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Les chefs innus ne veulent pas d'un déconfinement précipité

David Jean-Pierre contrôle une voiture qui sort de la communauté de Uashat.

David Jean-Pierre est gardien au poste de contrôle situé au coin de l'avenue de Quen et de la rue du Vieux Poste à Uashat (archives).

Photo : Radio-Canada / Marie Kirouac

Radio-Canada

Les neuf chefs des communautés de la Nation innue au Québec ont envoyé une lettre au premier ministre François Legault pour lui faire part de leurs craintes concernant le déconfinement progressif mis en branle par le gouvernement

Leur message est clair : il ne faut pas mettre en danger la population des communautés au nom de la relance de l’économie.

Ils craignent qu’un retour massif de travailleurs de l’extérieur sur les chantiers de la région mette en péril les efforts déployés par les communautés pour limiter la propagation du virus de la COVID-19.

Le chef de la communauté de Uashat mak Mani-utenam, Mike McKenzie, souhaite voir plus de contrôle dans les aéroports pour les travailleurs provenant de l'extérieur de la région.

Il faudrait qu'il y ait un contrôle assidu au niveau des travailleurs qui proviennent de l'extérieur.

Mike McKenzie, chef, Uashat mak Mani-utenam

Des populations à risque

Dans leur message, les chefs rappellent que les facteurs de risque sont très élevés dans les communautés innues en raison du fort taux de maladies chroniques, du surpeuplement, du manque de personnel en soins de santé et de l’isolement géographique de certaines communautés.

On a tellement de maladies chroniques comme le diabète, des maladies cardiovasculaires, de l’asthme, de l’hémodialyse. [...] On a beaucoup de personnes âgées dans les Premières Nations, précise le chef Mike McKenzie.

Le chef Mike McKenzie s'adresse au public dans une conférence de presse.

Le chef Mike McKenzie. (archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Les chefs demandent au gouvernement de prendre en considération ces réalités dans ses décisions relatives au déconfinement.

Un déconfinement très progressivement

Par ailleurs, Uashat mak Mani-utenam étudie la possibilité de son propre déconfinement.

Alors que le gouvernement Legault a annoncé lundi la reprise des classes dans les écoles primaires le 11 mai, le conseil de bande de Uashat mak Mani-utenam a lancé un sondage la semaine dernière à ce sujet. Les parents de la communauté sont invités à se prononcer sur le retour à l’école de leurs enfants.

Actuellement, ce qu’on voit dans les sondages, ils sont très préoccupés les parents, affirme cependant le chef.

Le déconfinement est donc envisagé de façon très progressive à Uashat et à Mani-utenam.

Ces deux réserves situées près de Sept-Îles ont fermé les portes de leurs territoires le 26 mars dernier. Un couvre-feu y est également instauré depuis le 3 avril.

Avec les informations de Laurence Royer

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