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Ekuanitshit sur la Côte-Nord veut du personnel médical, pas des Rangers

Jean-Charles Piétacho s'adresse à un journaliste.

Le chef de la communauté innue d'Ekuanitshit, en Minganie, Jean-Charles Piétacho.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Le chef d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, soutient n’avoir jamais demandé la présence des Rangers dans sa communauté. Il réclame plutôt du personnel médical. La petite collectivité de 700 âmes compte déjà six Rangers innus sur son territoire, sans compter sa propre agence de sécurité et la collaboration de la Sûreté du Québec.

Aujourd’hui, je peux aussi annoncer que les Rangers canadiens vont venir en aide à deux autres communautés au Québec, la communauté de Nutashkuan et la communauté de Ekuanitshit, a déclaré dimanche le premier ministre Justin Trudeau lors de son point de presse quotidien.

On n'a jamais demandé cela... Les communautés qui en ont besoin, ce sont des villages de la MRC de la Basse-Côte-Nord (MRC Le Golfe-du-Saint-Laurent) et la communauté de Nutashkuan, explique Jean-Charles Piétacho, le chef d’Ekuanitshit. 

Sa communauté innue possède depuis 2009 sa propre agence de sécurité : Sécurité Innu, créée avec l’arrivée du chantier de La Romaine.

Le chef Jean-Charles Piétacho dit également compter sur suffisamment de Rangers innus sur son territoire en plus de l’aide de la Sûreté du Québec pour faire respecter les mesures de confinement, les couvre-feux et le transport médical au besoin.

On a été surpris… bousculés. J’ai pourtant des appels-conférence avec le CISSS de la Côte-Nord, en plus de la table téléphonique des maires et la réunion avec le conseil de bande tous les jours, explique le chef innu. 

Le centre de santé d’Ekuanitshit (Mashtishanitshuap) ne compte que cinq infirmiers sur le plancher et aucun médecin. Un docteur y venait tous les mois, mais le service a été annulé en raison des mesures de confinement.

Le chef Piétacho affirme manquer uniquement de personnel médical dans une situation où le recrutement devient extrêmement difficile. 

Si un jour il y a pandémie... On est vraiment limités

Le chef d’Ekuanitshit Jean-Charles Piétacho

Aucun des résidents n’a contracté le virus pour l’instant.

Ma préoccupation, c’est que je veux éviter une rupture de notre service infirmier (...) si nous avons un, deux, trois cas... [de COVID-19] est-ce qu’on aura le personnel et l’équipement adéquat? Nous nos ressources sont toutes de Mingan, ce sont des chasseurs... pas des infirmiers ou des infirmières!, lance-t-il. ( Le territoire innu d’Ekuanitshit était auparavant appelé la réserve de Mingan).

Si les Rangers ont des infirmiers ou infirmières… ils sont bienvenus ça c’est sûr, précise-t-il. 

Contacté par Espaces autochtones à son domicile, le chef s’empresse de contacter la directrice générale en conférence téléphonique pour établir les derniers chiffres. 

Allo, Kuei Kuei

La conversation s’amorce en innu. Marie-Andrée Basile confirme que quatre infirmiers sont en service, en plus du responsable des infirmiers.

Il y en a deux en congé de maladie, une personne en quarantaine, on devait travailler sur un nouvel horaire pour accueillir trois autres infirmiers,  mais tout a été mis en stand-by, explique-t-elle au chef, alors qu’Espaces autochtones assiste à cette conférence téléphonique inusitée.

Nous n’avons plus de visites de médecin… avec toutes les restrictions. Le message que j’aurais, c’est s’il y a des gens, des professionnels en soins infirmiers, qui sont prêts à donner un coup main, on est en recrutement, affirme la directrice générale à Espaces autochtones. 

En terminant… sur une pointe d’humour… teintée d'inquiétudes…, le chef innu Jean-Charles Piétacho suggère : Est-ce qu’on ne pourrait pas avoir un site Je contribue innu?, demande-t-il.

En référence au site québécois jebenevole.ca...

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