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L'Assemblée des Premières Nations déclare l'état d'urgence

« Historiquement, les communautés des Premières Nations ont été dévastées par des pandémies. »

Perry Bellegarde, chef de l'Assemblée des Premières Nations, lors de l'Assemblée spéciale des chefs de l'APN à Ottawa.

Perry Bellegarde, chef de l'Assemblée des Premières Nations.

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Radio-Canada

La plus grande organisation autochtone du pays a déclaré l'état d'urgence pour s'assurer que les Premières Nations, dont les populations sont exposées à des risques élevés d'épidémie, ne soient pas oubliées alors que la pandémie de COVID-19 prend de l’ampleur.

L'Assemblée des Premières Nations (APN), qui représente 643 communautés à travers le pays, a adopté la motion lundi après-midi. Plus tôt dans la journée, le First Nations Leadership Council de la Colombie-Britannique a également demandé au gouvernement fédéral de déclarer l'état d'urgence.

Le chef régional de l'APN au Manitoba, Kevin Hart, a déclaré que la motion sur l'état d'urgence de l'APN était nécessaire, puisqu'il existe un consensus national parmi les travailleurs de la santé selon lequel les Premières Nations sont plus vulnérables à la COVID-19 en raison du surpeuplement, des pénuries d'infirmières et des indicateurs de santé faibles.

M. Hart a déclaré que les Premières Nations auront besoin de plus que les 305 millions de dollars promis par le gouvernement fédéral aux communautés autochtones pour faire face à la COVID-19. Les fonds annoncés sont à peine suffisants pour couvrir les besoins des 96 Premières Nations éloignées, a-t-il déclaré.

« De toute évidence, c'est insuffisant », a-t-il affirmé.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a promis qu'aucune communauté autochtone ne serait « laissée pour compte » dans les préparatifs contre la COVID-19.

Vendredi dernier, M. Miller a déclaré à CBC News que le financement promis n'était « pas un montant plafonné » et qu'il serait octroyé peu de temps après l'adoption prévue par la Chambre des communes cette semaine d'un programme d'aide de plusieurs milliards de dollars pour contrer les effets de la COVID-19.

Un certain nombre de Premières Nations à travers le pays ont déjà décrété leur propre état d'urgence, certaines fermant leurs frontières et obligeant les membres revenant des centres urbains à s'isoler pendant 14 jours.

Kevin Hart a déclaré que la motion a été adoptée pour alerter les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux que les Premières Nations doivent rester une priorité, même si les agences de santé à travers le pays sont aux prises avec l'augmentation des éclosions de COVID-19 et les fournitures médicales limitées.

« Ce serait la première fois qu'un état d'urgence national est appelé pour amener les gouvernements... à participer et à aider [afin de vaincre la] COVID-19 », a-t-il déclaré.

« Nous disons en ce moment que nous devons nous assurer d'avoir les ressources appropriées et que nous ne sommes pas oubliés en ce qui concerne l'offre et la demande dans nos Premières Nations. »

« Des mesures immédiates et radicales »

Le First Nations Leadership Council en Colombie-Britannique a également appelé le gouvernement fédéral à déclarer l'état d'urgence en réponse à la pandémie de COVID-19.

« Le premier ministre Trudeau doit prendre des mesures immédiates et radicales pour déclarer l'état d'urgence nationale avant que la pandémie de COVID-19 ne ravage les Premières Nations et les communautés vulnérables », a déclaré le chef régional de l’APN pour la Colombie-Britannique, Terry Teegee, dans un communiqué de presse.

« Historiquement, les communautés des Premières Nations ont été dévastées par des pandémies et nous devons prendre immédiatement des mesures décisives avant de voir notre communauté et les membres de notre famille tomber malades. »

Distanciation sociale difficile dans les petites communautés

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que toutes les options restaient sur la table et a averti lundi que le gouvernement fédéral agirait si les citoyens ne suivaient pas les appels à pratiquer la distanciation sociale et à rester dans leur résidence, à moins d’une nécessité.

