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Coronavirus : la santé des Autochtones préoccupe des dizaines de chercheurs

Une famille dans la communauté autochtone anichinabée de Kitigan Zibi, au Québec.

Une famille dans la communauté autochtone anichinabée de Kitigan Zibi, au Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Environ 90 scientifiques issus d'une vingtaine d'universités canadiennes signent une lettre dans laquelle ils réclament une action immédiate pour soutenir la sécurité alimentaire et le logement dans les communautés des Premières Nations, des Inuit et des Métis.

Nous écrivons pour exprimer notre préoccupation concernant les effets de la pandémie de COVID-19 sur la santé des communautés autochtones, écrivent ces chercheurs et praticiens du domaine de la santé. 

Ces chercheurs travaillent notamment à l’Université d’Ottawa, l’Université de Montréal, l'Université Laval, l’Université de Toronto, l’Université Simon Fraser de C.-B., l’Université du Manitoba et l’Université de l’Alberta.

Les communautés autochtones sont confrontées à une prévalence d’insécurité alimentaire très élevée, 4 fois supérieure à la moyenne nationale canadienne, atteignant 80 % dans certaines communautés autochtones éloignées. La malnutrition et une exposition élevée aux contaminants environnementaux sont également très répandues, avec des implications importantes pour l’efficacité de la réponse immunitaire, affirment-ils dans une lettre publiée jeudi matin.

Soulignant la difficulté d’accès à des aliments frais et nutritifs dans un contexte de restriction de la circulation, ces scientifiques rappellent le contexte de surpopulation et de logement insalubres ou mal entretenus, ainsi que l’absence d’accès à de l’eau potable dans plusieurs communautés.

20 % des peuples autochtones vivent dans des logements nécessitant des réparations majeures et 20 % vivent dans des maisons surpeuplées, disent-ils, insistant sur la prévalence de cette problématique chez les Inuit et les Premières Nations isolées.

La ventilation est essentielle pour éliminer les particules infectieuses dans l’air et des recherches antérieures menées par des membres de notre groupe ont montré que plus 2/3 des maisons de ces communautés ont des taux de ventilation qui ne répondent pas aux normes canadiennes, précisent-ils.

Le piètre accès aux services de santé (...) et les conditions de vie inadéquates (...) les rendent particulièrement à risque pour la COVID-19

Les chercheurs signataires

Saluant l’aide de 100 M$ d'Ottawa pour les banques alimentaires, ces chercheurs relèvent que de nombreuses communautés ne font toutefois pas partie des systèmes alimentaires locaux et régionaux.

Racisme systémique

Suite à des incidents, dont le cafouillage rapporté dans deux hôpitaux de la Côte-Nord par Espaces autochtones la semaine dernière, ainsi que des Autochtones ayant été refoulés de supermarchés parce qu’ils achetaient de grandes quantités pour leurs aînés, ces scientifiques en appellent aussi les autorités à reconnaître qu’il existe toujours un racisme systémique (...) qui refait rapidement surface dans de tels événements.

Selon eux, ce contexte compromet la santé des Autochtones et peut contribuer à propager le virus. 

En cette période de crise, nous devons veiller à ce que toutes les personnes vivant au Canada, y compris les peuples autochtones, aient un accès équitable aux services et aux ressources afin d’atténuer la propagation de la COVID-19, soulignent-ils.

Il est essentiel (...) que les gouvernements travaillent en étroite collaboration avec les leaders et les communautés autochtones pour fournir un soutien alimentaire et des soins médicaux, y compris des évacuations médicales, concluent-ils

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