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Manawan, 26 mars 2020. La communauté atikamekw est en confinement.

Manawan, 26 mars 2020. La communauté atikamekw est en confinement.

Photo : Sipi Flamand

Des mesures exceptionnelles ont été prises dans les communautés autochtones partout à travers le pays pour éviter la propagation du coronavirus. C’est le cas de Manawan, une petite communauté atikamekw située au nord de Saint-Michel-des-Saints dans Lanaudière, qui a pris les grands moyens pour se protéger.

Les rues de Manawan sont vides. Même les chiens errants, habituellement si visibles, ont disparu.

Les 2200 habitants de la communauté attendent, comme le reste de la planète, que le coronavirus ne soit qu’un mauvais souvenir.

« Sans vouloir être alarmistes devant la vague, les communautés se préparent au pire », déclarait cette semaine à Espaces autochtonesle chef de l’APNQL, Ghislain Picard.

Aucun cas de COVID-19 n’est à déplorer jusqu’à présent à Manawan, mais le comité responsable du Plan des mesures d’urgence compte bien en rester là.

Aux grands maux les grands moyens

L’accès à la communauté est retreint. Seuls les employés et représentants des services essentiels peuvent y entrer.

Les Atikamekw qui résident hors réserve sont invités à rester chez eux pour ne pas venir surpeupler les maisons de la communauté.

Quant aux résidents de la communauté, il leur est interdit de partir sauf pour des raisons bien précises : une consultation d’urgence pour un soin de santé par exemple.

Par contre, rien n’empêche les résidents de se rendre à leur camp ou sur le Kitaskino (territoire) pour pratiquer les activités traditionnelles de chasse, de pêche ou de cueillette, ce que plusieurs ont choisi de faire.

Sipi Flamand, un citoyen de Manawan, analyse la réalité actuelle ainsi : « c’est comme dans la vie normale, mais avec une certaine préoccupation ».

Manawan, 26 mars 2020. La communauté atikamekw est en confinement.

Manawan, 26 mars 2020. La communauté atikamekw est en confinement.

Photo : Sipi Flamand

La préoccupation c’est le virus qui ferait des dégâts s’il entrait dans la communauté. C’est aussi l’oisiveté des jeunes actuellement. « Ils sont contents de ne pas aller à l’école, mais en même temps, il ne faut pas qu’ils perdent leur intérêt d’aller à l’école après la crise », s’inquiète Sipi Flamand.

L’école secondaire Otapi est fermée, mais les enseignants préparent des travaux que les élèves trouveront bientôt sur le site web de l’école, en espérant ainsi les « encourager à faire des activités pédagogiques. »

Un autre souci pourrait surgir, les mises à pied et pertes d’emploi. « Si la crise s’étend, il faudra s’en préoccuper », souligne Sipi Flamand.

Les services sociaux craignent également une montée de la violence dans certaines familles pendant la période de confinement. Pour y remédier, des intervenants ont été déployés sur le terrain pour apporter aide et soutien aux plus vulnérables.

Une ligne téléphonique a été mise en place pour permettre à ceux qui vivraient de l’inquiétude et de l’angoisse de s’exprimer.*

Le marché d'alimentation de Manawan est le seul point de ravitaillement de la communauté atikamekw en période de confinement. 26 mars 2020, quelques personnes attendent d'y entrer.

Le marché d'alimentation de Manawan est le seul point de ravitaillement de la communauté atikamekw en période de confinement. Le 26 mars 2020, quelques personnes attendent d'y entrer.

Photo : Sipi Flamand

L’épicerie, seul lieu de ravitaillement

Le Comité du Plan des mesures d’urgence contre la COVID-19 a demandé aux citoyens de prioriser les achats locaux.

Solange Dubé est débordée. Depuis le début de la crise, son marché d’alimentation est devenu le seul endroit où peuvent se ravitailler les résidents. La directrice a mis en place les directives de nettoyage et d’assainissement des aires de travail. Un gardien de sécurité « assure le bon déroulement des activités commerciales à l’entrée du marché ».

25 employés s’assurent de l’approvisionnement et de la sécurité dans l’épicerie.

La directrice se réjouit de n’avoir aucun problème à offrir la majorité des produits demandés « on s’est assuré d’avoir un approvisionnement continu, on a un approvisionnement plus important que d’habitude, 300 % de plus que d’habitude ».

Le Conseil des Atikamekw de Manawan a également levé vendredi la suspension de la vente de boisson alcoolisée pour suivre les recommandations des professionnels de la santé. La vente se fait sous le contrôle de la direction du marché d’alimentation de Manawan.

Les deux autres communautés atikamekw,Opitciwan et Wemotaci, ont elles aussi pris des mesures draconiennes pour éviter l'entrée du coronavirus sur leur territoire.

*Les citoyens peuvent composer les numéros suivants : 819-523-6153 et 1-866-477-3933.

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