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Une saison « en confinement » dans la vie de Joséphine Bacon

Joséphine Bacon, à la fenêtre d'une maison à Natashquan.

Joséphine Bacon, à la fenêtre d'une maison.

Photo : Kim O'Bomsawin

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Joséphine Bacon n’a pas le temps de s’ennuyer entre les quatre murs de son logis. Si le coronavirus oblige les 70 ans et plus à être particulièrement prudents, il ne l’empêche pas de continuer à créer, à traduire et à réfléchir.

« Bibitte », comme la surnomment ses amis, a souligné ses 73 ans il y a quelques jours. Tous ceux qui le pouvaient se sont arrêtés au seuil de sa porte, l’un avec du vin, l’autre du fromage, et d’autres encore avec des douceurs qui rendaient le moment plus acceptable.

Une fête impromptue qui s’est déroulée à deux mètres et plus de distance. Ils ont devisé sur le mal qui nous guette, sur l’éveil de la nature, sur le temps qui passe et sur ce qui occupe Joséphine depuis plus de six semaines.

Car Mme Bacon n’est pas femme d’ennui.

Poétesse, parolière et réalisatrice, l’Innue originaire de Pessamit a plusieurs projets au ralenti.

Elle poursuit ses traductions pour la cinéaste abénakise Kim O'Bomsawin, en préparation d’un nouveau film.

Elle travaille également sur Nitassinan, un long métrage documentaire qu’elle coréalise avec Carlos Ferrand, pour Terre innue. Elle donne encore des cours d’innu aimun au collège Kiuna.

Par contre, d’autres sont arrêtés, dont les cours offerts par le Cercle KISIS, à l’ENAP, à Québec.

Ça n’empêche pas que ta tête travaille quand même, se console Joséphine Bacon.

Empêchée de sortir depuis plus de six semaines, Joséphine ne se sent pas aussi inspirée qu'elle le souhaiterait, mais elle écrit à l’occasion des poèmes, de peu de mots certes, mais qui racontent le moment.

« La Terre célèbre mon absence
De ma fenêtre je cède mon regard
Pour retourner à sa beauté »

— Une citation de  Joséphine Bacon

C’est court, mais ça dit tout, souligne la poétesse.

Et puis Joséphine philosophe sur le sort des vieux, les laissés-pour-compte de la société il y a peu de temps encore.

On parle beaucoup des vieux je trouve! On en parle parce qu’on a été obligés, sinon ils seraient restés oubliés, fait remarquer Joséphine.

Celle-ci souhaite que la situation actuelle engendre un éveil de la société : ça va peut-être nous permettre de nous rendre compte que nous aussi on va être à leur place et on aimerait être bien traités.

« Il a fallu une pandémie pour se rendre compte de la façon dont les aînés sont traités. »

— Une citation de  Joséphine Bacon

Quand le cours normal de la vie reprendra, Joséphine Bacon replongera dans ses activités d’écriture, de tournage, d’enseignement.

Première Autochtone à recevoir le prix Samuel de Champlain pour le Canada, en novembre dernier, Joséphine Bacon sera aussi au grand écran bientôt dans Bootlegger, la dernière production de la réalisatrice Caroline Monnet.

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