ses nombreuses qualités font de lui un animal qui, par l’envergure de ses ailes et sa capacité à voler en hauteur, sait s’élever bien au-dessus de la mêlée, peut-on lire dans le communiqué diffusé par le Collège Ahuntsic.

C’est sans oublier l’aspect significatif qu’a l’aigle chez les Premières Nations, explique la poétesse innue Maya Cousineau Mollen, ancienne coprésidente du RÉSEAU pour la Stratégie urbaine de la communauté autochtone de Montréal.

Maya Cousineau Mollen

Maya Cousineau Mollen

Photo : Éditions Hannenorak

Pour nous, c’est un messager. J’ai moi-même reçu une plume d’aigle, et quand on en reçoit une, il y a une responsabilité qui vient avec, explique-t-elle.

À cheval entre deux cultures, innue et québécoise, la jeune femme a toujours souhaité créer des liens entre les gens.

Invitée par le collège à donner un atelier de médiation culturelle, en lien avec son parcours de vie, Maya Cousineau Mollen en a profité pour témoigner de la discrimination qu’elle a vécue tout en échappant au spectre de la victimisation.

En allant chercher des forces dans ces deux identités-là, j’essaie d’être le plus résiliente possible et j’essaie de créer des ponts le plus possible.

Outre ce témoignage, il a fallu, pour en arriver à cette « décolonisation », tout un travail préparatoire.

La décision de mener à bien cette transformation identitaire s’est inscrite dans une démarche porteuse de sens, réparatrice et mobilisatrice officialisée en 2019 au Collège, apprend-on encore dans le communiqué de presse.

Gilbert Niquay, le facilitateur à la vie étudiante autochtone au collège Ahuntsic.

Gilbert Niquay, le facilitateur à la vie étudiante autochtone au collège Ahuntsic.

Photo : Collège Ahuntsic / Francine Duquette

En novembre, un facilitateur à la vie étudiante autochtone a été nommé. Gilbert Niquay, un Atikamekw originaire de Manawan, étudiant à l’Université de Montréal, s’est impliqué dans la création de la nouvelle identité sportive.

En tant que facilitateur, il a pour mandat de bonifier la sécurité culturelle des étudiant(e)s des Premières Nations et Inuit au collège Ahuntsic.

Ce concept de sécurisation culturelle a été développé chez les Maoris de la Nouvelle-Zélande dans les années 90. 

En janvier, un atelier d’autochtonisation, ouvert à tous, a permis d’explorer la pédagogie de l’inconfort, décrite comme une posture interdisciplinaire visant à contrer l’impuissance ressentie devant les injustices.

Et puis nous avons, comme prévu, créé une bourse pour les étudiant.e.s autochtone.s, précise Julie Gauthier, enseignante en anthropologie et initiatrice de la démarche d’autochtonisation dans ce cégep montréalais francophone.

Cette bourse, dont la remise doit avoir lieu à l’automne, portera le nom d’une de nos collaboratrices atikamekw de longue date dans le projet Rencontres autochtones, qui se veut une expérience de rapprochement avec les Premières Nations. 

L’Université McGill à Montréal a aussi pris la décision d’abandonner le nom et le logo de ses équipes sportives masculines, les Redmen, jugé insultant, voire raciste, par des étudiants autochtones. Un nouveau nom est toujours attendu.

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