Un état d'urgence permet aux gouvernements d'exercer des pouvoirs extraordinaires qui suspendent essentiellement les droits en période de crise. Plusieurs provinces, dont la Colombie-Britannique, ont déclaré l'état d'urgence la semaine dernière.

De nombreuses Premières Nations ont déjà pris des mesures pour isoler leurs collectivités des étrangers et demandent l'isolement volontaire et la distanciation sociale.

Mais Casimer, du conseil exécutif du First Nation Summit, craint que certaines personnes dans les communautés ne prennent pas ces appels au sérieux.

Un état d'urgence national pourrait garantir l'existence de mécanismes d'application pour les personnes qui ne se conforment pas, « qu'il s'agisse de demander à la GRC ou à vos dirigeants de prendre les mesures nécessaires », a-t-elle déclaré.

Elle affirme de plus que la distanciation sociale peut être difficile dans les petites communautés où tout le monde est lié.

« Il est vraiment difficile de faire comprendre aux gens que vous ne pouvez pas avoir de rassemblements et que vous devez rester à la maison. Je pense que nous voyons tous que cela se produit dans nos communautés, mais c'est en grande partie avec nos jeunes qui pensent qu'ils sont invincibles. »

Dans l'ensemble, les populations autochtones ont des facteurs de risque distincts devant la COVID-19, en fonction des inégalités sociales et économiques.

Mais le First Nation Summit a déclaré que ce sont les petites Premières Nations éloignées qui sont particulièrement exposées à la pandémie de COVID-19, puisque leurs résidents n'ont pas accès aux services de santé, comme les soins respiratoires urgents.

La Première Nation d'Ucluelet en C.-B. rédige une loi d'urgence

La Première Nation Ucluelet, sur la côte ouest de l'île de Vancouver, rédige actuellement une loi pour déclencher l'état d'urgence. La nation affirme que cela lui permettra de gérer la circulation, de restreindre l'accès à la communauté et d'obliger les gens à s'isoler.

« Ces moments que nous vivons aujourd'hui ne sont pas comme ceux que nos ancêtres ont vécus », a écrit le président Chuck McCarthy dans une mise à jour de la nation.

Il a dit qu'il craignait que certaines personnes ne prennent pas la pandémie au sérieux et a exhorté les gens à faire en sorte qu'il soit essentiel de pratiquer la distanciation sociale.

M. McCarthy a déclaré que la nation a déjà incité la communauté à restreindre l'accès, ce qui, espère-t-il, empêchera le virus d’y entrer. Il souhaite également que les touristes cessent de venir dans la région pendant la pandémie.

Plusieurs Premières Nations et municipalités de la Colombie-Britannique ont demandé aux gens de ne pas les visiter pendant la pandémie et la First Nations Health Authority a déconseillé tout voyage inutile.

305 millions $ engagés pour les communautés autochtones

La semaine dernière, le gouvernement fédéral a annoncé qu'il dépenserait 305 millions de dollars pour aider les communautés autochtones à faire face à la pandémie de COVID-19. Les communautés autochtones peuvent également puiser dans un fonds distinct de 100 millions de dollars qui fait partie d'un fonds de santé publique existant.

Terry Teegee, de l'APN, a déclaré que chacune des 204 Premières Nations de la Colombie-Britannique recevra un montant de base pour répondre à la pandémie de COVID-19. D'autres fonds seront débloqués en fonction des demandes pour des besoins spécifiques, par exemple pour des commandes d'équipements de protection individuelle tels que des masques et des vêtements médicaux.

Demander un état d'urgence fédéral « démontre que les Premières Nations sont sérieuses à ce sujet et auront peut-être besoin de plus de ressources que les 305 millions de dollars qui ont été alloués », a déclaré M. Teegee.

 La semaine dernière, le premier ministre Trudeau a déclaré que son gouvernement examinait la Loi sur les urgences afin de déterminer comment elle pourrait être utilisée pour cette pandémie.

D’après un texte de Chantelle Bellrichard et Jorge Barrera, CBC

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