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Le chef Picard salue le déploiement des Rangers, mais demeure préoccupé

Gros plan de Ghislain Picard.

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) estime que le déploiement des Rangers annoncé par Ottawa dans les communautés nordiques est bienvenu, mais qu’il n’est pas suffisant. L’APNQL fait valoir que de nombreuses communautés ne possèdent pas leurs propres corps policiers et que la Sûreté du Québec est débordée.

« C’est approprié pour le Nunavik, mais les Rangers ont un mandat extrêmement limité », fait valoir Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, en entrevue avec Espaces autochtones. 

« Les chefs autochtones, comme les maires, les ministres, les premiers ministres, souhaitent avoir le contrôle nécessaire pour protéger leurs populations (...) personne ne sait ce qui va arriver demain ou après demain… », insiste-il. 

Les Rangers canadiens, à titre de membres de la Force de réserve des Forces armées canadiennes (FAC), peuvent mener des opérations de soutien (faire cheminer du matériel médical, opérations de transport d’urgence, sauvetage, etc.) mais ce ne sont pas des militaires ou des policiers pouvant prévenir ou réprimer un crime ou une infraction.

Leur mandat se limite également aux « régions peu peuplées du Nord du Canada (...) dans les endroits isolés qui ne peuvent pas être desservis (...) par d’autres éléments des FAC », selon le site web du gouvernement canadien (Nouvelle fenêtre).

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador est catégorique : les besoins sont beaucoup plus importants. Selon lui, de nombreux chefs autochtones sont pris au dépourvu et doivent compter sur leur influence auprès de leurs membres pour faire respecter les couvre-feux et les mesures de confinement essentielles.

La crainte, chez nous, c’est pour les communautés qui dépendent de la Sûreté du Québec

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

Selon le chef de l’APNQL, avec les nombreux points de contrôle qui se sont ajoutés pour limiter la circulation au Québec, les policiers sont sollicités de toutes parts et ne peuvent pas assurer la sécurité dans de nombreuses communautés.

« L’autre option, c’est que les communautés puissent avoir recours à des services privés comme Garda. Des services de sécurité qui soient plus régionaux », dit-il.

Ghislain Picard cite le cas de la Première Nation Long Point à Winneway. Cette communauté algonquine, située en Abitibi-Témiscamingue, sans corps de police depuis 2006, peut désormais avoir recours à des agents de sécurité d’entreprises privées.

Manque de coordination entre Québec et Ottawa 

Chaque jour, depuis le début de la crise, le chef de l’APNQL participe à une réunion dans les deux langues officielles avec les autorités de santé et de sécurité publique.

« On effectue un processus d’appel quotidien. Ce n’est pas politique, mais plus clinique et technique », explique-t-il.

Vendredi, une nouvelle réunion s’est ajoutée, politique cette fois. 

Si la COVID-19 entre chez nous, ça va être une traînée de poudre.

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

Tous les chefs autochtones qui pouvaient être présents se sont entretenus durant une heure avec le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller.

Marc Miller derrière un pupitre.

Le ministère des Services aux Autochtones assure développer une approche à long terme qui mènera à l’autodétermination des communautés autochtones.

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

« On a fait une première tentative, essentiellement pour permettre une prise de contact entre nos chefs et le ministre Miller », raconte M. Picard.

« Les commentaires se sont concentrés sur les manques et les besoins et quelle est la meilleure façon et la façon la plus efficace, pour y répondre », ajoute-t-il.

Est-ce qu’on peut régler le problème, une fois pour toutes, pour tout le monde?

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

Ghislain Picard dénonce un manque de coordination entre Québec et Ottawa autant pour les questions de ressources en santé qu’en matière de sécurité publique.

Il rappelle que les communautés autochtones, qui relèvent des deux gouvernements sur bien des aspects, sont actuellement coincées dans des problèmes d'ordre administratifs.

Il souligne que même si seulement 15 cas de COVID-19 ont été officiellement confirmés jeudi par Ottawa dans les communautés autochtones au pays, dont la majorité au Québec, ces cas risquent de se multiplier.

« Dans certaines communautés, la norme c’est 10 personnes dans une maison, alors que la maison ne peut contenir que 5 ou 6 personnes», rappelle-t-il.

Le chef Picard souligne aussi que les Autochtones ont été parmi les plus touchés durant la crise du H1N1. 

« Il y a eu beaucoup plus de dommages dans les populations autochtones par rapport à la majorité canadienne », affirme-t-il.

On a un ennemi silencieux, très féroce

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

« On est conscient que le défi est énorme pour tout le monde, mais il faut tâcher de prendre le temps le résoudre le défi des populations autochtones... concernant leur personnel de première ligne autant en santé qu’en sécurité publique », conclut-il.

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