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Ekuan pua - ainsi soit-il, un hymne innu au temps du confinement

Une douzaine d'artistes des Premières Nations confinés proposent à leur tour une prestation commune sur YouTube.

Une douzaine d'artistes des Premières Nations confinés proposent à leur tour une prestation commune sur YouTube.

Photo :  Capture d’écran - YouTube

Un groupe d’artistes des Premières Nations offre à son tour une prestation unique sur les réseaux sociaux. En quelques jours seulement, une douzaine d’entre eux ont attiré des milliers de personnes sur YouTube en reprenant l’œuvre d’un pionnier de la musique moderne innue.

Tous attendaient avec impatience la reprise d'une vie normale. Ils espéraient que leur programme des prochains mois ne serait pas trop compromis, mais voilà qu'une autre mauvaise nouvelle vient de tomber.

La 36e édition du festival Innu Nikamu qui se déroule à Mani-utenam n'aura pas lieu cet été. Il s'agit d'une autre répercussion directe de la pandémie de coronavirus.

Innu Nikamu, c'est une grande célébration de la culture innue et une rencontre unique entre les communautés autochtones. C'est aussi l'occasion pour les non-Autochtones de découvrir les talents chez les membres des Premières Nations.

Pour se consoler et pour garder espoir, plusieurs artistes ont fait résonner eux aussi leur musique sur les réseaux sociaux.

C'est comme ça... C'est donc comme ça que c'est... Qu'est-ce que je vais faire?... Où vais-je aller?... C'est comme ça...

Composée il y a une quarantaine d’années par Philippe Mckenzie, le premier artiste à avoir enregistré un disque en langue innue au début des années 80, Ekuan pua correspond tout à fait à la période que nous vivons actuellement.

C'est donc comme ça que c'est... Moi là où j'ai toujours été... Aujourd'hui je ne peux aller où je veux... C'est comme ça...

Mais elle ne raconte pas la même réalité. Philippe Mckenzie a écrit cette chanson pour rappeler la sédentarisation forcée de son peuple sur une période de plus de 100 ans.

La pièce relate l'histoire d’un chasseur qui, toute sa vie, s’est déplacé pour pouvoir chasser et ainsi nourrir sa famille. Mais un jour, il se fait prendre ses terres et ne peut plus s’y déplacer comme il le souhaite.

Hymne de résilience et d’espoir popularisé par Kashtin, le duo formé de Claude McKenzie et de Florent Vollant, la chanson est connue par tous les Innus.

Ces jours-ci, ils sont plusieurs à la reprendre en chœur, chacun installé dans son salon. Au début, c’était pour mettre chacun de leur bord une vidéo, mais ça s’est ramassé; eille, on fait-tu une vidéo tous ensemble?, raconte l’auteur-compositeur-interprète Matiu, qui s’est retrouvé à chanter et à en faire le montage final.

Ekuan pua est souvent interprétée lors des makusham, qui désignent à la fois les danses traditionnelles et les rassemblements innus. C’est un rythme qui est tout le temps le même. Et on a remarqué que la chanson collait bien à la situation actuelle, explique Matiu.

Si tu la mets à la situation d’aujourd’hui, c’est l’être humain qui ne peut plus se promener comme il le faisait librement avant.

Matiu

Plusieurs noms connus, innus ou autres, et d’autres moins connus du grand public, mais bien implantés dans leur communauté, ont participé à l’enregistrement.

Outre Matiu, Shauit, Mike Paul, Kathia Rock, Florent Vollant, Scott Pien Picard, mais aussi Gilbert Piétacho, Laurent Mark, Anna-Sheila Bellefleur et le danseur Jeffrey Papatie se sont prêtés au jeu du déconfinement par la musique.

À cette liste il faut ajouter Willie Nab, Éric Canapé, Éric Collard, Marco Dionne, André Simon, Dan-George Mckenzie, Édouard St-Onge, Samuel Putu Pinette, David Hart et Sakay Ottawa.

Également du nombre, Mishta-Shipu Mckenzie le fils de Philippe Mckenzie, l'auteur d'Ekuan pua.

D’autres projets mijotent chez les artistes autochtones. Chansons, danses, projets avec les enfants, tout est possible.

Le plus grand défi dans cette aventure est plutôt au niveau technique, explique Matiu qui, pour passer le temps, crée de nouvelles chansons et fait des bricolages avec sa fille.

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