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Les Innus prennent les grands moyens devant le « potentiel de catastrophe »

Le reportage d'Anne Panasuk.

Photo : Radio-Canada / Pascale Fontaine

Une cellule stratégique de crise vient d’être mise en place chez les Innus pour accompagner les autorités de cette nation dans le déploiement des mesures d’urgence locales et ainsi tenter de réduire les répercussions de la pandémie de coronavirus.

L’idée est de « connecter les leaders autochtones, les intervenants et les experts en santé physique et mentale pour qu’on puisse avoir un plan concerté », explique le Dr Stanley Vollant, médecin et chirurgien innu qui a été invité, avec son collègue le Dr Amir Khadir, à soutenir cette cellule de crise.

Mamu (ensemble)

Les deux médecins s’attendent à ce que tous partagent leurs compétences et leurs expériences dans leur communauté « pour se mettre au même niveau d’information ».

On est en mode prévention, on n’est pas en mode traitement, parce qu’il n’y a pas encore de cas de COVID-19 dans les communautés.

Stanley Vollant

Le Dr Vollant applaudit déjà à certaines initiatives, dont l’établissement de barrières à l’entrée des communautés pour limiter le va-et-vient des résidents et des visiteurs, et ainsi diminuer le risque accru de contamination.

« Les facteurs de risque sanitaire aggravants dans nos communautés nous obligent à agir rapidement, et la santé de nos gens compte autant que celle de tout le monde », renchérit le chef Mike McKenzie d’Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam.

À Ekuanitshit, le chef Jean-Charles Piétacho insiste : « La santé doit primer sur l’économie. Nous faisons partie de la solution et nous sommes engagés à mettre toutes les mesures en place. Nous comptons beaucoup sur la collaboration des partenaires gouvernementaux en ces temps d’urgence. »

Les gens le plus à risque de mourir de l’infection sont les personnes âgées, mais pas seulement. Celles qui font du diabète, de l’hypertension, celles qui sont obèses et celles qui fument ont tout à craindre.

Tous ces facteurs de risque sont omniprésents dans les communautés autochtones « et si on se fie à ces facteurs de risque là, ça risque de frapper fort si l’infection rentre dans nos communautés », craint le Dr Vollant. Je vois cela comme un potentiel de catastrophe.

Les services sociaux et de première ligne, et les services de santé des communautés peuvent compter sur le Dr Vollant, appuyé par le Dr Amir Khadir, un spécialiste en microbiologie médicale-infectiologie.

Pour les questions d’ordre psychosocial, ces divers services peuvent aussi compter sur le soutien de Francine Jourdain, Danielle Descent et Pierre Picard.

Le rôle de la biologie

En observant l’hécatombe qui se produit dans des pays européens, dont l’Italie et l’Espagne, comparativement à ce qui s’est passé en Asie, le Dr Vollant s’interroge : « Est-ce que nous, les Autochtones, on sera autant frappés que les non-Autochtones? On ne le sait pas, mais les facteurs de risque sont là et il faut prévenir dès maintenant. »

Des rencontres virtuelles de la cellule stratégique ont lieu quotidiennement. En tant que médecins, les Drs Vollant et Khadir partagent leurs connaissances scientifiques et médicales avec les leaders pour que ceux-ci puissent prendre les meilleures décisions.

Personnalité autochtone respectée et reconnue, Stanley Vollant a également été invité à participer à des capsules de santé publique qui seront diffusées à InnuWebTV et à la radio communautaire. « Plusieurs personnes ne prennent pas cela au sérieux », constate-t-il. Par conséquent, il souhaite conscientiser les sceptiques et expliquer les mesures de protection à prendre.

La consultation avant l’automédication

S’il respecte la médecine traditionnelle autochtone, le Dr Vollant tient à mettre en garde les diverses nations : « La COVID-19 est un tout nouveau virus que les peuples autochtones n’ont jamais connu. Est-ce que notre pharmacopée va être efficace contre un étranger comme ça? »

Stanley Vollant en doute, il suggère plutôt de consulter les infirmières et les médecins des communautés si on est malade ou qu’on a des symptômes s’apparentant à ceux de la COVID-19.

Une page Facebook Nation Innue - Cellule stratégique COVID-19 (Nouvelle fenêtre) a été créée. Outil principal de diffusion des messages de la cellule stratégique, cette page permet de partager tout ce qui se fait dans les communautés innues par rapport à la pandémie actuelle.

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