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Kanesatake et Oka dénoncent le refus de Québec de les aider

Montage montrant des gros plans de chacun des deux hommes.

Le maire d'Oka, Pascal Quevillon, et le grand chef du conseil de Kanesatake, Serge Otsi Simon.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La communauté de Kanasetake et la Ville d’Oka s’inquiètent de l’afflux de centaines de touristes et de citoyens tentant de pénétrer sur leurs territoires. Malgré l’avis de la Direction de santé publique des Laurentides et du Nord-du-Québec, appuyée par la ministre responsable des Affaires autochtones et de la région des Laurentides, Sylvie D’Amours, la recommandation d’instaurer des points de contrôle routiers a été déclinée par le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Des citoyens de Laval, de Montréal et même de l’Ontario ont tenté d'entrer sur leurs territoires ses dernières semaines. Certains souhaitaient y acheter de l’alcool, des cigarettes ou du cannabis, même si ces entreprises sont obligées d'être fermées. 

D’autres, comme une famille de Laval, ont soutenu venir y faire leur épicerie sous prétexte que c’est plus rassurant puisqu’il n’y a pas beaucoup de cas de COVID ou encore pour prendre une marche, comme allégué par un citoyen issu de la communauté juive de Boisbriand, selon le Conseil mohawk de Kanesatake et la Ville d'Oka.

Le premier week-end d’avril, un policier de la Sûreté du Québec a pris l’initiative de contrôler l’afflux de citoyens pour faire de la sensibilisation. Il y a eu environ 500 véhicules cette journée-là. Puis ce policier s’est fait dire qu’il n’avait pas le droit, soutient le maire d’Oka, Pascal Quevillon.

Même discours chez le grand chef Serge Otsi Simon, qui indique qu’entre 250 et 300 véhicules ont tenté d'entrer sur le territoire dans la seule journée de mardi cette semaine.

Ils admettent qu’ils viennent dans la région parce que c’est la moins infectée ou pour le cannabis ou les cigarettes, explique-t-il.

On a demandé un décret gouvernemental pour que des contrôles routiers soient faits de façon légale, mais ça a été refusé.

Serge Otsi Simon, Grand chef de Kanesatake

Le Conseil mohawk de Kanesatake a ainsi choisi ces derniers jours de demander à ses propres citoyens, munis de dossards, d'intercepter les véhicules. Une démarche pour l'instant considérée comme illégale par Québec.

Ce n’est pas une situation facile à gérer, car certains citoyens n’acceptent pas d’être contrôlés par des civils, explique Pascal Quevillon. 

Si les deux dirigeants ont déjà été à couteaux tirés dans le passé, ils unissent cette fois leurs voix pour déplorer une situation problématique qui nécessite, selon eux, une intervention immédiate, particulièrement à la veille d’une réouverture partielle des écoles et des commerces ainsi que des beaux jours à venir.

Nous avons demandé d’avoir des points de contrôles effectués légalement par la SQ… mais la SQ ne fait rien. Les agents sont assis dans leurs véhicules. La Sûreté du Québec n’a pas été en mesure de nous rassurer, ni moi, ni le grand chef Simon, de nous dire : soyez sans crainte, dit-il. 

Il y a beaucoup de problèmes bureaucratiques, on s’enfarge dans les fleurs du tapis 

Pascal Quevillon, maire d'Oka

Certains médias ont rapporté dernièrement que cette demande a été refusée par la Direction régionale de la santé publique et le ministère québécois des Affaires autochtones.

Or, selon les informations d’Espaces autochtones, la Direction de santé publique des Laurentides et du Nord-du-Québec a recommandé, ces derniers jours, avec l’appui de la ministre responsable de la région des Laurentides et des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, que des mesures soient prises afin de mieux protéger la population.

La demande a toutefois été déclinée par le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda. 

Nous avons pris connaissance de votre correspondance adressée à madame Danielle McCann en date du 1er avril 2020 concernant les mesures de contrôle des visiteurs extérieurs entre les municipalités d'Oka et de Saint-Placide, écrit le Dr Arruda. 

Vous avez mis des mesures en place pour dissuader les visiteurs (...) dans les circonstances, nous vous suggérons de suivre la situation de près, aidés de vos corps policiers et de la Direction régionale de santé publique. Si, vous constatez que des mesures de sécurité additionnelles sont nécessaires, nous vous invitons à communiquer avec la DSPublique qui pourra nous faire une demande pour ajouter des barrages routiers aux mesures déjà en place, conclut-il.

Tant le chef Simon que le maire Quevillon sont catégoriques : les mesures ne sont pas suffisantes et les touristes continuent d’affluer. Et leurs demandes restent... lettre morte.

Questionnée par Espaces autochtones, la santé publique s’est faite avare de commentaires.

Toutes les décisions sont prises conformément aux recommandations des autorités de santé publique. Dans le présent cas, la Santé publique a jugé qu’ériger des points de contrôle routiers (SQ) à ces endroits n’était pas nécessaire pour protéger ces populations correctement, l'augmentation des effectifs policiers jour, nuit et fin de semaine étant suffisante pour protéger ces deux populations, écrit Marie-Hélène Émond, responsable des relations avec les médias au ministère.

On veut protéger notre population. Notre demande date du 1er avril, on est le 23 avril et on parle de réouvertures partielles, insiste le maire Quevillon.

Moi je souhaiterais qu’on puisse faire de la prévention. Mais tout le monde se relance la balle… Est-ce qu’il y a une réelle problématique avec ces touristes et les kiosques de cannabis et de tabac qui menacent de rouvrir? Oui, ajoute-t-il. 

Selon les deux dirigeants, Québec doit leur permettre de faire légalement de la prévention ou leur fournir les ressources pour le faire.

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