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COVID-19 : Le nouveau défi des Rangers canadiens

« Je n'ai jamais rien fait de tel auparavant »

Les Rangers effectuent généralement des opérations de recherche et d'évacuation, ainsi qu'une assistance aux populations lors de catastrophes naturelles.

Les Rangers effectuent généralement des opérations de recherche et d'évacuation, ainsi que qu'une assistance aux populations lors de catastrophes naturelles.

Photo : Sergent Peter Moon

Radio-Canada

D’ici les prochaines 24 heures, le caporal-chef Christopher Keesic s'attend à recevoir l’ordre d’entreprendre des vérifications en effectuant du porte-à-porte auprès de plus de 2400 personnes vivant à Moose Factory, dans l'extrême nord de l'Ontario.

Cette tâche s’ajoute au travail qu'il fait déjà avec les Rangers canadiens pour aider la nation de Moose Cree dans le Nord-Est de l'Ontario à se préparer à la pandémie de COVID-19.

« Les gens sont vraiment inquiets, en particulier avec la COVID-19 qui est à notre porte », déclare le caporal-chef Keesic.

« Il y a un peu de peur… mais c'est essentiellement mon travail. C'est pour cela que je me suis enrôlé [dans les Forces armées]. »

La pandémie représente un nouveau défi pour les Rangers – des réservistes militaires dont le travail comprend généralement des opérations de recherche et de sauvetage, ainsi que le combat contre les feux de forêt et les inondations. Aujourd’hui, ils sont confrontés à un ennemi invisible qui pourrait se manifester à tout moment.

« C'est certainement éprouvant », estime-t-il. « De toute évidence, personne n'était vraiment préparé à ça, et surtout pas de cette ampleur... Ça ne ressemble à rien d’autre que j’ai pu faire avant. »

Le lieutenant-colonel Keesic est l'un des 117 Rangers canadiens, sur environ 700, qui ont été déployés dans 30 collectivités du Nord de l'Ontario dans le cadre de la réponse initiale des Forces armées canadiennes contre la COVID-19, rapporte le lieutenant-colonel Shane McArthur, de la base des Forces canadiennes Borden, située à 100 km au nord de Toronto.

Le caporal-chef des Rangers Christopher Keesic, de Moose Cree, affirme que le fait de participer aux opérations contre la pandémie de COVID-19 est gratifiant à plusieurs niveaux.

Le caporal-chef des Rangers Christopher Keesic, de Moose Cree, affirme que le fait de participer aux opérations contre la pandémie de COVID-19 est gratifiant à plusieurs niveaux.

Photo : Sergent Peter Moon

Les Rangers font partie des 7025 réservistes de classe C des Forces armées canadiennes affectés à l'opération Laser.

Les Rangers, qui porteront des équipements de protection individuelle, pourraient être chargés de différentes tâches allant des contrôles de bien-être dans la communauté, de l'identification des personnes et des familles à risque, à la surveillance des infrastructures essentielles au transport des fournitures. Ils pourront aussi aider à mettre en place des centres de soin à distance et à soutenir les programmes de sensibilisation à la COVID-19.

Les Rangers ne seront toutefois pas impliqués dans les opérations visant à appliquer les lois ou les règlements sur l'isolement, ou encore le transport de personnes malades ou infectées, affirme le lieutenant-colonel McArthur.

« Nous ne sommes pas la réponse à tous les problèmes [qui pourraient survenir] là-bas. Nous faisons partie d'un plus grand système et d'une plus grande équipe. Nous sommes la réponse initiale », explique-t-il. « Il y a des défis à cela parce que c'est une quantité limitée de ressources. »

Des « équipes Go » prêtes à se déployer

Le nombre de Rangers déployés devrait augmenter au cours de l'opération, qui, selon le lieutenant-colonel McArthur, devrait se poursuivre jusqu'au 30 août.

Il a mis sur pied des « équipes de départ » de six à huit Rangers pour réagir et se déployer immédiatement dans les communautés qui ne bénéficient pas actuellement de leur présence.

Les Rangers du Canada sont souvent bien placés pour répondre en cas de pandémie, puisqu'ils sont souvent originaires des communautés où ils servent.

Les Rangers du Canada sont souvent bien placés pour répondre en cas de pandémie, puisqu'ils sont souvent originaires des communautés où ils servent.

