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« Si tout va bien, ça va être une année catastrophique »

Pêche aux crabes Uapan

Les Pêcheries Uapan connaîtront assurément une année difficile.

Photo : Radio-Canada / Caroline Girard

Avant que ne frappe la pandémie, les affaires allaient bien. Sept bateaux, trois espèces principales – crevette, crabe des neiges et homard – et un chiffre d’affaires en croissance.

Nous sommes aux Pêcheries Uapan, sur la Côte-Nord, une entreprise fondée en 2007 par la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, à Sept-Îles.

Aujourd’hui, la demande pour ces trois produits est si faible que le directeur de l’entreprise, Yan Tremblay, parle de prix de vente réduits de moitié.

Ce n’est pas rose dans les pêches cette année. Pas pantoute, même. Les tendances du marché nous démontrent des prix à 50 % de leur valeur habituelle, raconte l’Innu originaire de Matimekosh (Schefferville).

C’est la principale raison qui pousse M. Tremblay à dire qu’une catastrophe est ce qui peut maintenant arriver de mieux pour les Pêcheries Uapan.

***

La chute des prix liée à la pandémie fera donc disparaître la moitié du chiffre d’affaires de l’entreprise.

Pour que ce meilleur des pires scénarios se produise, il faudra tout de même que Uapan capture – pêche – autant de livres de crevettes, de crabes et de homards qu’à l’habitude.

Ce qui n’est pas certain d’être le cas.

Prenons l’exemple de la crevette. Des sept bateaux de Uapan, un seul est destiné à cette pêche, pour laquelle l’équipage part une semaine, loin au large.

La pêche à la crevette est le type d’opération qui coûte le plus cher à l’entreprise.

Si le prix de vente de la denrée fond de moitié, voire davantage, il n’est pas certain que ce soit rentable d’y aller.

Yan Tremblay sur le quai des pêcheurs à Sept-Îles

Yan Tremblay

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Ça se peut que la saison soit reportée. Ça se peut qu’on n’aille pas pêcher du tout. Ça va dépendre du prix. Si on se rend compte qu’on va aller pêcher à perte, on n’ira pas. On ne payera pas pour aller pêcher.

Yan Tremblay, directeur des Pêcheries Uapan

Yan Tremblay parle souvent avec ceux qui dirigent un autre maillon important de la chaîne, les usines de transformation. Pour savoir quand ils vont acheter des crevettes et à quel prix, explique-t-il.

Et si le prix est finalement trop bas et qu’il ne permet pas de couvrir les frais d’opération de Uapan, on n’ira pas.

La situation n’est pas plus rose ailleurs. Le homard, c’est encore plus inquiétant, selon M. Tremblay. Comme il s’agit d’un marché où le produit est vendu vivant, en vivier, les usines de transformation ne peuvent pas le stocker.

La pêche au homard doit commencer le 13 mai sur la Côte-Nord.

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C’est un problème pour nos équipages, mais aussi pour les revenus de la communauté, ajoute Yan Tremblay.

En effet, les profits générés par les Pêcheries Uapan représentent des revenus autonomes pour la communauté d’Uashat mak Mani-utenam.

Nos pêches appartiennent à la communauté, pas à un individu privé. Ça revient au conseil de bande, ça finance des programmes internes, explique le directeur.

Dans le meilleur des cas, les marchés vont acheter tout ce qu’on capture.

Mais le directeur Tremblay rappelle que la grande majorité des pêches de Uapan est destinée à l’exportation.

Ça fait longtemps qu’on demande qu’il y ait un développement des habitudes de consommation des Canadiens, dit-il. C’est triste, on a d’excellents produits, mais la plupart de ce qu’on capture sort du pays.

Si les Canadiens en consommaient davantage, ça aiderait beaucoup l’industrie locale dont fait partie Uapan.

On en a besoin plus que jamais, conclut Yan Tremblay.

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Industrie des pêches

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