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Dur moment pour les seuls café et restaurant autochtones de Montréal

Une dizaine de personne patiente devant le comptoir du café de la Maison ronde, à Montréal.

Une dizaine de personne patiente devant le comptoir du café de la Maison ronde, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

Norma Condo ferme temporairement son restaurant et repousse l’ouverture d’un second. Le Café de la Maison ronde vit une profonde incertitude. Les effets de la pandémie de coronavirus auront-ils raison des entrepreneurs et des entreprises d’économie sociale des Autochtones à Montréal?

Les affaires allaient rondement pour Miqmak Catering Indigenous Kitchen, le restaurant et service de traiteur de Norma Condo à Pierrefonds, dans l’ouest de l’île de Montréal.

Le restaurant ne désemplissait pas et le carnet de commandes pour son service de traiteur était déjà rempli en mars et avril.

Et puis le coronavirus est arrivé, l’obligeant à ralentir ses activités. Résultat : des milliers de dollars de perte de revenu.

Je suis sous le choc devant ce qui arrive, dit la première restauratrice autochtone de Montréal.

Pas question pour elle de jeter les aliments déjà achetés. Norma s’est retroussé les manches, a préparé des repas et est allée les offrir à deux refuges pour itinérants, dont Resilience Montréal, qui accueille un bon nombre de femmes autochtones en difficulté.

Le restaurant fermé, elle réussit tout de même à faire travailler son personnel quelques heures par semaine.

Air Creebec a toujours besoin de ses boîtes-repas, mais les commandes sont beaucoup moins importantes, les vols ne font que l’aller simple vers le Nord et reviennent vides.

Je ne lâche pas prise, ça m’affecte, mais je dois rester forte pour mes enfants. Et ne rien tenir pour acquis. Un jour à la fois!, souligne la mère monoparentale de cinq enfants, originaire de Gesgapegiag en Gaspésie.

La cheffe Norma Condo et sa fille Leah préparent des beignets de saumon au restaurant Miqmak Catering Indigenous Kitchen.

La cheffe Norma Condo et sa fille Leah préparent des beignets de saumon au restaurant Miqmak Catering Indigenous Kitchen.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Norma Condo s’est toujours investie corps et âme dans ses nombreux projets. Sa prochaine mission est de transformer ce sombre épisode en acte de solidarité.

Elle avait l’habitude de nourrir les sans-abri autochtones à Noël. Une trentaine de repas traditionnels issus des traditions culinaires micmaques. Son restaurant, ouvert il y a 10 mois, a donné 197 repas de Noël l'an dernier.

En attendant que la vie reprenne son cours normal, elle a endossé l’idée d’une amie : préparer et apporter des repas aux personnes âgées autochtones qui vivent seules dans la grande région de Montréal.

Norma Condo compte sur la générosité de tous et sur les dons (Nouvelle fenêtre) d’organismes et de compagnies pour acheter les aliments de base, les cuisiner et les faire livrer à domicile.

Québec a annoncé diverses mesures pour soutenir les entreprises, mais l’aide sera longue à arriver, pense Mme Condo. Ce qui arrive aura un énorme impact sur tout le monde, mais particulièrement les petits entrepreneurs, craint celle qui envisage un retour difficile avec une économie au ralenti.

Les restaurants risquent d’en payer la note une fois le confinement terminé s’inquiète la restauratrice qui se préparait à ouvrir une deuxième succursale de Miqmak Catering Indigenous Kitchen au centre-ville de Montréal. C’est remis à plus tard.

Le Café de la Maison ronde, un début de saison retardé?

Normalement, on serait en train de planifier le début de la saison, contacter les fournisseurs, les partenaires, explique Charles-Éric Lavery, le directeur du développement et de l'impact social du magazine L’Itinéraire, qui supervise le fonctionnement du Café de la Maison ronde.

Les beaux jours à nos portes, le seul café autochtone au Canada, qui a pour mission d’autonomiser des Autochtones et de les réinsérer dans la société, devait normalement ouvrir fin mai ou début juin. Mais rien n’est normal actuellement.

Trudeau, il a parlé de juillet, hein! Donc on s’entend que des fois c’est des semaines, des fois c’est des mois, dit Charles-Éric Lavery qui constate que personne ne sait quand les activités pourront reprendre.

Chose certaine, le Café de la Maison ronde va avoir une vie. Nous, on s’engage à ce que le café remplisse d’une façon ou d’une autre sa mission l’été prochain.

Une citation de :Charles-Éric Lavery
On voit la femme inuk tendre le repas au client alors que d'autres employées du café s'affairent en cuisine derrière elle.

Jeannie, employée du Café de la Maison ronde, sert un repas à un client montréalais.

Photo : Radio-Canada / Sophie-Claude Miller

Un service essentiel

Depuis cinq ans, un réseau de partenaires, autant autochtones qu’institutionnels, soutient le café, dont la Ville de Montréal qui est propriétaire du local du square Cabot où loge le café.  

Charles-Éric Lavery est conscient des besoins très urgents auxquels doivent répondre ces divers partenaires, mais il ne craint pas un désengagement éventuel ou un arrêt du soutien de tout le monde dans le Café de la Maison ronde.

Ce qui l'ennuie davantage, c’est d’être pénalisé à long terme par la perte de revenus. De plus, la contribution de L’Itinéraire pèse lourd pour l’équilibre budgétaire de l'organisme. La situation, même temporaire, occasionne encore plus de frais.

Nous assurons des services essentiels, mais nous allons devoir dépenser plus pour offrir davantage de soutien pendant cette crise, tient à rappeler Charles-Éric Lavery, qui compte sur la générosité de tous pour continuer à aider les plus vulnérables de la société, dont les Autochtones.

Le Café de la Maison ronde va avoir une vie parce qu’on le considère comme un service essentiel.

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