Photo : Sergent Peter Moon

Par exemple, dit-il, une équipe de Rangers a été envoyée à North Spirit Lake, en Ontario, pendant 15 jours l'automne dernier alors que la communauté luttait contre un pic de toxicomanie doublé d’une défaillance du système d'aqueduc de la communauté.

Il affirme avoir préparé deux équipes et travaillé sur la constitution de deux autres.

« Je sais que certains membres de la communauté sont très inquiets. Ils veulent s'assurer qu'ils sont soutenus comme dans le sud », dit-il.

« Je crois qu'avec nos Rangers sur le terrain, nous pouvons aider à atténuer le niveau d'anxiété ou rassurer les gens. Il y a un niveau de soutien que nous pouvons leur apporter pendant qu'ils traversent [cette épreuve] et que nous progressons dans la crise. »

Le lieutenant-colonel McArthur déclare que les Rangers sont bien adaptés à la tâche, car la plupart sont issus des communautés qu'ils servent.

Les Rangers sont également déployés dans la région du Nunavik, dans le Nord-du-Québec, où il y a 11 cas confirmés de COVID-19.

Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé mercredi que les Rangers seront également déployés dans la région de la Basse-Côte-Nord, dans le golfe du Saint-Laurent, à la demande du gouvernement du Québec.

« Je tiens à remercier nos femmes et nos hommes en uniforme, et les familles qui servent à leurs côtés, pour tout ce qu'ils font », a déclaré le premier ministre mercredi, lors d'une conférence de presse.

« Chaque fois que nous avons le plus besoin de vous, vous êtes toujours là pour nous. »

« Les choses peuvent devenir désastreuses »

Dans le nord de l'Ontario, la COVID-19 a déjà frappé la Première Nation d'Eabametoong, à plus de 300 kilomètres au nord de Thunder Bay.

Bien qu'il n'y ait aucun cas à Moose Factory, une communauté insulaire sur la rivière Moose au large des rives ouest de la baie James, les autorités locales se préparent au pire.

« Je pense qu'ils ont la capacité de traiter un seul cas », a déclaré le caporal-chef Christopher Keesic. « Les choses peuvent devenir désastreuses si [la situation devient] une véritable épidémie [dans la région]. »

Il pense par ailleurs que Moose Factory effectue un bon travail de prévention.

Depuis l'arrêt du service ferroviaire, le seul moyen de se rendre à la communauté est maintenant par avion. Les membres de la communauté qui reviennent sont soumis à 14 jours d'isolement, rappelle-t-il.

Mais il ajoute que la communauté requiert davantage d'équipement de protection individuelle, tout comme de bénévoles pour effectuer des contrôles sanitaires et livrer de la nourriture et de l'eau.

Une expérience « enrichissante »

À environ 525 km au nord-ouest de Moose Factory, à Peawanuck, la caporale-chef Pamela Chookomoolin reste alerte. Sa communauté crie isolée d'environ 200 personnes est en confinement.

La caporale-chef Pamela Chookomoolin est prête à aider dans la communauté de Peawanuck.

La caporale-chef Pamela Chookomoolin est prête à aider dans la communauté de Peawanuck.

Photo : Sergent Peter Moon

Elle affirme ne pas avoir été très inquiète du virus au début, puisque sa communauté est éloignée. Mais elle a changé d'avis lorsque le tournoi de hockey Little NHL pour les jeunes des Premières Nations – auquel son fils devait participer à Mississauga  – a été annulé.

« Imaginez combien de personnes auraient ramené [le coronavirus], si elles l'avaient attrapé », confie-t-elle.

La caporale-chef Pamela Chookomoolin est à la maison et s'occupe de ses enfants, âgés de 9 et 15 ans. « Je pense que je serais plus utile ici, si quelque chose devait arriver », dit-elle. « J'espère que ça ne viendra jamais ici. »

De retour à Moose Factory, le caporal-chef Christopher Keesic reste disponible 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Il travaille avec le chef et le conseil de la communauté, les services d'urgence et de santé pour identifier les besoins.

Il affirme le faire pour ses six enfants, qui ont entre 13 ans et neuf mois.

« J'ai l'impression que ce que je fais en ce moment est extrêmement important, en particulier en tant que père et membre de la communauté. Je veux juste faire de mon mieux pour aider tout le monde et m'assurer que tout le monde est en sécurité pendant toute cette période », soutient-il.

D'après un texte d'Olivia Stefanovich, CBC News.

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